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blog des amis de Cuba en Lorraine

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Octobre, le mois des prix (Parlez-en aux oies...)

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Delph Berg

Jacques Lanctôt

Le mois d’octobre a été fertile en prix de toutes sortes. Ainsi, l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, ancien communiste et aujourd’hui bien connu pour ses prises de position contre Cuba, Chavez et toute la mouvance de gauche en Amérique latine, a reçu le prix Nobel de littérature, tandis que le Cubain Guillermo Fariñas, qui s’était fait connaître pour sa grève de la faim qu’il n’a pas su mener jusqu’à la fin, a reçu le prix Sakharov que le Parlement européen décerne pour la troisième fois, depuis sa création, à ce qu’on appelle «la dissidence cubaine». Rappelons que ce prix de 50 000 euros est accordé pour récompenser «ceux qui luttent contre l’intolérance, le fanatisme et l’oppression».

On aurait pu, par exemple, l’accorder au président bolivien Evo Morales qui a su avec courage défendre, envers et contre tous (comprenez la plus grande puissance militaire au monde, les États-Unis), la cause du peuple aymara, majoritaire dans son pays et lui redonner sa dignité bafouée pendant des centaines d’années par les colonialistes européens et nord-américains. Rappelons qu’entre 70 et 80 millions d’indigènes (oui, oui, vous avez bien lu!) appartenant aux civilisations aztèque, maya, inca, aymara, tupi-guarani, mapuche, chibcha, timote, aruak et karib, ont été exterminés par les conquérants venus de cette même Europe qui aujourd’hui accorde le prix Sakharov : Espagnols, Portugais, Français, Anglais, Hollandais et Danois. Sans parler des 45 millions d’Africains qui ont été enlevés de leurs terres et séquestrés pour servir d’esclaves pour ces mêmes Européens qui aujourd’hui donnent des leçons de « democracy » à ceux qui osent relever la tête et réclamer plus de justice et de liberté.

On aurait pu le donner au président brésilien sortant, Luiz Inacio Lula da Silva, ouvrier modeste issu du milieu syndical, qui a mis en place, entre autres, d’ambitieux et historiques programmes pour sortir de la misère quelque 45 millions d’indigents de son pays, comme le programme «Faim zéro» («la faim tue 20 fois plus que le sida») qui propose de réduire le fléau de la faim dans son pays, ou le programme «Ma maison, ma vie» qui vise à donner un toit à tous les sans abris, qui sont légions.

On aurait pu donner le prix à un autre Brésilien, beaucoup plus connu que le Cubain Fariñas : Frei Betto, un dominicain et un théoricien de la théologie de la libération latino-américaine, qui a été emprisonné pendant quatre ans pour ses idées. Il a écrit une cinquantaine d’ouvrages divers et s’est engagé activement dans le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre. Un détail, quoi! À 66 ans, Frei Betto est aujourd’hui toujours actif et il est demeuré fidèle à ses rêves de jeunesse.

On aurait pu le donner au journaliste franco-catalan Ignacio Ramonet, qui, à 67 ans, dirige aujourd’hui la version espagnole du Monde diplomatique et qui a été un des fondateurs du mouvement Attac et du Forum social mondial. Heureusement, on n’a pas attendu en vain que les cerveaux de droite du prix Sakharov examinent son cas, et on a remis, il y a quelques jours à Barcelone, le prix de journalisme Antonio Asensio à ce brillant intellectuel pour son incessant combat pour la liberté et la justice. Personne n’en a parlé dans les journaux, bien évidemment. Ignacio Ramonet est pourtant un «dissident» connu, mais contrairement à la blogueuse Yoani Sanchez, il s’en prend à ce système d’exploitation responsable de la faim, de la pauvreté et des guerres dans le monde. Il se situe, par conséquent, du côté des perdants qui luttent toujours pour leurs libertés fondamentales.

On aurait pu le donner à Fidel Castro qui, du haut de ses 84 ans, continue de dénoncer le ministère de la Guerre qui siège à Washington et de mettre en garde l’humanité contre les dangers d’une guerre nucléaire. On lui doit, entre autres, la méthode d’alphabétisation Yo si puedo, qui a contribué à l’alphabétisation de millions de personnes sur plusieurs continents, de même que le Programme intégral de santé avec l’envoi de quelque 40 000 médecins cubains dans le Tiers Monde, dont à Haïti, et la création de l’École latino-américaine de médecine (ELAM) qui a formé gratuitement des milliers de jeunes aspirant à une carrière médicale et provenant des milieux défavorisés un peu partout dans le monde, y compris des États-Unis. Un autre détail quoi.

Source : Canoë.ca

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