blog des amis de Cuba en Lorraine

La Havane, 9 décembre, (RHC)--. Ricardo Alarcon, président de l’Assemblée Nationale de Cuba, considère comme injustes les réductions de peine décidées à l’égard d’Antonio Guerrero, de Ramon Labañino et de Fernando Gonzalez trois des 5 antiterroristes cubains injustement en prison depuis plus de 11 ans déjà aux Etats-Unis.
« Ils ont purgé plus que nécessaire, toujours à cause d’une condamnation injuste car ils n’ont jamais dû être prisonniers même un instant » a relevé Ricardo Alarcon au cours d’une émission du programme « La Table Ronde » que diffusent en direct la radio et la télévision nationale ainsi que le service espagnol de Radio Havane Cuba.
Au sujet de Ramon Labañino, Ricardo Alarcon a indiqué :
“S’il avait été coupable des délits pour lesquels il a été condamné, on aurait pu lui infliger une peine pouvant aller de 30 ans de prison à la perpétuité qui était la peine dont on l’avait frappé en 2001. Cette fois-ci, à la demande de la défense et du procureur, la juge a édicté la sanction inférieure prévue par les lois étasuniennes. Mai c’est encore et toujours une injustice car Ramon ne doit pas être en prison ne serait-ce que 30 secondes et cela fait déjà 11 ans qu’il est derrière les barreaux ».
Pour ce qui est de la nouvelle sentence dictée contre Fernando González, 17 ans plus 9 mois, Ricardo Alarcón a déclaré :
« La sentence est inférieure à 19 ans, parce que c’est ce que la Cour avait ordonné de faire, mais elle est supérieure à celle de René pour marquer la différence, c’est l’argument utilisé par le gouvernement. Parce que si la juge avait décidé de réduire la peine de Fernando à 15 ans comme l’avait demandé la défense, cela aurait créé un problème aux autorités étasuniennes. Fernando auquel on impute des charges plus graves, recevrait la même peine que René, qui lui, a été condamné pour deux raisons. Pour être un agent cubain qui luttait contre le terrorisme aux États-Unis et pour ne pas s’être inscrit comme tel auprès du Département de la Justice”.
Ricardo Alarcón a rappelé que l’on n’a pas discuté au cours des audiences de nouvelles sentences la culpabilité ou l’innocence de nos compatriotes car ils avaient déjà été reconnus coupables. Il a ajouté que la défense a fait appel du verdict en 2008 devant la Cour d’Appel d’Atlanta qui a ratifié le verdict de culpabilité des 5 mais qui a cependant reconnu que 4 sentences étaient disproportionnées para rapport à la charge imputée.
Il se référait à la charge 2 “conspiration afin d’espionner” qui avait valu des condamnations à perpétuité à Gerardo Hernández, Ramón Labañino et Antonio Guerrero.
La Cour a également considéré comme excessive la sentence dont on avait frappé Fernando, sur lequel ne pesait pas la charge 2 mais elle a décidé de ratifier les sentences contre Gerardo Hernandez et René Gonzalez. La Cour Suprême a refusé de réviser l’affaire.
Ricardo Alarcon a ajouté :
« Le fait qu’ils aient ratifié la sentence à deux des 5 est injuste. Toute sentence imposée à ces 3 camarades est injuste, mais la réduction du châtiment qui leur avait été imposé est importante pour beaucoup de raisons. En tout premier lieu parce que cela implique un changement de conditions d’incarcération. Ce n’est pas la même chose d’être dans un pénitencier de haute sécurité, condamné à perpétuité que de purger une peine inférieure dans une prison moins rigoureuse. Mais le plus important à mon avis est qu’il a été prouvé que le procès a été rempli d’erreurs et d’injustices, démontrés dans les peines dictées contre eux. Le nouveau gouvernement étasunien l’a reconnu, pas celui qui avait demandé les sentences précédentes. Le gouvernement actuel se met d’accord avec la défense pour demander le minimum d’une condamnation injuste et la juge, la même qui, à la demande du gouvernement précédent avait imposée les peines inusitées, est d’accord pour les réduire jusqu’au minimum prévu par la loi, toujours dans le cadre de l’injustice commise ”.
« Aujourd’hui a été une journée importante mais cela ne fait pas notre joie » a signalé le président du Parlement cubain avant d’appeler la communauté internationale à redoubler d’efforts en faveur de la libération des 5.
Au cours de son intervention à La Table ronde » Ricardo Alarcon que l’administration Obama a reconnu que les condamnations édictées en 2001 ont été injustes. Il a ajouté que la Maison-Blanche est susceptible d’être ébranlée par une vaste mobilisation mondiale.
« Les Etats-Unis doivent ressentir qu’il y a une vaste résistance mondiale. Nous n’allons pas nous contenter de ces nouvelles sentences » a signalé le président de l’Assemblée Nationale de Cuba après avoir souligné que le gouvernement étasunien sait parfaitement que les 5 n’ont jamais porté atteinte à la sécurité nationale des Etats-Unis.
Magalis Llort et Rosa Aurora Freijanes, la mère et l’épouse de Fernando ont assisté à l’audience, de même qu’Elizabet Palmeiro, la femme de Ramón.
Des représentants des organisations de solidarité aux États Unis et dans le monde y ont également assisté.