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blog des amis de Cuba en Lorraine

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Haiti : un bébé nommé FIDEL

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  Léogâne revit peu à peu. Granma

PORT-AU-PRINCE, Haïti.- Fidel est né à Léogâne, assisté par le médecin haïtien Rodez Montumaire. Cet enfant respire la santé, a affirmé le spécialiste. De son côté, Fidel se chargeait, par des pleurs puissants et persistants, de faire savoir au monde qu’il était prêt à déployer sur cette terre des énergies inépuisables.


De longues files d’attente se forment pour la consultation médicale.


C’est sa maman, Clotilde, encore haletante, qui lui a choisi son prénom. En signe de reconnaissance, a-t-elle précisé, pour les soins reçus, car elle savait déjà que son médecin avait fait ses études à Cuba, et pour elle comme pour beaucoup de Haïtiens, qui dit Cuba dit Fidel.

Les Cubains présents sur les lieux de l’accouchement ont partagé sa joie: Clotilde et Fidel nous transportaient en pensée vers l’île bien aimée, tandis que la dextérité et le dévouement du Dr Rodez nous rappelaient ce que signifie l’exercice de la médecine à Cuba: «Je sous disponible à toute heure. Nous faisons en moyenne sept ou huit accouchements par jour. La nuit dernière, je dormais quand quelqu’un est venu m’annoncer une urgence: une maman attendait devant la porte du salon de campagne. A mon arrivée, le bébé avait déjà sorti la tête. J’ai pu le prendre à temps et aujourd’hui, la mère et l’enfant sont sains et saufs.»

Rodez, le seul spécialiste en obstétrique de l’hôpital de campagne de Léogâne, parle parfaitement l’espagnol, ce qui suscite l’étonnement. «Je suis marié à une très belle femme de Santiago de Cuba, nous confie-t-il. Elle s’appelle Idelis Machado, et nous avons deux enfants à Cuba : Carlos et Liss Mariam.»

- Alors, vous êtes cubain…

- Non, je suis haïtien, mais aussi cubain…


L’HOPITAL DE LEOGANE


La ville de Léogâne se situe à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Port-au-Prince. Les secousses sismiques s’y sont fortement fait sentir le 12 janvier. Des centaines d’immeubles se sont écroulés, dont ce centre universitaire dont il ne reste aujourd’hui que trois vastes plaques de béton superposées.

Les médecins cubains sont arrivés jusqu’ici avec leur petit hôpital de campagne. Son directeur, le Dr Jorge Balceiro, explique que les soins ont débuté le 16 janvier, dans des conditions plus que précaires. Aujourd’hui, 42 coopérants y travaillent. Le premier jour, il a fallu effectuer 17 amputations, dans un climat de panique. «Le chaos était total. Aujourd’hui, nous avons une équipe de spécialistes en médecine interne, en soins intensifs, en pédiatrie, en gynéco-obstétrique, en psychiatrie, en anesthésie, en orthopédie, et nous venons tout juste de recevoir une équipe de rééducation.»

«A nous tous, nous voyons environ mille patients par jour, sur le terrain ou à l’hôpital. On s’occupe maintenant davantage de pathologies infectieuses et contagieuses, surtout chez les enfants, qui présentent des maladies diarrhéiques ou respiratoires. Nous suivons aussi les séquelles des traumatismes, en particulier les patients qui ont été blessés ou amputés», informe Balceiro.

L’équipement de l’hôpital de campagne ne laisse rien à désirer, avec un bloc opératoire, des salles pré et post-opératoires, un laboratoire clinique, des services de radiologie, d’échographie et de stérilisation.

A notre arrivée, la salle de rééducation venait tout juste d’être montée et dotée d’équipements modernes. David, Angel et Rafael, trois jeunes licenciés en thérapie physique et rééducation, commençaient à recevoir des patients, sans avoir pris le temps de se reposer de la fatigue du voyage.


LA PSYCHIATRIE AUSSI


Les médecins cubains veillent de près à la santé mentale des patients. Les peurs-paniques et les traumatismes psychologiques occasionnés par le puissant séisme (7,3 sur l’échelle de Richter) sont de plus en plus perceptibles.

Balceiro est lui-même psychiatre. Il estime que la population haïtienne a été durement éprouvée: l’angoisse, la dépression, les troubles dissociatifs sont de plus en plus notoires. Les gens ont peur d’entrer dans un espace couvert, ils craignent encore les répliques.

«Avec le temps la situation va empirer, parce que les réactions de deuil s’ajoutent à ces problèmes. Dans un premier temps, les gens ne se rendent pas compte qu’ils ont tout perdu, c’est quand ils en prennent conscience que les formes les plus sévères de dépression apparaissent.»

«Les enfants aussi nous inquiètent, poursuit le Dr Balceiro: leurs jeux sont souvent violents, ils sont irritables, agités, pleurent souvent. C’est leur manière à eux de manifester leurs troubles psychologiques.»

Une équipe de psychiatres cubains est donc venue à Haïti, dirigée par le Dr Cristobal Martinez, chef du groupe national de psychiatrie infantile. Il est vital de rendre aux enfants leur école, leurs loisirs, car le séisme a aussi emporté cela, avec le reste.


LE CAMP, A QUELQUES KILOMETRES


A la sortie de Léogâne, on voit de loin ondoyer un drapeau vénézuélien. Il indique l’emplacement du camp Simon Bolivar, où près de deux mille personnes ont trouvé refuge. Des tentes remplacent aujourd’hui peu à peu les draps soutenus tant bien que mal par des structures de fortune pour protéger les gens du soleil et de la fraîcheur nocturne.

Des dizaines de jeunes Vénézuéliens plantent des pieux pour monter de grandes tentes. Ils portent des uniformes militaires mais pas d’armes. L’Unité de la tâche conjointe de Haïti est conduite par le commandant Victor Guerrero, qui explique: «Cette unité s’est constituée sur l’ordre du commandant Chavez. Elle compte 150 soldats et sa mission est de construire des camps pour sinistrés.»

Guerrero explique que les tentes reçoivent chacune une trentaine de personnes, à peu près quatre familles. Des lits pliants et des couvertures sont distribués. Ceux qui y trouvent refuge auront accès à l’eau, à l’alimentation et aux sanitaires.

Les soins médicaux sont à la charge des jeunes du Bataillon 51. Juan Carlos Lara, de Tachira, en fait partie; il précise que les jeunes médecins appartiennent au premier groupe de médecins vénézuéliens diplômés à l’Ecole latino-américaine de médecine de Cuba.

Mais les projets vont encore plus loin: quatre nouvelles tentes en cours de montage serviront de salle de classe pour alphabétiser les illettrés. Elles seront électrifiées: les cours pourront être ainsi suivis sur les écrans de télévision. Les enseignants cubains arriveront bientôt avec des cahiers en créole et une folle envie de mettre la main à la pâte.

Il est prévu de commencer les cours ce mercredi 3 février. Granma sera présent sur les lieux. Car il nous faut revoir Lionel, Jean-Louis et Jeannette. Nous les quittons heureux d’avoir trouvé un toit, nous les retrouverons encore plus heureux de pouvoir enfin apprendre à lire et à écrire.
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