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blog des amis de Cuba en Lorraine

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Les leçons du G 20

Vendredi 03 Avril 2009

Par Anthony BONDAIN
De Boursier.com, toutes les infos
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>>Un vent d'enthousiasme, sans doute un peu candide, s'est emparé des médias après la conclusion du sommet du G20 tenu hier à Londres. La réunion s'est terminée en apothéose sur le "nouvel ordre mondial" annoncé par Gordon Brown. Au-delà des déclarations générales, quels sont les enseignements majeurs qui se sont dégagés? Tour d'horizon.

Hu Jintao et la Chine sont sortis renforcés du G20.

 Les Etats-Unis sont-ils toujours le nombril du monde?
Le sommet était l'occasion pour le nouveau Président américain Barack Obama de passer son premier gros test international. La rupture avec l'ère Bush, voire avec la politique américaine initiée depuis Ronald Reagan, semble consommée. "Dans un monde aussi complexe qu'il l'est désormais, il est très important pour nous de fonder des partenariats, et non d'imposer des solutions", a affirmé lors du sommet le dirigeant américain. Barack Obama a d'ailleurs mis en pratique ses déclarations puisqu'il avait renoncé à demander au G20 de fixer un objectif sur les relances fiscales, devant l'opposition du couple franco-allemand.

Alors certes, l'attitude du Président américain est en partie dictée par la nécessité, car son pays ne peut plus légitimer à l'échelle internationale sa domination sans partage par sa toute-puissance financière: les ressources américaines sont désormais tournées vers le colossal plan de relance concocté par son administration. En outre, cette crise, la plus grave, on l'a assez lu, depuis la Seconde guerre mondiale, est celle de la finance à l'anglo-saxonne. Or la dérégulation a servi depuis plusieurs années la stratégie des Etats-Unis pour accroître la "financiarisation" de l'économie, donc leur propre influence. Nicolas Sarkozy a estimé jeudi que le sommet du G20 scellait la fin du modèle anglo-saxon de marché. C'est sans doute très excessif, exagérément optimiste diraient certains, mais les Etats-Unis ont à coup sûr perdu de l'influence.

Le FMI est-il un véritable gagnant du sommet?
"Les dirigeants du G20 ont envoyé aujourd'hui un message fort: la communauté internationale est déterminée à soutenir ces pays, y compris en veillant à ce que le FMI dispose des ressources nécessaires", a déclaré Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du fonds, après le sommet. A première vue, l'organisation a tout gagné en obtenant un triplement de ses ressources. Le FMI disposera immédiatement de 250 milliards de dollars supplémentaires pour mener à bien ses missions, grâce aux engagements du Japon, de l'Union Européenne et de la Chine. Ce montant sera par la suite porté à 500 milliards de dollars par d'autres contributions.

En outre, le Fonds pourra émettre de nouveaux "Droits de Tirage Spéciaux", l'unité de compte propre à l'organisation basée sur un panier de devises incluant le dollar, le yen, l'euro et la livre sterling, pour apporter 250 milliards de dollars de liquidités internationales supplémentaires. Ce changement de dimension à 1 000 milliards de dollars permettra au FMI d'apporter davantage de soutien aux maillons faibles de l'économie mondiale, et, à brève échéance, de rassurer sur sa capacité d'aide aux pays d'Europe de l'Est notamment, sévèrement secoués par la crise et identifiés par de nombreux économistes comme une menace majeure pour la stabilité mondiale.

Le communiqué du FMI est tout en sobriété après ce plébiscite mondial. Le Fonds est beau joueur, puisqu'un an plus tôt, les grandes nations l'avaient vertement tancé dans un contexte tendu marqué par les scandales et une baisse des prêts aux économies en difficultés. "Il y a un an, les mêmes pays avaient forcé le FMI à lancer une série de réductions budgétaires très préjudiciables... Maintenant on demande au FMI de revenir à la rescousse. Je pense que la motivation du jour est 'Oups, désolé. S'il vous plaît, revenez aider les pays avec beaucoup d'argent'", a ironisé l'ancien chef-économiste du Fonds, Simon Johnson, cité par l'Agence Bloomberg.

L'influence de l'organisation sera également accrue par un élargissement de sa base décisionnaire aux nations dont l'expansion économique le justifie. Dans son communiqué final, le G20 s'est dit attaché à la réforme des quotes-parts telle qu'annoncée en avril 2008, qui devrait être mise en place début 2011. Nul doute que les pays "BRIC" (Brésil, Russie, Inde, Chine) acquerront davantage de pouvoir, ainsi qu'ils l'ont appelé de leurs voeux lors d'un sommet commun 15 jours auparavant. Cela ira de pair avec la hausse de leurs contributions, logique au regard de leur croissance sur l'échiquier mondial.

La Chine a-t-elle gagné de nouveaux galons internationaux?
Indubitablement, Pékin a su tirer les marrons du feu lors du sommet. Ce ne sont pas les Etats-Unis mais bien la Chine qui a apporté la rallonge nécessaire (40 milliards de dollars) au doublement des ressources immédiates du FMI, aux côtés du Japon et de l'Europe (100 milliards de dollars chacun). Il y a peu, Washington se serait sans doute opposé à cette innovation, pour éviter de diluer son emprise financière et donc décisionnaire sur le Fonds. Il semble que cette contribution eut été débloquée en échange d'un engagement du G20 à réformer rapidement le FMI, ce qui, nous l'avons vu, a été le cas.

La Chine devrait donc jouer un rôle grandissant au sein de l'organisation, à la mesure de son expansion économique. Elle devrait devenir rapidement l'un de ses principaux bailleurs de fonds, et y accroître en conséquence son pouvoir décisionnaire. Dans un article intitulé "G20, Les gagnants et les perdants", le quotidien britannique The Telegraph assigne un 8 sur 10 à la Chine au sortir de la réunion, la meilleure note devant la France (7/10, pour la gestion du sommet "à l'ancienne" de Nicolas Sarkozy), alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont en queue de peloton avec 6/10. Le "nouvel ordre mondial" annoncé par Gordon Brown jeudi est peut-être là: le début d'une passation de pouvoir entre les Etats-Unis et la Chine pour le leadership mondial, après un règne sans partage de Washington si ce n'est depuis la fin de la première guerre mondiale, au moins depuis la chute du Mur de Berlin.


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