blog des amis de Cuba en Lorraine

La série d’audiences de nouvelles sentences contre 3 des 5 Cubains prisonniers politiques depuis 11 ans aux Etats-Unis a pris fin à Miami. Ils ont été condamnés en 2001 à de très lourdes peines de prison au terme d’un procès entaché d’irrégularités du début à la fin. Ils ont été accusés de conspiration afin d’espionner. Cette accusation n’a jamais été prouvée car elle est complètement fausse. Les 5 n’avaient fait que surveiller les organisations terroristes anti-cubaines du Sud de la Floride pour prévenir Cuba des attentats la visant. Des hauts gradés étasuniens cités à comparaître avaient même déclaré à la barre des témoins que nos 5 compatriotes n’avaient ni recherché ni collecté des informations secrètes et n’avaient donc porté en rien atteinte à la sécurité nationale des Etats-Unis.
Ramon Labañino a été frappé d’une nouvelle sentence de 30 ans de prison. Il purgeait une perpétuité et 18 ans. Pour sa part, Fernando Gonzalez, qui purgeait 19 ans s’est vu infliger 17 ans et 9 mois. En octobre, Antonio Guerrero, qui avait été condamné à perpétuité plus 10 ans a été frappé d’une peine de 22 ans de prison.
René Gonzalez, qui purge 15 ans de prison et Gerardo Hernandez, condamné à deux perpétuités plus 15 ans ont été arbitrairement exclus des audiences de nouvelles sentences.
Il est vrai qu’il y a eu une réduction substantielle des peines démésurées qui avaient été infligées à Ramon Labañino et à Antonio Guerrero, mais cela ne signifie aucunement que justice a été faite dans une affaire qui a mis en cause les autorités judiciaires des Etats-Unis à cause d’un procès où ce sont des intérêts mesquins, la politicaillerie et la haine qui l’ont emporté.
Justice aurait été faite si les 5 n’avaient pas passé un seul jour derrière les barreaux comme le reconnaissent, 11 après leur arrestation, les tribunaux étasuniens. Ils n’ont jamais mis en danger la sécurité nationale des Etats-Unis, bien au contraire, par leur mission marquée par le sacrifice ils ont fait un apport important à la paix et à la vie en évitant que des actes de terrorisme soient commis par les extrémistes de Miami.
Les audiences de nouvelles sentences laissent cependant d’importantes leçons sur lesquelles il vaut la peine de réfléchir.
La première d’entre elles est l’importance extraordinaire de la solidarité internationale exprimée non seulement depuis les coins les plus divers de la planète, mais aussi par des personnes des horizons politiques et des confessions religieuses les plus divers.
Peu de fois avant, on avait vu un mouvement de solidarité aussi puissant qui nous rappelle la condamnation massive contre les plus grosses erreurs du système judiciaire étasunien comme cela a été le cas de la condamnation à mort et de l’exécution de Nicola Sacco et Bartolomeo Vancetti. Les seules preuves convaincantes qu’il y avait contre eux se réduisaient à leur condition d’ouvriers et d’immigrants. Rappelons aussi l’affaire des époux Ethel et Julius Rosemberg, exécutés sur la chaise électrique malgré leur innocence prouvée.
Il n’y a pas le moindre doute que la forte pression exercée par des centaines de comités de solidarité, des personnalités très connues, des associations de parlementaires et de simples citoyens disposés à élever leurs voix contre l’injustice, a joué jusqu’à présent un rôle de premier plan et elle sera décisive pour obtenir la libération sans conditions de ces 5 Cubains qui ont reçu le titre de Héros ici, dans leur patrie.
Le caractère politique qu’a eu l’affaire dès le début a également été mis en évidence. On n’est pas en train de juger de présumés délits, inexistants bien évidemment, qui auraient pu être commis par 5 personnes, on est en train de juger leur idéologie, leur engagement révolutionnaire, leur loyauté et leur courage. On prétend punir en leurs personnes un peuple tout entier qui a décidé cela fait 50 ans d’avancer sur son propre chemin sans la tutelle des Etats-Unis.
Le fait que la même juge qui a dicté contre les 5 les condamnations disprportionnées ait été obligée de reconnaître le caractère absurde de celles-ci et changer trois d’entre elles, démontre qu’il s’agit d’un procès truqué du début à la fin.
« Le Président Barack Obama sait que nos 5 compatriotes sont innocents » a rappelé Ricardo Alarcon, Président de l’Assemblée Nationale de Cuba. Il a également relevé que la prochaine action : la libération sans conditions de Gerardo, Antonio, René, Fernando et Ramón et leur retour au sein de leur peuple et de leurs proches figure parmi les prérogatives que la Constitution accorde au Président des Etats-Unis et qu’il peut et doit le faire. Le jour où cela arrivera, sera un jour de joie car une dette envers la justice et la coexistence pacifique entre les peuples aura été honorée.