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blog des amis de Cuba en Lorraine

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CUBA : Un écotourisme tout en contrastes Kris Achten

ecoturismo-cuba.jpg

 Cuba, région de Viñales, patrimoine de l'UNESCO
 

 

Cuba méconnu
Un écotourisme tout en contrastes

La chose avait déjà frappé Christophe Colomb, le premier Européen à avoir mis le pied aux Caraïbes: Cuba est unique. «Je n’ai encore jamais rien vu d’aussi beau», écrit-il dans son journal de bord, décrivant avec enthousiasme et émerveillement une flore et une faune aussi riches et variées que nouvelles. Cinq siècles de colonisation, de défrichage et surtout de culture sucrière ont néanmoins ajouté quelques ombres au tableau. Là où l’île comptait 95 % de forêts primaires, elle n’en conserve plus aujourd’hui que 20 % à peine. Heureusement, le vent est en train de tourner, avec une multitude d’initiatives sous le signe du tourisme durable.

Tout comme ses voisins de la zone Caraïbes, Cuba a la chance de posséder des kilomètres de plages encore intactes, des îlots inhabités et des sommets montagneux recouverts de jungle. Aux yeux du grand public toutefois, le pays reste avant tout associé au rhum, aux cigares et à Castro. Malgré les efforts croissants entrepris ces dernières décennies pour s’ouvrir au tourisme, la grande majorité des visiteurs limitent leur découverte à un séjour dans l’un des complexes hôteliers de luxe sur les plages de Varadero ou à un city trip prolongé à La Havane. Aussi magique que soit sa capitale, la plus grande île des Caraïbes recèle pourtant quantité d’autres trésors.
Dans ses reliefs, ses marais, ses baies abritées et ses plaines étendues, l’arrière-pays sauvage abrite une biodiversité d’une exceptionnelle richesse, avec des espèces animales aussi extraordinaires que les grenouilles arboricoles ou les colibris. Longue de 1200 kilomètres, l’île accueille pratiquement plus d’espèces qu’un répertoire de biologiste ne pourrait en contenir. En chiffres, ce trésor tourne autour des 6.000 plantes, 300 oiseaux et 17.000 variétés d’insectes. Les autorités cubaines sont heureusement conscientes de cette richesse. Près d’un quart de l’île a été déclarée zone naturelle protégée et bien que le pays ait investi depuis des années dans une infrastructure correcte qui permette de la découvrir, ce n’est que depuis quelques années qu’il en fait la promotion à l’étranger.
L’écotourisme est une filière tendance. À l’échelle mondiale, c’est le secteur de l’industrie du voyage qui signe la croissance la plus rapide. De plus en plus de destinations se mettent sur les rangs, à grands coups de campagnes promotionnelles, malheureusement pas toujours avec le même à-propos lorsqu’il s’agit d’utiliser à bon escient les recettes générées. Or, le principe de l’écotourisme est d’affecter au moins pour partie lesdites recettes à la protection des richesses naturelles et culturelles de la région et au soutien de la population locale. À Cuba, c’est une chose que l’on a parfaitement comprise et qui s’inscrit du reste dans la philosophie de ce bastion communiste.
UNE ÎLE A REBOISER
Immédiatement après la Révolution de 1959 et le renversement de la dictature de Fulgencio Batista par les communistes, sous la conduite de Fidel et Ché, un plan d’envergure a été mis sur pied pour reboiser le pays après les ravages engendrés par la culture intensive de la canne à sucre. Aujourd’hui, le pays compte 263 zones naturelles protégées. Bien que, dans l’esprit des populations pauvres des campagnes, la nature doive encore souvent capituler face à des impératifs purement économiques, il y a une prise de conscience que la défense des richesses naturelles du pays est à terme le meilleur des investissements.
terrazas1.jpgL’un des premiers projets à avoir développé cette idée est le complexe hôtelier écotouristique de Las Terrazas [photo]. Cette petite communauté se situe dans la province de Pinar del Río, la plus occidentale du pays, à une bonne heure de route de La Havane. Sur les mille habitants, à peu près tous travaillent à l’exploitation et à l’entretien de ce domaine, situé au pied de la Sierra del Rosario. Dans les années 1970, ces mêmes habitants ont replanté ici des dizaines de km² de forêts, un programme financé par les pouvoirs publics et qui a donné des résultats: depuis 1985, la chaîne de montagnes est un habitat protégé par l’UNESCO et le refuge de plus de 70 espèces d’oiseaux différentes, dont la moitié sont endémiques. La forêt semi-tropicale représente de ce fait un énorme pôle d’attraction pour les ornithologues amateurs et les randonneurs.
À l’autre bout de l’île, dans la Sierra Maestra, le Pico Turquino culmine à 1.974 mètres d’altitude. Pour l’atteindre, il faut pas moins de deux jours de randonnée à travers la forêt tropicale d’altitude. Les pentes abruptes provoquent la condensation de l’air humide ascendant et les brumes qui se créent ainsi offrent des conditions de croissance idéales à un éventail unique de mousses, de fougères et d’orchidées. Ce paysage aux sommets vert doré constitue un terrain idéal pour des randonnées de plusieurs jours, avec logement dans de simples cabanes d’altitude, souvent avec vue sur la mer. Ici, comme dans de nombreux autres parcs de l’île, des initiatives locales proposent aux touristes des randonnées de plusieurs jours avec éco-hébergement, une formule qui leur permet d’être au contact direct de la nature et des populations. Parallèlement, il ya de plus en plus de possibilités d’hébergement chez l’habitant, dans des casas particulares, l’occasion pour le touriste de découvrir le mode de vie du Cubain moyen.
PARADIS TERRESTRE
Plus loin à l’ouest, au cœur de Cuba, se trouve la péninsule de Zapata, à proximité de la Baie des Cochons, célèbre pour l’échec de la tentative d’invasion militaire menée en 1961 par la CIA. Dans ce vaste marais, les touristes ont l’occasion d’observer pas moins de 150 espèces d’oiseaux depuis de petites embarcations. À proximité se situent aussi quelques-unes des plus belles plages de sable du littoral caribéen, un paradis pour les plongeurs et les adeptes de sports nautiques.
Car il n’y a pas que hors de l’eau que Cuba est un paradis pour les amoureux de la nature. La 11128.jpgplus grande des îles est entourée de centaines de cayos, des îles de corail bordées de plages de sable. Les récifs coralliens cubains constituent l’un des plus riches écosystèmes au monde. Un habitat extraordinaire où vivent des centaines de poissons aux couleurs chatoyantes, mais aussi des tortues, des barracudas, des dauphins et même des lamantins. L’archipel des Jardines de la Reina (jardins de la reine) est l’un des plus beaux et des meilleurs sites de plongée de la mer des Caraïbes, mais l’Isla de la Juventud n’a rien à lui envier. Cette île en forme de virgule, autrefois base d’opérations de pirates, a inspiré Robert Louis Stevenson pour son roman d’aventures L’île au trésor. Un concours annuel de photographie sous-marine y est organisé chaque année et draine des participants du monde entier.
Cuba est une destination de rêve pour le touriste qui attend plus de ses vacances que le soleil et la plage, même si ce n’est pas cela qui manque. Celui qui s’écarte des sentiers battus découvre des beautés naturelles inviolées, comme une sorte de Galapagos protégé par des initiatives locales et par un développement touristique relativement maîtrisé. Avec, en touche finale, la musique et les mojitos.
Kris Achten

/// www.nunaarcuba.be

/// www.ecoturcuba.co.cu

Source : Journal METRO du 22 avril 2010

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