Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

blog des amis de Cuba en Lorraine

Publicité

MAPUCHES ; Grève de la faim dans une «phase critique»

photo-2464825-M.jpg
   BENITO PEREZ    

MAPUCHES - Depuis plus de deux mois, les militants indigènes emprisonnés jeûnent contre la loi antiterroriste.
Ils ne s'alimentent plus depuis le 12 juillet. Les trente-quatre détenus politiques mapuches sont «entrés dans une phase critique» de leur jeûne, alertent Victor Ancalaf et Reynaldo Mariqueo. Ces deux délégués autochtones aux Nations Unies ont rencontré mardi l'ambassadeur chilien à Genève afin qu'il convainque le gouvernement d'ouvrir une table de négociation avec les grévistes. Hier, sur la place des Nations, accompagnés de quelques dizaines de sympathisants, ils ont averti du drame qui se prépare dans les prisons chiliennes.
Après septante jours de lutte, une issue fatale devient en effet très plausible. Mardi, deux grévistes ont dû être hospitalisés dans un état grave. «Les médecins parlent de séquelles irréversibles», souligne, très inquiet, Victor Ancalaf. Ancien prisonnier politique mapuche, ce werken (dirigeant) d'une communauté agraire de la IXe Région (sud) connaît bien la situation de ses frères incarcérés. «J'ai été le premier militant mapuche à être condamné au titre de la loi antiterroriste», témoigne-t-il. Libéré il y a cinq ans, M. Ancalaf a repris le combat à la base mais plaide aussi avec force devant les instance internationales contre cette législation d'exception. Si les grévistes réclament la révision de leurs procès, c'est que cette loi datant du régime d'Augusto Pinochet «n'offre aucune garantie à la défense». En cause, notamment, la comparution de témoins cagoulés et anonymes devant des tribunaux militarisés. «Il y en avait une quarantaine rien qu'à mon audience», se rappelle Victor Ancalaf. Bien connues des militants mapuches, ces «irrégularités» demeuraient ignorées du grand public. Jusqu'à l'éclatement de la grève. Plus précisément, lorsque quatre parlementaires chiliens «ont brisé l'indifférence médiatique» en rejoignant le jeûne, note Reynaldo Mariqueo, secrétaire général du Mapuche International Link. Et si les députés ont finalement levé le jeûne à la nomination de Mgr Ricardo Ezzati il y a une semaine comme médiateur, treize personnalités de la gauche sociale les ont remplacés depuis mardi à l'appel du Front ample de solidarité avec le peuple mapuche, Montrant l'impact croissant de ce mouvement inédit dans le pays, de par son ampleur et sa radicalité. Reste qu'à court terme, le pessimisme paraît de mise. Mercredi, alors que l'évêque de Conception tentait de nouer les fils du dialogue entre grévistes et autorités, les sénateurs torpillaient l'une des dernières bouées de sauvetage. A une courte majorité, les élus de droite et de centre droite refusaient une réforme de la loi antiterroriste restreignant son application aux attaques de grande envergure contre des espaces et des biens publics ou stratégiques. Même jugée insuffisante par les indigènes, la proposition n'était pas sans impact, puisque dans la majorité des cas, les militants sont poursuivis sur plainte de propriétaires terriens ou de transnationales en conflit avec des communautés indigènes et se disant victimes d'«attentats» contre leurs biens. MM. Mariqueo et Ancalaf ne s'étonnent pas du veto du camp présidentiel. Plus encore que ses prédécesseurs, le conservateur Sebastián Piñera semble prêt à l'épreuve de force pour éviter la restitution des territoires ancestraux passés en mains d'entreprises minières, électriques ou forestières. L'an dernier, rapporte Reynaldo Mariqueo, «durant sa campagne électorale, Piñera avait déclaré que le Chili nécessitait une seconde 'pacification'. C'est une allusion terrible quand on sait que ce terme renvoie à l'écrasement militaire des Mapuches et à l'annexion de leur territoire au XIXe siècle!» BENITO PEREZ

Source ; le courrier

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article