blog des amis de Cuba en Lorraine
Dictature | L’ambassadeur du Chili en Argentine, Miguel Otero, qui avait déclenché un tollé dans son pays après avoir défendu la dictature d’Augusto Pinochet dans une interview, a démissionné de ses fonctions.

© SANTIAGO LLANQUIN | Augusto Pinochet
AFP | 09.06.2010 | 16:20
L’ambassadeur du Chili en Argentine, Miguel Otero, qui avait déclenché un tollé dans son pays après avoir défendu la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) dans une interview, a démissionné de ses fonctions, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.
"Le ministère des Affaires étrangères accepte et respecte la décision de l’ambassadeur Otero", précise-t-il dans un communiqué publié mardi soir.
"La majeure partie du Chili n’a pas souffert de la dictature", avait déclaré le diplomate dans une interview au quotidien argentin Clarin, diffusée dimanche.
"Au contraire, elle s’est sentie soulagée. Le peuple y a gagné. Les rues ont commencé à être nettoyées, le travail a repris (...) Du jour au lendemain on a retrouvé des produits qui manquaient", avait ajouté Miguel Otero, selon qui, sans le coup d’Etat militaire de 1973, "le Chili aujourd’hui serait Cuba".
Ces déclarations avaient suscité un tollé aussi bien au Chili, où la dictature a fait 3.100 morts et disparus, qu’en Argentine, où 30.000 personnes sont mortes ou disparues sous le régime militaire au pouvoir de 1976 à 1983, selon les organisations de défense des droits de l’homme.
Otero, 79 ans, avait été nommé ambassadeur cette année par le président de droite modérée Sebastian Pinera, issu du parti Rénovation nationale que le diplomate a dirigé par le passé.
Pinera, élu en janvier premier président de droite après 20 ans de gouvernements de centre-gauche depuis le retour de la démocratie, a affirmé vouloir tourner la page la dictature. Son gouvernement compte d’anciens collaborateurs du régime militaire, comme des transfuges du centre-gauche.