blog des amis de Cuba en Lorraine
Les mercenaires prisonniers de Playa Girón
Enrique Ubieta Gómez
La isla desconocida
Mercredi 7 juillet l’Archevêché de La Havane a rendu publique la décision du Gouvernement cubain de libérer ces prochains mois 52 contrerévolutionnaires détenus et jugés en 2003, cinq d’entre eux de manière immédiate. Comme résultat des contacts établis par le Gouvernement avec la Cardinal Jaime Ortega, archevêque de La Havane, et Monseigneur Dionisio García Ibáñez, président de la Conférence des Evêques catholiques de Cuba, un autre détenu avait déjà été libéré pour des raisons de santé.
Dans le système de prisons à Cuba il est de mise d’accorder une licence extra pénale à la personne sanctionnée qui, indépendamment de la raison de son délit présente des problèmes de santé incompatibles avec le régime carcéral. Depuis 2004, 21 autres contrerévolutionnaires de la même cause juridique ont bénéficié de cette politique habituelle; quatre d’entre eux se sont rendus en Espagne avec leurs familles suite à un accord avec le gouvernement espagnol.
Le gouvernement de Cuba sait discuter et prendre des décisions, sans pressions, ni chantages, ni conditions préalables, sur n’importe quel thème avec tout interlocuteur qui respecte la souveraineté du pays. Le plus grand obstacle pour la libération de ces prisonniers, jugés et condamnés par des tribunaux cubains selon les lois du pays, était précisément l’intention claire de chantage d’une campagne médiatique que les grandes corporations de presse et la droite étasunienne et européenne avaient lancée de manière irresponsable. La Révolution, par contre, propose un dialogue respectueux. Il suffit de se rappeler d’une longue liste d’exemples historiques: l’échange de mercenaires capturés pendant l’invasion de Playa Girón ; le dialogue avec l’émigration cubaine en 1978 et la libération postérieure de centaines de sbires de Batista et de contrerévolutionnaires, beaucoup d’entre eux capturés au cours d’activités terroristes ; les accords migratoires avec des gouvernements étasuniens de l’un et l’autre partis (aussi bien ceux de Reagan et Bush, comme ceux de Clinton et Obama) ; le processus de contacts permanents et d’échange de critères avec les différentes institutions religieuses, la catholique incluse, entre autres. La liste contient des médiations internationales de transcendance, comme celle qui a permis d’imposer définitivement la paix en Angola et dans le cône sud-africain.
Il n’y a pas de faiblesse dans la disposition au dialogue, au contraire, il y a de la force. Les récentes conversations du gouvernement avec la hiérarchie de l’Eglise catholique cubaine sont épaulées par l’existence d’une communication franche et systématique avec les institutions et organisations religieuses du pays. Croyants ou pas croyants, de toute confession, participent de la même façon à la construction d’une société toujours plus juste. Bien que ces conversations se soient produites sur l’initiative des parties, et qu’elles aient favorisé une décision que le harcèlement international avait reléguée à plus tard, les médias transnationaux et leurs laquais internes, déconcertés dans un premier temps, tentent maintenant de capitaliser les résultats. En fait c’était prévisible, et cela ne nous gène pas. Pour la vie de Guillermo Fariñas, comme pour celles de n’importe lequel de ses complices, Cuba a mis à disposition l’équipement médical dont elle dispose, mais aussi celui qu’elle n’a pas mais qu’elle a cherché là où elle a pu malgré le blocus, et les meilleurs spécialistes qu’elle a formé. Mais l’attitude de Fariñas n’aurait jamais pu conduire à l’obtention des résultats qu’il souhaitait. Qu’il est triste qu’un homme expose sa vie sans même savoir que d’autres manipulent ses sentiments, qu’ils planifient les gains possibles de son sacrifice, et qu’ils utilisent son entêtement à des fins illégitimes ! Qu’il est triste, alors qu’il y a tellement de causes justes, indispensables, dans ce monde essentiellement injuste, qu’un homme risque sa vie pour le bien-être personnel d’une poignée de canailles et d’un état impérialiste! Qu’un homme parie sur la mort pour dérouter un pays qui lutte à contrecourant pour la vie !
Obama sera t’il capable d’ouvrir le dialogue franc, sans réserves impériales, avec son petit mais digne voisin? Aura-t’il le courage de reconnaître le caractère politique, vindicatif, des sanctions qui pèsent sur les cinq antiterroristes cubains, incarcérés depuis plus de 10 ans dans des prisons de son pays? Pourra t’il, Obama, avec un simple geste qui rendrait plus digne son mandat, gracier ces cinq personnes qui firent sur le territoire des Etats-Unis en faveur de leurs citoyens ce que les autorités du pays ne firent pas? Une fois encore la Révolution cubaine offre un exemple de dignité et de force.
Source: http://la-isla-desconocida.blogspot.com/2010/07/la-liberacion-de-presos-una-victoria.html
version espagnole:
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=109559
Traduction: R. Muller, ASC-Ge