blog des amis de Cuba en Lorraine
Le Président des Etats-Unis Baracka Obama a annoncé une décision, longuement méditée qui n’a surpris personne : l’envoi d’un nouveau contingent de 30 000 soldats en Afghanistan multipliant ainsi par trois les effectifs étasuniens qui se trouvaient dans ce pays au début de son mandat il y a peine onze mois.
Obama satisfait ainsi partiellement la demande d’au moins 40 000 soldats faite par le commandement militaire détaché sur le théâtre des opérations pour garantir sinon la victoire, éviter pour le moins une défaite.
La Maison Blanche espère que ce soit les pays de l’OTAN qui enverront les soldats pour compléter le contingent nécessaire mais à ce qu’il semble il prend ses désirs pour des réalités.
Le Secrétaire Général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a indiqué qu’il espérait que les alliés apporteront plus de 5000 soldats mais on ne sait d’où il va les sortir car , à l’exception de la Grande Bretagne et de la Pologne, aucun autre pays ne s’est aventuré à prendre des engagements concrets au sujet de l’envoi de troupes à court terme.
Il faut signaler qu’en Europe, l’opposition à l’aventure militaire contre le peuple afghan est plus forte qu’aux Etats-Unis et les récents rapports sur les mensonges dits par l’ex-Président du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, et par l’ex-premier ministre britannique Anthony Blair pour justifier l’agression contre l’Irak, ne contribuent en rien à améliorer le climat.
C’est pourquoi, malgré l’appel mélodramatique d’Obama pour que ses amis envoient plus de chair à canon au théâtre du conflit sous prétexte que la sécurité du monde entier se joue en Afghanistan, court le risque de se retrouver seul dans le conflit.
Mais, en plus de s’engager sur le chemin de la guerre, paradoxalement quelques jours avant de se voir remettre le Prix Nobel de la Paix, le gouvernant étasunien a assumé aussi d’autres risques.
L’un d’entre eux consiste à fixer des délais pour la guerre en annonçant le début du retrait de ses troupes à partir de juillet 2011, c’est-à-dire, un an et demi après l’augmentation des effectifs.
Il n’a malheureusement pas expliqué de quels éléments il dispose pour supposer que dans 18 mois il atteindra les résultats non atteints ces 8 dernières années. N’importe quelle personne ayant des connaissances militaires élémentaires sait que le nombre de soldats impliqués dans une guerre est un élément à prendre en considération, mais que c’est un élément qui n’est pas toujours ou presque jamais, décisif.
D’autre part, la nouvelle a été annoncée à un moment où Obama n’a même pas la garantie que le Congrès débloquera les 30 milliards de dollars supplémentaires que coûtera le nouveau déploiement de forces. En sa qualité de Commandant en Chef des Forces Armées, Obama a la faculté d’ordonner le déploiement, mais c’est le Congrès qui débloque les fonds et c’est là que tout pourrait se bloquer.
Mais ce n’est pas tout. Ill faut rappeler que 2010 est une année électorale clé aux Etats-Unis : la Chambre des Représentants au grand complet et un tiers du Sénat doivent être renouvelés. Une succession de revers en Afghanistan pourrait entraîner une débâcle pour le Parti Démocrate et c’est le Président qui paierait de sa tête le coût.
Il existe actuellement suffisamment de documentation sur le processus qui a fait les Etats-Unis s’enliser dans un bourbier au Viêtnam et sur les erreurs commises par l’ex-président Lyndon Johnson dans la conduite de cette guerre qui, à la longue, lui a coûté la réélection, à laquelle il a dû renoncer en 1968.
Est-ce que le Président Obama a réétudié cette période de l’histoire de son pays avant de s’engager dans un chemin si dangereux ?