blog des amis de Cuba en Lorraine
Les élections de mi mandat qui ont eu lieu hier aux États-Unis nous permettent d’ébaucher dès maintenant le paysage politique qui va avoir une prédominance durant les 2 prochaines années dans cette nation, au milieu duquel l’extrême droite et le Parti conservateur auront un poids essentiel.
Certes, les Démocrates ont réussi à éviter la débâcle totale et ont conservé la majorité simple au Sénat, mais cela est dû dans une large mesure au fait que 40 sièges qui étaient en leur pouvoir, n’étaient pas en dispute à cette occasion.
435 sièges de la Chambre des Représentants étaient en jeu, de même que 36 postes de sénateurs sur un total de 100 qui forment la dite Chambre Haute. Les électeurs étasuniens ont également élu 37 des 50 gouverneurs des états.
Les résultats ne sont pas encore définitifs, mais on sait d’ores et déjà que le Parti Républicain aura une bonne majorité des représentants. Ils pourraient être au nombre de 245, contre 190 démocrates.
Cela signifie que Nancy Pelosi sera remplacée en tant que leader de cette chambre par le représentant républicain d’Ohio, John Boehner. Le Parti du Président Barack Obama perdra également le contrôle sur la Commission des Affaires étrangères et même si la Maison Blanche conserve de nombreuses prérogatives dans ce domaine, elle devra supporter de nouvelles pressions concernant des questions telles que l’Afghanistan ou Israël ou le contrôle des armes atomiques.
Il faut s’attendre à une contre-attaque farouche des conservateurs contre des initiatives telles que la réforme de santé, qui avec ces changements timides, est considéré comme un succès personnel d’Obama et a éveillé la haine de l’extrême droite.
Ne parlons pas de la réforme migratoire, qui n’a pas pu avancer lorsque les démocrates avaient le contrôle total du Congrès, encore moins si les chambres sont divisées et que les Républicains gagnent du terrain.
Il faut signaler que la manœuvre médiatique cherchant à rendre coupable l’administration actuelle de la stagnation de l’économie, de la persistance du chômage et du mécontentement social a bien fonctionné et a obtenu les résultats escomptés.
Elle a réussi à effacer de la mémoire publique la vérité sur les origines de la crise financière globale, à savoir qu’elle est le résultat des mesures prises par l’ex président George Bush fils et qu’Obama n’a fait qu’essayer d’administrer le désastre.
Le mécontentement d’un grand nombre de gens qui s’étaient fait des illusions avec la promesse de “Oui, nous pouvons” et ont cru que l’arrivée à la Maison Blanche du premier président noir dans l’histoire des Etats-Unis était le préambule d’une époque de transformations profondes.
La “tiédeur dont le Président Obama a fait montre durant les deux premières années de son mandat est venue prouver qu’il y a aux États-Unis des pouvoirs plus grands que celui du président.
D’autres questions ont fait l’objet d’un vote ce mardi aux États-Unis comme l’approbation dans l’État d’Oklahoma de l’anglais en tant que langue officielle, ce qui porte un grand préjudice aux immigrants et aux membres des communautés indiennes étant donné qu’à partir de maintenant toutes les démarches, les documents et formulaires et les demandes devront être faites en cette langue.
Il s’agit sans doute d’une autre manifestation des tendances racistes et xénophobes qui ne cessent de grandir et de s’étendre un peu partout aux Etats-Unis.
Dans l’Etat de Californie, où le Démocrate Jerry Brown remplacera le Républicain Arnold Schwarzenegger, l’initiative pour légaliser la marihuana a échoué.
Bref, la vague des Républicains et le renforcement des positions de l’extrême droite sont un phénomène préoccupant qu’il faudra observer de très près.
Source : RHC