blog des amis de Cuba en Lorraine
Chers compatriotes,
Le 14 juin dernier, ceux qui se prétendent les maîtres du monde ont inclu Cuba sur une de ces listes arrogantes du département d'Etat US où notre pays est accusé de participer au trafic des êtres humains et, calomnie gratuite, de promouvoir le tourisme sexuel. Le 16 juin, de nouvelles mesures cruelles de blocus en vue d'asphyxier l'économie sur laquelle repose la vie de notre peuple ont été proclamées. Ces deux nouvelles infamies de l'administration nord-américaine me contraignent d'adresser un message au président des Etats-Unis.
M. Bush,
Aucun pays au monde n'offre autant de protection physique et morale, autant de santé et autant d'éducation à ses enfants que Cuba. Vous devriez savoir qu'il meurt plus d'enfants aux Etats-Unis, dans leur première année de vie, qu'à Cuba. La totalité des enfants et des adolescents de notre pays, y compris ceux qui souffrent d'un handicap mental ou physique, vont à l'école et font des études.
Comment pouvez-vous ignorer que la moyenne d'élèves par salle de classe et par professeur est de trente aux Etats-Unis, alors qu'elle est inférieure à vingt à Cuba, et que les résultats scolaires de nos élèves dépassent d'ores et déjà ceux de n'importe quel pays développé?
Nos services de santé ont élevé l'espérance de vie de chaque enfant de moins de 60 ans en 1959, selon des estimations, à 76,13.
Malgré le blocus que vous nous imposez et l'effondrement du camp socialiste, le chômage à Cuba n'est que de 2,3%, un taux largement inférieur à celui de votre pays qui est le plus riche et le plus industrialisé du monde.
Vous devriez avoir honte de tenter d'asphyxier économiquement le peuple qui, en butte depuis plus de quatre décennies à un blocus et à une guerre économique, à des agressions armées et à des actions terroristes, est capable de réaliser de telles prouesses. Vous n'avez rien de tel à montrer chez vous.
Vous vous efforcez d'étrangler notre économie et vous menacez de faire la guerre au pays dont vingt mille médecins prêtent leurs services aujourd'hui dans soixante-quatre pays du tiers monde, aux endroits les plus reculés. Bien que vous disposiez des ressources de la puissance la plus riche de la Terre, votre administration n'en a pas envoyé un seul, contrairement à Cuba.
Le génocide que représente le décès de plus de dix millions d'enfants et de plusieurs dizaines de millions d'adultes suite aux formes les plus variées de pillage et de vol auxquelles les pays du tiers monde sont soumis à travers l'ordre économique mondial que les pays riches ont imposé au détriment de 80% des habitants de notre planète, devrait peser sur votre conscience, ainsi que sur celles des dirigeants des Etats les plus riches.
Quelqu'un de votre entourage devrait vous informer de ces problèmes et de ces vérités, au lieu de vous gaver sans cesse d'intrigues et de mensonges.
Nombre de Cubano-américains pensent déjà à un vote sanction
En ce qui concerne Cuba, vous vous laissez entraîner par la croyance fanatique que votre réélection de novembre dépend du soutien d'une mafia foncièrement terroriste de vieux émigrés et de leurs descendants, dont une partie importante provient du groupe de criminels de guerre et de voleurs du régime de Batista qui se sont réfugiés aux Etats-Unis, y emportant leur butin et y jouissant de l'impunité. D'autres se sont enrichis grâce aux services qu'ils ont prêtés pendant longtemps sous forme d'actes de terrorisme et d'agressions qui ont coûté bien du sang à notre peuple. Ces groupes sont toujours plus discrédités et chaque fois moins influents. Tout le monde se rappelle ce qu'il s'est passé en Floride aux dernières élections où ils ont commis de nombreuses fraudes ce sont de vrais experts dans cet art et où vous n'avez remporté la victoire que par cinq cent dix-huit voix. Je ne veux pas vous humilier en fouillant davantage dans ce thème sordide et désagréable. Je préfère me borner à vous dire en toute franchise que les erreurs auxquelles vous pousse votre compromission avec cette mafia risquent d'être décisives, mais à l'inverse, aux prochaines élections.
Le peuple nord-américain en a désormais par-dessus la tête de l'influence éhontée que ces groupes exercent sur la politique extérieure et intérieure d'un pays si important. Votre dépendance envers ces groupes finira par vous ôter bien des voix, non seulement en Floride, mais dans tout le pays.
Quand vous prohibez aux Nord-Américains de voyager à Cuba en les menaçant d'une répression brutale, vous violez un principe constitutionnel et un droit dont ils se sont toujours sentis fiers. Et vous révélez par là votre peur politique.
Alors que Cuba a ouvert sans hésitation ni peur ses portes, sauf très rares exceptions, aux émigrés pour qu'ils visitent leur pays d'origine, alors qu'elle les a même autorisés récemment à le faire autant de fois qu'ils le souhaiteraient sur simple présentation d'un passeport valide à renouveler tous les deux ans, vous appliquez au contraire des mesures impitoyables et inhumaines contre les familles cubaines qui les considèrent comme un outrage à leur culture et à leurs traditions ancestrales. Autoriser les Cubains vivant aux USA, nationalisés ou non, à ne plus pouvoir rendre visite à leur famille et seulement la plus proche - qu'une fois tous les trois ans, même si ces proches sont au bord de la mort, est d'une cruauté inqualifiable. Nombre de Cubano-Américains pensent déjà à un vote sanction.
Une «transition politique» à Cuba?
Pour des raisons foncièrement électorales, vous moquant des résolutions votées par la quasi-totalité des membres des Nations unies, vous venez d'adopter de nouvelles mesures de rétorsion économique encore plus brutales contre le peuple cubain, des mesures qui soulèvent l'indignation de l'opinion publique mondiale et de l'immense majorité de l'opinion publique nord-américaine.
Le pire dans votre politique maladroite et insensée contre Cuba, c'est que votre groupe de proches conseillers et vous-même avez déclaré, sans la moindre pudeur, votre volonté d'imposer de force ce que vous appelez la «transition politique à Cuba» au cas où je mourrais au poste que j'occupe actuellement, et de faire tout votre possible, selon vos propres aveux, pour la hâter au maximum. Vous savez très bien ce que cela veut dire en langage mafieux.
Votre manque de scrupules a été jusqu'à annoncer que les premières heures seront décisives. Vous avez l'idée d'interdire à tout prix, quelles que soient les circonstances, qu'une nouvelle direction politique et administrative prenne en charge la conduite de notre pays, ignorant résolument la Constitution cubaine, les facultés réservées à l'Assemblée nationale du pouvoir populaire et à la direction de notre parti, et les fonctions que la loi fondamentale et les plus hautes institutions du peuple concèdent comme dans n'importe quel autre pays du monde à ceux qui occupent les responsabilités pertinentes qu'ils doivent exercer sur-le-champ.
Et comme votre idée ne peut se concrétiser qu'en dépêchant des troupes pour occuper des points clefs de notre pays, vous proclamez par là ouvertement votre dessein d'intervenir militairement.
Sachez que votre marche sur Cuba ne sera pas facile du tout. Notre peuple résistera à vos mesures économiques, quelles qu'elles soient. Quarante-cinq ans de lutte héroïque face au blocus et à la guerre économique, aux menaces, aux agressions, aux plans d'assassinat de dirigeants, aux sabotages et au terrorisme, loin de l'affaiblir, ont renforcé la Révolution.
Des dizaines d'années de sale guerre, de sabotages et de terrorisme où vos amis actuels de Miami se sont particulièrement distingués n'ont pu faire plier Cuba.
L'effondrement du camp socialiste en Europe et la disparition de l'URSS, ce qui nous a privés de marchés, de combustibles, d'aliments et de matières premières, face à un blocus renforcé par les lois Torricelli et Helms-Burton, n'ont pas ébranlé le peuple cubain, et ce qui semblait impossible a eu lieu: nous avons résisté! Si quelque chose est bel et bien dans le sang même et dans les traditions des patriotes cubains, et ce depuis la dernière guerre contre le colonialisme espagnol où ils attaquèrent, épuisèrent et vainquirent les 300.000 soldats de l'Espagne, c'est cet esprit consistant à lutter contre l'impossible et à vaincre.
Ma disparition pour des causes naturelles ou autres n'entraverait absolument pas, en cas d'invasion de notre pays, notre capacité de lutte et de résistance dans les conditions actuelles de Cuba . Il y a en chaque chef politique et militaire de n'importe quel niveau, en chaque soldat, un commandant en chef potentiel qui sait ce qu'il faut faire et, dans des circonstances données, chaque homme peut même devenir son propre commandant en chef.
Vous ne disposerez pas d'un jour, d'une heure, d'une minute ni même d'une seconde pour empêcher le relais immédiat de la direction politique et militaire de notre pays. Les ordres relatifs à ce qu'il faut faire sont déjà donnés. Chaque homme et chaque femme occupera son poste de combat sans perdre une seconde.
Je peux vous certifier que vous ne gagneriez jamais cette guerre. Vous ne ferez pas face ici à un peuple divisé, à des ethnies opposées ou à de profonds clivages religieux, et vous ne verrez pas de généraux félons à la tête de nos troupes: vous vous heurterez à un peuple solidement uni par une culture, par des sentiments solidaires et par une uvre sociale et humaine sans précédent dans l'Histoire. Vous ne vous couvrirez pas de gloire en engageant une action militaire contre Cuba.
Notre peuple ne renoncera jamais à son indépendance, ne renoncera jamais à ses idéaux politiques, sociaux et économiques.