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blog des amis de Cuba en Lorraine

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Colombie : Rendez-vous électoral dans un pays en guerre

arton189 
 BENITO PEREZ    

L'Irak n'est pas le seul pays en guerre à chercher son salut dans les urnes. Une semaine après les Irakiens, les Colombiens sont appelés dimanche à renouveler leur parlement sous la menace des armes. Mais davantage qu'en Mésopotamie, les racines du conflit ont été soigneusement écartées du débat électoral colombien, obnubilé par la question sécuritaire.
Une enquête du Courrier révèle pourtant l'ampleur de la razzia en cours dans ce pays. Plus de 40% de ce territoire grand comme deux fois la France est creusé, exploré ou convoité pour ses minerais1. Sans égards pour la population rurale, l'environnement ni même la Constitution.
Les années qui viennent seront cruciales pour les communautés concernées par l'expansion minière. La plupart des demandes de concession sont encore à l'étude ou attendent une hausse des prix mondiaux pour être revendues aux vrais maîtres d'oeuvre transnationaux. Dans un contexte de guerre, couverture idéale de toutes les exactions, la résistance s'annonce ardue.
Malgré ses débats tronqués, le scrutin de dimanche constitue quand même un événement en soi. Les Colombiens y prendront congé d'une des plus grandes farces «démocratiques» de l'histoire: en quatre ans, plus de quarante députés et sénateurs – 20% des élus fédéraux! – ont dû quitter leur siège pour une cellule de prison, au motif qu'ils avaient lié leur ascension politique aux paramilitaires. La plupart n'ayant obtenu leur siège que grâce au soutien musclé de ces milices liées aux grands propriétaires et aux transnationales et auxquelles la justice colombienne impute plus de trente mille assassinats.
Par ailleurs, ces législatives se tiennent à dix semaines d'une présidentielle disputée sans Alvaro Uribe. Après avoir débarrassé le pays de son bipartisme de façade, le leader populiste laisse le jeu politique plus ouvert que jamais.
Reste que l'émergence d'un pouvoir représentatif n'est pas non plus à l'ordre du jour. Même atténuées, les accointances entre partis, mafias et paramilitaires demeurent bien réelles sur le terrain. Selon la Mission d'observation électorale (MOE), pas moins de quatre-vingts candidats de la coalition présidentielle sont suspectés de liens avec les «paras»! Pis, cette organisation indépendante, qui traque l'influence de la corruption et des acteurs armés sur le scrutin, estime que le vote risque d'être faussé dans un tiers des municipalités... Quand on sait que moins de la moitié des citoyens se rendent aux urnes, on mesure la légitimité limitée du futur parlement colombien.
Note : [1] Ce chiffre ne tient pas compte du secteur pétrolier, le troisième d'Amérique du Sud.

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