blog des amis de Cuba en Lorraine
LA PAZ - Le gouvernement bolivien a constitué un premier fonds de 50 millions de dollars pour indemniser trois compagnies d'électricité détenues par des groupes français, britannique et bolivien, qui ont été nationalisées samedi, a annoncé mercredi la ministre de la Planification.
Les entreprises concernées sont Corani, contrôlée par Inversiones Econergy Bolivia SA, filiale de la française GDF Suez, Guaracachi (filiale de la britannique Rurelec PLC) et Valle Hermoso, du consortium bolivien Bolivian Generating Group.
Mardi, le quai d'Orsay a indiqué que l'Etat français, qui détient 35,7% de la compagnie GDF-Suez, elle-même actionnaire à 50% de la centrale hydroélectrique de Corani, attendait "une indemnisation prompte et adéquate".
De son côté, l'ambassadeur de Grande-Bretagne à La Paz a exprimé sa "déception" mercredi.
Selon la ministre Viviana Caro, le gouvernement de gauche radicale d'Evo Morales prévoit de rembourser aux groupes étrangers le montant de leurs actions dans les compagnies concernées, mais effectuera aussi un audit complet des sociétés pour éventuellement retenir des arriérés d'impôts.
"Nous disposions d'une information comptable d'environ 50 millions de dollars (39 millions d'euros), qui est sujette à révision, en fonction des informations présentées par les entreprises", a précisant Mme Caro, selon qui il s'agit d'un montant de base car "l'information est encore préliminaire".
Le groupe Rurelec, à lui seul, affirme que ses investissements en Bolivie s'élèvent à 110 millions de dollars (84 millions d'euros).
Il affirme en outre avoir été pris par "surprise", car "des garanties avaient été données la semaine passée aux ambassadeurs de France et de Grande-Bretagne sur le désir du gouvernement Morales de maintenir les investissements européens dans le secteur énergétique".
Avec cette mesure s'inscrivant dans le cadre de la politique de réappropriation des ressources naturelles de M. Morales, l'Etat bolivien contrôle désormais près de 80% de la production électrique du pays, soit environ 1.000 mégawatts.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le président bolivien a procédé à la nationalisation de plusieurs entreprises dans les hydrocarbures, l'électricité, les mines ou encore les télécommunications.
La Bolivie ne compte pas consacrer plus d'un milliard de dollars (780 millions d'euros) aux indemnisations des entreprises britanniques, françaises, espagnoles ou italiennes nationalisées depuis cette date, a indiqué mercredi le vice-président Alvaro Garcia.
"Dans le pire des cas et j'exagère, cela se montera à 1 milliard de dollars", a-t-il dit.
Des sociétés pétrolières comme Repsol-YPF (Espagne-Argentine), Shell et British Petroleum (Grande-Bretagne), Petrobras (Brésil), Grana-Montero (Pérou-Allemagne), des entreprises de télécommunications comme Telecom (Italie) ou des compagnies minières comme Glencore (Suisse) ont étaient nationalisées.
Le gouvernement bolivien est parvenu à des accords avec certaines d'entre elles, tandis que d'autres sont toujours en litige avec La Paz.
http://www.romandie.com/infos/news2/100506003433.y04s6ole.asp
(©AFP / 06 mai 2010