blog des amis de Cuba en Lorraine
Des milliers de jeunes cubains rendent hommage à José Martí

Le 28 janvier 1853 est né dans une petite maison de la rue Paula, au coeur de La Havane, José Martí, un homme indispensable pour cette Amérique notre, de ceux qui, de l’avis de Bertolt Brecht, ne luttent pas seulement un jour, ou un an, ou encore dix mais qui luttent toute la vie et qui le font même après la mort physique, qui est, en définitive, la moins importante des morts.
Comme ceux de son espèce, il n’appartient pas à un moment, à un siècle et même pas à une époque. Comme il a été dit à plusieurs reprises, Martí a été, au 19è siècle, l’homme nouveau dont le Ché rêvait pour le 21è siècle.
Il y a cependant des traits de son caractère qui expliquent sa personnalité dont sa loyauté inébranlable, la noblesse sans limites dont il a toujours fait preuve, aussi difficiles qu’aient été les circonstances.
Dans l’année 1878 il vivait au Guatemala où il gagnait à peine pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa femme, qui était enceinte. Il travaillait comme instituteur à l’École Normale, dirigée par un compatriote et ami, José María Izaguirre.
Des envies et des jalousies ont été à la base du licenciement injuste de José Maria Izaguirre. La réponse de Martí a été radicale. Tout en sachant que cela impliquait de grosses difficultés pour sa famille, il a présenté sa démission, pour se solidariser avec l’ami qui lui avait tendu la main.
Peu après, il a dû quitter le pays avec sa femme. Ils ont traversé des terrains arides en mulet pour se rendre au Honduras, où des amis les ont conduit jusqu’à la côte atlantique, d’où ils sont partis pour Cuba.
Tel est le caractère de l’homme qui en 1891 a écrit le texte Nuestra América, Notre Amérique où il a tracé un programme d’action et marqué le chemin du seul futur de ces peuples, s’ils voulaient continuer de l’être.
C’est un document qui doit être étudié en permanence, qui est plein de vérités dites sans ambages.
Depuis les premières lignes il souligne « ce qui reste de village en Amérique doit se réveiller, car ce ne sont pas des temps pour se coucher, le foulard à la tête, mais avec les armes comme oreiller ».
Celui qui n’a fait aucune concession, qui a tout laissé sur le bord du chemin, la jeunesse, les parents, les soeurs, la femme et le fils pour poursuivre sa mission, déclare avec toute l’autorité morale : « Ceux qui n’ont pas foi dans leurs pays, sont des hommes nés à sept mois. Puisqu’ils manquent de courage, ils le nient aux autres”.
“ De quelle patrie- dit celui qui a transformé l’Humanité tout entière en sa Patrie- peut un homme se sentir fier, si ce n’est de nos républiques endolories d’Amérique, bâties parmi les masses muettes d’indiens ? ”
Ce n’est pas un texte pour plaire. C’est un appel urgent à préserver nos racines, qui conserve toute son actualité dès nos jours : “Nous étions un masque, avec les culottes d’Angleterre, le gilet parisien, la veste de l’Amérique du Nord et le bonnet d’Espagne. L’Indien, muet, faisait des tours autour de nous, il s’en allait à la montagne, au sommet de la montagne, pour baptiser ses enfants. Le Noir, chantait la nuit, la musique de son coeur, seul et méconnu entre les vagues et les fauves ”
Martí non seulement confronte dans ce texte, il marque le chemin: Les jeunes “Les jeunes de l’Amérique, retroussent les manches de leurs chemises, plongent les mains dans la pâte qu’ils font lever avec la levure de leur sueur.
Ils comprennent qu’on imite trop et que la solution est de créer. Créer est le mot d’ordre de cette génération. Le vin, de banane et s’il est amer, c’est notre vin!”
Comme si elles avaient été écrites aujourd’hui même, les derniers mots de Notre Amérique pourraient être gravées avec du feu sur la conscience des hommes: “du fleuve Bravo, jusqu’au détroit de Magallanes, assis sur le dos du condor, le Grand Semí a semé par les nations romantiques du continent et pour les îles endolories de la mer, la graine de la nouvelle Amérique!”