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blog des amis de Cuba en Lorraine

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Dix jours de cinéma non-stop à La Havane


31e FESTIVAL INTERNATIONAL DU NOUVEAU CINEMA LATINO-AMERICAIN

La manifestation se déroulera du 3 au 12 décembre

Mireya Castañeda

• LE Festival de cinéma de La Havane est une manifestation annuelle où cinéastes, public et critiques débattent entre eux : leurs avis concordent ou divergent. Mais ils ont pourtant une chose en commun : le don de l’ubiquité. La Section officielle comprend à elle seule 110 films, et les Sections parallèles plus de 170. Tout voir est cependant impossible.

L’Institut cubain de l’Art et de l’Industrie cinématographiques (ICAIC) célèbre cette année son 50e anniversaire, c’est pourquoi le Festival a préparé pour cet anniversaire trois programmes, annoncés sur son excellente page Web: 1) Les 50 ans de l’ICAIC – Sélection de la critique cubaine, avec les dix films finalistes proposés par l’Association cubaine de la presse cinématographique pour élire les films les plus importants de l’histoire du cinéma cubain; 2) Revolucion dia a dia : Noticiero ICAIC Latinoamericano, les meilleurs moments des Actualités cinématographiques dans les années 1960; et 3) ICAIC – à propos des années 1950, avec quatre documentaires consacrés au 50e anniversaire de l’Institut, fondé en mars 1959 par Alfredo Guevara.

Sur les 110 films provenant de 17 pays présentés dans la Section officielle, 105 vont concourir pour les prix Corail dans les catégories «Long-métrage de fiction» (21), «Premier film» (21), «Court-métrage de fiction» (15), «Documentaire» (24) et «Dessin animé» (24), les cinq autres étant présentés hors compétition (trois de fiction et deux documentaires).       

Selon le Centre de presse, dirigé par Marta Diaz, c’est le Brésil qui présentera le plus de films (23), suivi de l’Argentine et du Mexique (21). Viennent ensuite le Chili et Cuba (9), le Pérou (7), la Colombie, l’Uruguay et le Venezuela (4), le Nicaragua, Porto Rico, le Paraguay, la Bolivie, l’Afrique du Sud, le Canada, le Royaume-Uni et l’Espagne (1).

Le Festival remettra aussi le prix de Postproduction «Amérique latine première copie», décerné par «Alba Cultural», destiné à soutenir des films qui n’ont pas pu être achevés pour raisons financières. Douze films seront en lice (11 de fiction et 1 documentaire), dont 4 du Chili, 2 d’Argentine, du Guatemala et du Pérou, et 1 de Cuba et d’Equateur.  

Plus de 170 films latino-américains seront aussi présentés - court et long-métrages de fiction, documentaires et films d’animation - dans les Sections parallèles du Festival : Panorama latino-américain (26), L’heure du court-métrage (35), Section informative documentaire (59) et Avant-gardes (11).

Les films consacrés à Cuba sont inclus dans les sections Fait à Cuba (40 films), Vidéothèque A contre-courant (5), ainsi que Histoires de la musique cubaine, dont ce sera la 2e édition avec deux films supplémentaires.

Une autre section fait son apparition : Cinéma fantastique et d’horreur en Amérique latine avec cinq films d’Argentine, de Cuba et du Chili.

Dans la catégorie «Fiction» certains films font déjà parler d’eux : El secreto de sus ojos/Juan José Campanella et El niño pez/Lucía Puenzo, d’Argentine; Hotel Atlántico/Suzana Amaral, du Brésil; La Nana/Sebastián Silva, du Chili; Los viajes del viento/Ciro Guerra, de Colombie; El premio flaco/Iraida Marlberti, Juan Carlos Cremata Malberti, et Lizanka/Daniel Díaz Torres, de Cuba; Backyard-El traspatio/Carlos Carrera González, du Mexique; La teta asustada/Claudia Llosa, du Pérou et Hiroshima/Pablo Stoll, d’Uruguay. 

Dans la catégorie «Premier film», la compétition est toujours intéressante, car il s’agit souvent de cinéastes prometteurs, et les catégories «Moyen et court-métrage» et «Documentaire» font souvent le bonheur des spectateurs les plus avertis. 

La catégorie «Cinéma d’animation» attire également l’attention mais ce genre est trop souvent délaissé par les producteurs, bien qu’on observe cette année un plus grand nombre de films, soit 24. Cuba est présente avec 20 años/Bárbaro Joel Ortiz et Tic tac/Alien Ma Alfonso.

Lors de l’émission de télévision «La Table ronde», la journaliste Arleen Rodriguez Derivet a interviewé Alfredo Guevara, président du Festival international du nouveau cinéma latino-américain, qui a affirmé que son rêve le plus ambitieux était toujours de «jeter des ponts et encore plus de ponts». 

Guevara a aussi annoncé, entre autres, qu’outre les lieux habituels du Festival – les cinémas, la Maison du Festival et les hôtels où sont logés les plus de mille participants –, les cinéphiles auront à leur disposition le Pavillon Cuba, avec des projections de films, des conférences et des ventes de disques.

Le président du Festival a aussi fait part de son enthousiasme pour l’exposition Mella-Tina Modotti, qui sera présentée au public. «Nous l’organisons dans une autre optique. Nous ne voulons pas du Mella figé sur les photos, mais montrer la véritable histoire de sa vie et de sa relation avec Tina, celle de deux jeunes gens qui se sont aimés.»  

Selon lui, Mella «a été un magicien: il a fait tellement de choses en si peu de temps. Il a structuré la lutte anti-impérialiste, il a participé au soutien à Sandino, il a fondé la FEU et le Parti communiste, participé à la 3e Internationale… Il est mort jeune mais ce qu’il a fait sera encore valable dans 1000 ans». Tina, de son côté, «a été l’une des plus grandes photographes de l’histoire, la première femme à être reconnue comme une photographe professionnelle, celle qui donne des leçons».     

Il a aussi mis l’accent sur une chose qui a toujours caractérisé le Festival, son affiche. Celle de l’édition 2009, faite par l’artiste peintre Carlos Guzman (La Havane, 1970), représente Simon Bolivar, José Marti et Ernesto Che Guevara. Il s’agit, selon Guevara, d’un «tableau extraordinaire» qui «va marquer son époque, pour son expression artistique: il tient à la fois de Giotto, de l’époque moderne, avec même une certaine forme d’abstraction…»  

Vivement cette nouvelle édition du Festival international du nouveau cinéma latino-américain de La Havane, le rendez-vous le plus attendu par les cinéphiles cubains… et les visiteurs.
 
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