blog des amis de Cuba en Lorraine
Comme cela est habituel depuis quelques années, un second tour sera nécessaire pour l’élection du Président de la République au Brésil, après l’annonce des résultats des élections de ce dimanche.
Dilma Roussef, du PT, le Parti des Travailleurs vient en tête avec 46,9% des voix.
José Serra, du Parti Social-démocrate du Brésil vient en deuxième position avec un peu moins de 14 points que son adversaire du PT. Il a eu 32,6% des voix.
Pour ceux qui préfèrent voir un verre à moitié vide car cela leur convient, comme cela est le cas de la grande presse brésilienne et transnationale, les données mentionnées constituent un revers pour Dilma Roussef à laquelle les sondages donnaient la victoire au premier tour.
Présenter les choses de cette façon constitue une analyse très simpliste qui ignore, de bonne ou de mauvaise foi, on ne sait jamais, certains éléments d’une grande importance.
En premier lieu, les sondages n’ont rien de science exacte. Ils sont, dans le meilleur des cas, une photographie, une instantanée, pour utiliser un terme plus exact, de l’opinion d’un secteur de la population à un moment déterminé.
C’est pourquoi il existe ce qu’on appelle la marge d’erreur qui, dans ce cas-ci se situait entre 3% et 4%, au-dessus ou au-dessous du chiffre indiqué. Si nous nous en tenons à cette réalité, les deux candidats, Dilma Roussef et José Serra, se sont placés, plus ou moins, dans les limites prévues.
De plus, ni le PT ni sa candidate à la présidence, n’avaient fait d’une victoire au premier tour ni une promesse ni une prémisse de campagne électorale.
Plus encore, quelques heures avant la consultation, le Président sortant Luiz Inacio Da Silva Lula a rappelé qu’il avait toujours eu besoin du repêchage pour accéder à la présidence et Dilma Roussef, au moment de voter, a déclaré qu’elle était préparée dès le début pour un second tour.
Il y a par contre une surprise, oui, et ce sont les résultats de la candidate du Parti Vert, l’ex-ministre du gouvernement actuel, Marina Silva, qui a obtenu 19,3% des voix. Il y a deux semaines, les pronostics les plus optimistes lui donnaient de 10 à 12% des voix.
Là il y a deux facteurs qui ont joué : l’un d’entre eux est son appartenance à une église évangélique raison pour laquelle elle a eu les voix disciplinées de ce secteur de la population guidé pour des raisons religieuses et non de type politique ou idéologique. L’autre facteur est que, dans la phase finale de la campagne électorale, les grandes chaînes de télévision, la radio et la presse ont fait une propagande disproportionnée en faveur de Marina Silva afin d’enlever des voix au PT.
José Serra essaie de démontrer que le fait d’avoir forcé un second tour est une victoire à lui, ce qui est très loin de la vérité. Remporter la victoire le 3 ou le 31 octobre ne donne ni enlève de la force au prochain gouvernement et le cas de Lula est le meilleur exemple.
Son mandat a été un succès, pas pour le moment où il a été élu, mais pour la justice et la qualité de ses programmes et l’efficacité de ses politiques.
Et c’est ce dont il s’agira dans les quatre prochaines semaines : de démontrer aux électeurs brésiliens qui a les meilleurs arguments pour que leur pays continue à avancer sur le chemin de la lutte contre la faim, le chômage, la violence et sur la voie du développement ; sur le chemin de la préservation de son prestige et de son intégrité dans l’arène internationale, comme cela a été le cas ces 8 dernières années.
Source : RHC