blog des amis de Cuba en Lorraine
Photos : slate.fr
L’ONU et des organisations humanitaires ont lancé un appel urgent à la communauté internationale pour accélérer l’aide à Haïti, assiégé par un ouragan qui pourrait causer des dégâts considérables à une population qui vit pratiquement dans l’abandon.
Le cyclone, appelé Tomas, se déplace par les eaux tièdes de la Caraïbe où il pourrait gagner en force avant de frapper l’île de l’Hispaniola, qu’Haïti partage avec la République Dominicaine.
C’est justement en Haïti où les risques sont plus grands étant donné qu’après le tremblement de terre du 12 janvier, il y a entre un million et demi et deux millions de personnes qui vivent sous des tentes, qui n’offrent aucune garantie de sécurité en cas de vents forts et pluies intenses.
Le coordonnateur de l’aide humanitaire de l’ONU en Haïti, Nigel Fisher a fait savoir que des refuges d’urgence, de l’eau potable, des aliments, des médicaments et des produits sanitaires sont nécessaires.
Il faut en avoir, autant que possible avant l’arrivée de l’ouragan, qui, selon les pronostics, devra arriver en Haïti, cette fin de semaine.
Le problème c’est que les ressources existant dans ce pays caribéen sont insuffisantes et s’épuisent, notamment après l’épidémie de choléra qui est venue aggraver la situation déjà assez critique de ce pays.
Jusqu’à présent le choléra a tué plus de 300 personnes. Le nombre de personnes atteintes se monte à quelque 5 000. Elles sont soignées dans des hôpitaux où tout manque, car l’aide promise après le séisme de janvier n’arrive pas et que les promesses ne sont restées que des promesses.
La reconstruction de la capitale est très lente. Les montagnes de décombres s’accumulent, il y a encore des bâtiments semi détruits. Les gens n’ont pas où aller. Le passage de Tomas aurait donc de sévères conséquences.
Depuis longtemps on insiste sur la nécessité de transférer les campements de survivants du séisme à des endroits plus sûrs, mais le problème est toujours le même : les ressources manquent pour y parvenir.
Les pertes du tremblement de terre dépassent 12 milliards de dollars et moins de 25% de la totalité de l’aide promise par les pays donateurs, sont arrivés en Haïti.
Se référant récemment aux nouveaux besoins créés par l’épidémie de choléra en Haïti, le directeur de l’Office des Nations Unies pour la Coordination des questions humanitaires, le Russe Rachid Jaloux, a rappelé aux pays développés que nous vivons tous dans un village global. Il a signalé que la crise économique ne peut pas être un prétexte pour oublier les plus faibles.
Face à cette chaîne de tragédies, rappelons qu’Haïti était le pays le plus pauvre de notre continent, avec une longue histoire d’instabilité politique, de dictatures et d’interventions militaires étrangères comme celles des Etats-Unis en janvier et février 1914, en juillet 1915, qui s’est étendue jusqu’en 1934 et finalement celles de 1994 et 2004, toutes, au nom, prétendument, de la sécurité et de la démocratie, des interventions qui n’ont apporté à ce pays aucun signe de progrès et de développement.
Aucune nation ne se détruit elle seule sans la complicité d’autres pays. Il est temps que ceux qui ont été les complices et les responsables de tant de misère, rendent à Haïti ne serait ce qu’un peu de ce qu’ils lui ont volé, notamment en ce moment où ce pays est aux abords d’une nouvelle tragédie, en moins d’un an.
Seront-ils capables de répondre à l’appel urgent qui a été lancé ? Nous le saurons dans quelques jours.
Source : RHC