blog des amis de Cuba en Lorraine
25 jours après le tremblement de terre qui a dévasté Haïti, la tragédie semble interminable pour ce peuple qui ne cesse pas d’être impressionné par l’augmentation quotidienne du nombre de victimes et de l’aide insuffisante reçue pour faire face à une catastrophe sans précédents, aggravée par la misère séculaire dans laquelle sont plongés la plupart de ses habitants
Selon les derniers chiffres, le bilan de la tragédie est dantesque et le nombre de morts frôle les 250 000. La ville de Port-au-Prince est détruite à 80%. Mais il s’agit surtout des quartiers les plus pauvres à cause de la précarité des édifications, faites avec des matériaux de mauvaise qualité.
Il faut ajouter à tout cela le nombre de blessés et de mutilés qui souffriront à vie des séquelles de la catastrophe.
Le désespoir a donné lieu à de multiples manifestations de protestations comme celle qui a eu lieu cette fin de semaine dans le quartier de Pétionville où des milliers de personnes ont demandé une plus grande rapidité dans la distribution d’aliments et dénoncé l’accaparement de l’aide extérieure auquel se livrent certaines personnes.
Bien que la distribution d’aliments se soit améliorée, le volume est encore insuffisant pour un pays dont l’économie est paralysée et où les gens manquent de moyens pour satisfaire leurs besoins.
Il y a aussi un autre motif d’irritation : la présence militaire dans les rues. Aux 10 000 membres du la MINUSTAH, la Force de Stabilisation de l’ONU, sont venus s’ajouter 16 000 marines étasuniens sous prétexte de maintenir la sécurité.
Cette fin de semaine, les États-Unis ont annoncé qu’ils ne retireront pas leurs marines d’Haïti où ils resteront « le temps qu’il le faudra ». Cette annonce est venue confirmer qu’au delà d’une mission d’aide et sauvetage, il s’agit d’une occupation militaire à long terme.
Au milieu du chaos, on trouve des îlots d’ordre, de travail et d’organisation. Il s’agit des 5 hôpitaux où travaille la brigade médicale cubaine à laquelle se sont joints des médecins haïtiens et étasuniens formés à l’ELAM, l’École Latino-américaine des Sciences Médicales de La Havane et dans sa filiale de Santiago de Cuba. Il y a aussi les campements montés par le Venezuela et par d’autres pays membres de l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique.