blog des amis de Cuba en Lorraine
Le Maroc a déclenché une cruelle offensive contre la République Arabe Sahraouie Démocratique devant le silence complice et lâche de l’Union Européenne, qui refuse de condamner ces faits abominables.
Tout a commencé par la destruction du campement de protestation Gdaim Izik et s’est poursuivi par des détentions arbitraires, des descentes de police et des pillages de logements dans la ville d’Aaiúm.
L’armée de Rabat serait en train d’encourager les colons marocains à détruire non seulement les logements des Sahraouis mais d’autres installations et commerces qui ont été pillés et brûlés au cours d’une journée de vandalisme et d’impunité.
Le Front Polisario, mouvement de libération qui lutte pour l’indépendance et la souveraineté du Sahara Occidental, a fait savoir que la répression a fait 13 morts et 700 blessés. D’innombrables personnes ont été arrêtées.
L’opération a été soigneusement préparée par le Maroc, qui depuis plusieurs jours a interdit l’entrée à ces territoires, des journalistes et médias, ainsi que des personnalités étrangères afin de pouvoir agir en toute liberté.
La République Arabe Sahraouie a été proclamée en 1976 en vertu de l’Accord de Madrid, qui a mis un terme à une longue période de domination espagnole. Cet accord établissait une administration partagée avec le Maroc et la Mauritanie, qui a signifié à la longue la remise de ce territoire à Rabat, qui exerce depuis lors sa domination.
Certes, l’ONU a refusé de reconnaître l’Accord de Madrid et elle a créé en 1991 la Mission des Nations Unies pour le referendum au Sahara Occidental, qui aurait du avoir lieu en février 1992 pour mettre un terme à l’occupation marocaine. 18 ans se sont écoulés depuis et rien ne s’est passé.
Bien au contraire, les autorités du Maroc ont encouragé la construction de colonies marocaines en territoire sahraoui et elles exercent une répression féroce contre toute tentative indépendantiste.
Nombreuses sont les initiatives avancées pour trouver une solution négociée de ce conflit, telles que les Accords d’Houston ou le Plan Baker I et II, mais elles se sont toutes heurtées à l’intransigeance de Rabat qui refuse de quitter les territoires occupés.
Depuis plusieurs années, le gouvernement marocain a fait construire un mur de plus de 2 000 kilomètres qui divise le territoire sahraoui en deux régions et entrave la vie normale des habitants de ces zones.
L’attaque de cette semaine a coïncidé avec le début de la 3è série de contacts informels à Mahansset, aux Etats-Unis, entre le Front Polisario et le régime marocain.
Les conversations n’ont pas été arrêtées, mais le massacre contre les Sahraouis est un signal clair du fait qu’il n’y a pas de volonté politique de la part des autorités marocaines pour avancer sur la voie d’une solution définitive.
Au milieu de ce climat, la condamnation par l’Europe, Washington et l’ONU de cette barbarie perpétrée contre des innocents, se fait toujours attendre. Jusqu’à maintenant, seuls de timides appels au calme ont été lancés malgré la gravité des événements.
L’inaction et le silence de l’Union Européenne pourraient faire penser qu’elle accorde au régime de Rabat un rôle essentiel dans le Nord de l’Afrique, tout comme Washington se sert d’Israël au Moyen Orient.
Les dictons expriment des vérités incontestables. Ceux qui se ressemblent s’assemblent.
Source : RHC