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blog des amis de Cuba en Lorraine

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Honduras : Zelaya rejette les élections et la proposition de Micheletti


L’OEA se réunit pour étudier de nouveaux moyens de pression

La veille de son départ pour Washington où il va participer à l’assemblée générale de l’OEA, le président constitutionnel du Honduras, José Manuel Zelaya Rosales, a donné une conférence de presse pour réaffirmer qu’il rejetait la dernière proposition de Micheletti ainsi que le lancement de la campagne électorale. Une réponse forte est attendue de la part des pays membres de l’OEA suite à l’échec de la mission interministérielle s’étant rendue à Tegucigalpa la semaine passée. De nouvelles mesures devront être prises contre le gouvernement de facto de Roberto Micheletti. / Giorgio Trucchi, Rel-UITA*, 1 septembre 2009.

 

« Micheletti tu n'es pas mon président ». Le peuple

« Cela fait maintenant plus de soixante jours que le peuple hondurien résiste héroïquement. C’est un fait sans précédent dans notre pays, et qui en dit long sur sa capacité d’organisation, sur les principes et les valeurs qui sont défendus par notre peuple. Le peuple résiste alors qu’il fait face à la répression, à la torture, aux assassinats et à la persécution politique et médiatique », a déclaré Manuel Zelaya, manifestant sa solidarité avec le peuple hondurien, victime de la répression.

« Cette souffrance, produit de la résistance, va nous garantir un avenir où nous n’aurons plus à souffrir comme par le passé, quand, après les coups d’États et les dictatures militaires, passaient des décennies avant le retour de notre démocratie ».

Début de campagne électorale

Le 31 août, le Tribunal suprême électoral (TSE) a officiellement lancé la campagne qui doit aboutir aux élections présidentielles du 29 novembre 2009.

Pour les organisations du Front national contre le coup d’État, la communauté internationale et le président Manuel Zelaya, ce processus électoral a débuté dans l’illégalité et ne peut être reconnu à l’échelle internationale. L’ex-ambassadeur du Honduras auprès de l’OEA, Carlos Sosa, est en train de rédiger une résolution pour que les 33 pays membres rejettent ce qui semble être une nouvelle tentative du gouvernement de facto de légitimer le coup d’État et les autorités qui sortiraient élues de ce processus.

D’après des déclarations de Washington, le rejet du processus électoral hondurien serait un des moyens de pression de l’OEA sur le gouvernement de facto de Roberto Micheletti, devant son inamovible posture quant à l’Accord de San José. Cet accord, que Micheletti a de nouveau refusé de signer la semaine dernière, prévoit entre autres points, le retour de Manuel Zelaya à son poste de président et la restauration des pouvoirs de l’État tels qu’ils étaient conformés avant le 28 juin 2009, jour du coup d’État.

Selon Manuel Zelaya, « la communauté internationale s’est déjà prononcée sur le fait qu’un régime putschiste et illégal, qui réprime et qui viole les droits humains, ne peut organiser et appeler à une élection ».

« Leurs élections sont illégitimes et illégales. Les personnes qui seront élues au cours d’un tel processus n’auront aucune légitimé pour exercer leurs mandats auprès du peuple et de la communauté internationale. Ma restitution et celle de la démocratie sont des conditions sine qua non pour pouvoir mettre en œuvre une élection propre, transparente et démocratique ».

« En tant que président de la République du Honduras, je dénonce devant le monde entier cette stratégie arbitraire qui, pour essayer de légitimer le coup d’État, s’appuie sur une élection frauduleuse pour tromper le peuple. Nous ne voulons pas d’élection à feu et à sang », a conclu Manuel Zelaya ».

Micheletti propose une double démission

D’après des sources de l’OEA, le président de facto Roberto Micheletti a remis à la Commission ministérielle de l’OEA la semaine dernière, une contre proposition à l’Accord de San José. Dans ce document, Micheletti se déclarait prêt à quitter son poste (de facto), si le président Zelaya abandonnait ses intentions de revenir à la présidence, laissant cette charge à une tierce personne. Micheletti laissait également la porte ouverte à une possible amnistie des supposés délits commis par Zelaya.

En conférence de presse, Manuel a Zelaya a répondu : « Nous rejetons tout type de proposition qui mette à mal et qui supplante la souveraineté du peuple. Seul le peuple peut choisir son président, et le peuple hondurien m’a élu pour que je sois son président jusqu’à la fin de mon mandat ».

« Le gouvernement putschiste donne des signes de faiblesse, il est en train de payer les nombreuses erreurs qu’il a commises. Micheletti reconnaît qu’il ne peut tenir un jour de plus. Il doit se retirer le plus vite possible, et respecter la volonté du peuple ».

« Notre rejet du régime putschiste est total, mais nous ne fermons pas la porte à la signature de l’Accord de San José pour autant. Celui-ci demande ma restitution afin de faire respecter la souveraineté nationale. Usurper notre souveraineté constitue un délit de haute trahison », a conclu le président du Honduras, Manuel Zelaya.

* Regional Latinoamericana de la Unión Internacional de Trabajadores de la Alimentación, Agrícolas,  Hoteles, Restaurantes, Tabaco y Afines (Rel-UITA)

Article initialement publié en espagnol par Rel-UITA : Zelaya rechaza elecciones y propuesta de Micheletti

Texte traduit et publié en français par info sud tél
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