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blog des amis de Cuba en Lorraine

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3)" Le blocus n’est pas seulement illégal : il est moralement insoutenable. "Rapport de Cuba sur la Résolution 63/7 de l’Assemblée Générale des Nations Unies


« Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique »

La Havane (Cuba)


3.2 PRÉJUDICES CAUSÉS PAR LE BLOCUS À D’AUTRES SECTEURS DE L’ÉCONOMIE CUBAINE

Secteur de la construction. D’avril 2008 à mars 2009, ce secteur a subi de pertes de l’ordre de 47,2 millions de dollars, ce qui a eu des retombées négatives sur les plans prévus et sur le relèvement du pays frappé par trois cyclones en 2008.

_ Cuba a dû faire face à une situation complexe en matière de construction et de réparation de plus de 600 000 logements touchés par les cyclones, dont 90 958 totalement détruits. Or, le blocus empêche l’exécution des plans de construction, de conservation et de réparations de ces logements, car il fait obstacle aux importations de matériaux, de produits, d’outillages et d’engins de construction, ainsi que de matières premières destinées à la fabrication de matériaux. Les pertes infligées aux programmes de construction de logements ont été calculées à 7,3 million de dollars.

- De mars 2008 a abril 2009 la société de commercialisation IMECO, importatrice de matériaux et de production de construction destinés aux logements, a subi des pertes de 2,3 millions de dollars à cause de la différence de prix sur des marchés lointains et du coût du risque/pays.

- La société MATCO, importatrice de matériaux de construction, doit à cause du blocus faire plus de 80 p. 100 de son commerce en Europe et en Asie, ce qui provoque des retards dans ses opérations et des préjudices à toutes les activités économiques internes dépendant de ces livraisons. Les délais requis entre le début des démarches d’importations et l’arrivée des produits à Cuba s’étendent considérablement : en moyenne, onze mois, au lieu de cinq mois si la société pouvait se fournir aux USA.

- La société de commercialisation IMECO, dans l’impossibilité d’importer des composants électriques des marques étasuniennes Westinghouse et Cuttler Hammer, a dû réaliser cette opération à travers un intermédiaire, CONYAL S.A, ce qui a renchéri les coûts d’achat.

- Les sociétés cubaines susmentionnées, qui ont présenté des demandes d’offres à des compagnies étasuniennes comme Ring Power Corporation et Spears Co., y compris à leurs filiales, pour acheter des tuyauteries, des accessoires intérieurs et extérieurs en PVC, des wagons pour la construction, n’ont jamais reçu de réponses par crainte de sanctions découlant de la politique du blocus.

On trouvera ci-après un exemple de l’extraterriorialité du blocus dans le secteur de la construction :

- La société Siemens (Division Ciment) – installée au Danemark – a refusé, au motif du blocus, de vendre un équipement pour la nouvelle cimenterie de Santiago de Cuba, si bien qu’il a fallu choisir un fournisseur moins fiable et introduire un matériel non standardisé par rapport à toutes les autres cimenteries du pays, sans parler des coûts financiers plus élevés pour stockage.

L’industrie sucrière cubaine a souffert des pertes de 127,5 millions de dollars durant la période recensée. Rien qu’au titre du repositionnement des marchés d’importations d’engins agricoles, le pays a dû verser 76 millions de dollars de plus.

- En 2008, la production sucrière a perdu à cause du blocus 162 799 tonnes, soit 44,7 millions de dollars aux cours actuels du marché, parce que la politique étasunienne a empêché d’acheter des roulements spéciaux, des emballeuses, des métaux, des pièces détachées pour l’industrie, des lubrifiants et des huiles pour la réparation des équipements destinés à la production. À quoi il faut ajouter les obstacles à l’achat de camions, de remorques, de pneus, d’engins, de pièces et d’accessoires de locomotives, tous produits indispensables à l’industrie sucrière.

La Société d’aéronautique civile de Cuba n’a pas échappé aux méfaits du blocus. En voici quelques exemples :

- L’aviation civile cubaine continue de se heurter à de graves obstacles pour encaisser le montant des services qu’elle prête aux lignes aériennes étasuniennes qui opèrent depuis et vers les USA pour utilisation de l’espace aérien cubain. Ainsi, la ligne aérienne étasunienne Spirit Airlines s’est vu infliger une amende de cent mille dollars pour avoir payé à Cuba les services qu’implique l’utilisation de son espace aérien.

- La compagnie aérienne Cubana de Aviación S.A. n’ayant pas l’autorisation de survoler les USA, le détour que ceci implique dans le cadre de ses huit cents vols depuis le Canada jusqu’au centre et à l’Est de Cuba a entraîné des pertes d’au moins 2,4 millions de dollars.

- De même, les Étasuniens n’ayant toujours pas le droit de se rendre à Cuba, le manque à gagner pour les compagnies aériennes cubaines et étasuniennes pour non-desserte de l’itinéraire correspondant et pour non-prestation d’autres services aéroportuaires se monte à 193 832 538 dollars.

Le secteur de la science, de la technologie et de l’environnement a aussi été touché par le blocus étasunien.

- Ainsi, le Bureau cubain de la propriété industrielle (OCPI) éprouve des difficultés à payer le Bureau de l’OMPI à Genève au titre des demandes de brevets internationaux, car Crédit suisse et Union des banques suisses (UBS) ont refusé de réaliser les opérations correspondantes au motif de l’extraterritorialité des dispositions du blocus.

Le secteur de l’informatique et des communications a aussi été touché durement par le blocus, y compris par les restrictions qu’imposent les USA à l’accès à Internet.

- Cuba ne peut se connecter à Internet au débit approprié et à la largeur de bande requise, dans la mesure où, à cause du blocus, elle doit passer par des connexions satellitaires très coûteuses et à capacités limitées. Ce problème serait réglé si elle pouvait se brancher, sans conditions ni exigences discriminatoires, sur les câbles sous-marins à fibre optique qui passent à quelques kilomètres de ses côtes, ce que les autorités étasuniennes ne permettent toujours pas.

- Cuba n’a pas le droit d’accéder aux services qu’offrent nombre de sites web, ce refus d’accès se produisant quand l’ordinateur reconnaît que la liaison est établie à partir d’une adresse Internet (IP) octroyée au domaine cubain .cu. On ne constate ce refus qu’à partir de connexions faites depuis Cuba. On a toutefois détecté un cas où le refus de connexion avec Cuba se produit indépendamment du lieu de connexion : le site de l’agence de voyages AMADEUS (http://www.amadeus.com.

- En mai 2009, la société étasunienne Microsoft a bloqué son service Windows Live à Cuba. Quand il tente de se connecter à ce service, le cybernaute cubain peut lire l’avis suivant : « Microsoft ayant coupé l’accès à Windows Live Messenger IM aux usagers de pays soumis à un embargo des Etats-Unis, il n’offrira plus ce service à votre pays. »

On trouvera ci-dessous quelques exemples d’autres sites web interdits d’accès au domaine .cu :

1. Cisco Systems (technologies pour connexion, routeurs pour serveurs d’accès à Internet, dont des équipements pour vidéo numérique) : http://tools.cisco.com/RPF/register.do.
2. SolidWorks (système automatisés de conception) : http://www.solidworks.com/sw/termsofuse.html.
3. Symantec (logiciel de protection antivirus) : http://www.symantec.com/about/profile/policies/legal.

- L’Empresa de Telecomunicaciones de Cuba S.A. (ETECSA) a essuyé des pertes d’environ 53, 7 millions de dollars durant la période analysée, dues essentiellement au fait qu’elle ne peut accéder au marché étasunien pour acheter des équipements spécialisés, des pièces détachées et d’autres articles nécessaires à son bon fonctionnement, ce qui la contraint à chercher des intermédiaires qui renchérissent énormément les produits. Durant cette période, ETECSA a dû débourser 96 100 dollars de plus que prévus pour pouvoir disposer d’un plus grand stock de pièces détachées et garantir ses services.

L’industrie touristique cubaine n’échappe aux effets négatifs du blocus, le manque à gagner ayant été chiffré autour de 1 214 500 000 dollars.

- L’Office of Foreign Assets Controle (OFAC), rattaché au département du Trésor, a continué d’empêcher les transactions commerciales en rapport avec l’offre touristique cubaine, dont les services offerts à travers Internet, parmi lesquels les services de réservations, l’achat de billets, de logement, de location d’aéronefs et les opérations relatives au tourisme de croisière et nautique. L’an dernier, l’OFAC a interdit à GDS SABRE de continuer de prêter des services globaux de distribution de réservations de chambre dans des hôtels cubains gérés par des chaînes étrangères.

- Selon les prévisions de l’American Society of Travel Agents (ASTA) – qui coïncident avec celles d’autres sources liées au tourisme international, en particulier dans les Caraïbes – la quantité de touristes et de plaisanciers étasuniens qui auraient pu passer des vacances à Cuba en 2008, n’était la prohibition de leur gouvernement, a été calculée à 1,75 million, ce qui aurait rapporter à l’industrie touristique cubaine au moins 1 200 000 000 dollars, y compris compte tenu d’une diminution des dépenses de ces touristes à cause de la crise économique en cours depuis l’année dernière.

- Les lignes aériennes canadiennes doivent remettre aux autorités étasuniennes, soixante-douze heures à l’avance, une information sur les passagers dans des vols traversant les USA, ce nouveau contrôle permettant à l’OFAC de contrôler les Étasuniens se rendant à Cuba sans autorisation.

- À la suite de la traque étasunienne, les sociétés touristiques cubaines ne peuvent pas non plus passer des annonces publicitaires dans les meilleurs systèmes de service web, comme Google, Yahoo et MSN, tous étasuniens. Durant la période analysée, l’administration étasunienne a continué de limiter et d’entraver au maximum l’accès de Cuba au commerce électronique et aux transactions basées sur les cartes de crédit.

- Le blocus interdit l’achat d’équipements, de pièces, de parties et d’accessoires aux États-Unis et à leurs filiales et succursales dans d’autres pays, ainsi que de technologies et de services de marques étasuniennes connus des touristes, ce qui renchérit les livraisons à l’industrie touristique cubaine : prix plus élevés, stocks accrus, augmentation du fret et taux d’intérêt élevés sur les crédits.

L’industrie lourde, base importante de l’industrie nationale, est constamment harcelée par la politique de blocus, celle du nickel continuant d’être l’une des branches les plus traquées et poursuivies à ce titre. Durant la période analysée, l’industrie a essuyé des pertes pour 62,9 millions de dollars, dont 45,8 millions découlant de préjudices causés aux exportations, car il est interdit d’importer aux USA tout produit élaboré en tout ou partie avec des matières premières cubaines, même s’il est fabriqué dans un pays tiers.

Une société cubaine de l’industrie lourde a présenté une pétition à la société étasunienne ARMSTRONG EQUIPMENT en vue d’acheter un moulin microniseur ou module de broyage, très utile dans les mines. Le fournisseur éventuel n’a jamais répondu.

On trouvera ci-dessous des exemples d’extraterritorialité à l’égard de cette industrie :

- Minxia Non-Ferrous Metal Inc., subsidiaire de la société chinoise Minmetals, s’est vue infliger par l’OFAC une amende de 1 198 000 dollars pour avoir vendu sans autorisation des métaux cubains (nickel) de 2003 à 2006.

- L’administration Obama vient d’imposer une amende de 110 000 dollars à la société Varel Holdings, spécialisée dans la fabrication de tarières pour forages pétroliers, pour avoir exporté des technologies à Cuba. Selon l’OFAC, de juin 2005 à juin 2006, « une filiale étrangère de Varel Holdings a réalisé onze exportations de biens dans lesquelles Cuba ou un ressortissant cubain était impliqué•. Il s’agit là de l’amende la plus forte infligée durant l’exercice fiscal actuel.

- Le 30 avril, l’OFAC a fait savoir qu’elle avait infligé une amende de 2 000 dollars à la société étasunienne EFEX Trade LLC pour avoir sans autorisation prêté des services d’envois de fonds familiaux impliquant Cuba.

- En juillet 2008, la société Platte River Associates de Boulder (Colorado) a été accusée de « commerce avec l’ennemi » pour avoir censément transféré des technologies à Cuba, concrètement d’avoir livré un logiciel technique spécialisé d’ordinateur et de formation à l’informatique utilisé ensuite pour créer un modèle d’exploration et de développement potentiel de pétrole et de gaz dans les eaux territoriales cubaines, sans avoir reçu l’autorisation pertinente du département du Trésor. Les cadres de cette société pourraient se voir infliger des peines de jusqu’à dix ans de privation de liberté.

- La filiale brésilienne de la société Purolite n’a pas pu vendre des résines cationiques sélectives pour nickel et cobalt à l’Institut cubaine de science et de technologie des matériaux (IMRE) en vue d’en tester l’emploi dans le traitement des latérites, ce qui entraînerait, en cas de succès, des augmentations importantes dans la récupération de nickel et cobalt, ainsi qu’une réduction des coûts de production. La direction régionale de Purolite pour l’Amérique latine a affirmé qu’ « en tant que société étasunienne, elle n’a pas le droit de nouer des relations commerciales avec Cuba ».

Les préjudices causés par le blocus à l’industrie sidérurgique et de constructions mécaniques sont évalués à 38 164 000 dollars. Ce manque à gagner aurait pu permettre d’acheter 139 284 réfrigérateurs ou 1 173 423 tôles galvanisées permettant de couvrir 49 261 logements de 70 mètres carrés chacun.

Le blocus renchérit la matière première destinée à la fabrication d’équipements médicaux. Ainsi, les pertes concernant l’achat d’acier dans des régions plus éloignées se sont montées à 96 500 000 dollars, cette somme ayant permis de fabriquer les dix-sept lave-mains à pédale ou fémoraux nécessaires au service de néonatologie de la maternité Docteur Eusebio Hernández qui offre des services à une grande population, ou de répondre aux besoins des urgences de l’hôpital pédiatrique Juan Manuel Márquez, ces produits étant indispensables aux blocs opératoires de ces hôpitaux.

- L’extraterritorialité du blocus a porté préjudice à la société cubaine ACINOX quand elle a voulu acheter un transformateur de 124 MW MVA pour la sous-station électrique de 220 kv d’Antilla de Acero. Quand elle a voulu l’acheter dans un pays latino-américain, la société Siemens a réagi : « Nous ne pouvons pas vendre à Cuba car, bien que société allemande, nous suivons certaines règles étasuniennes. »

- Quelque chose de similaire est survenu en janvier 2009 : la société ALCOA-Espagne a refusé une requête d’achat de profilés d’aluminium de la société de commercialisation cubaine ALCUBA, la réponse ayant été la suivante : « En réponse à votre demande d’information sur des livraisons d’aluminium, nous tenons à vous faire savoir que, société dont le siège social est aux USA, il ne nous est pas permis de satisfaire votre demande à cause des restrictions actuelles au commerce avec Cuba. »

L’industrie légère a aussi été touchée directement par le blocus. D’avril 2008 à avril 2009, les pertes ont été calculées à 18 700 000 dollars.

- La société CETRO, l’union Suchel et la société TEXORO de l’Union textile ont subi des pertes d’autour de 1,9 million de dollars pour retard dans l’arrivée d’intrants destinés à la fabrication de savons de toilette et de ménage, entre autres produits, ce retard découlant de la nécessité d’acheter sur des marchés lointains.

4. OPPOSITION À LA POLITIQUE DE BLOCUS GÉNOCIDAIRE

La communauté internationale a prêté une attention accrue ces derniers mois aux relations bilatérales entre les USA et Cuba, ce qui indique que la demande de levée du blocus et de cessation de la politique hostile contre un petit pays est plus forte et solide que jamais.

Le 29 octobre dernier, pour la dix-septième fois consécutive, l’Assemblée générale des Nations Unies a voté à une majorité écrasante et plus élevée que jamais la résolution 63/7 intitulée : « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique ».

Ainsi donc, 185 États membres de l’Assemblée générale ont de nouveau appelé catégoriquement l’administration étasunienne à mettre fin à cette politique illégale et génocidaire contre le peuple cubain, cet appui de la communauté internationale étant dans le droit fil de son refus de l’application de mesures économiques, commerciales et financières unilatérales à effets extraterritoriaux et contraire au doit international et aux principes de la Charte des Nations Unies.

De nombreuses voix s’élèvent dans le monde contre cette politique inhumaine. En voici quelques exemples pour la période analysée :

- Le 16 mai 2008, le Cinquième Sommet Amérique latine et Caraïbes/Union européenne, tenu à Lima (Pérou), a adopté une déclaration dont l’un des paragraphes signale : « Nous repoussons fermement toutes les mesures de nature unilatérale et à effet extraterritorial qui seraient contraires au droit internationale et aux normes de libre-échange généralement acceptées. Nous sommes d’accord que ces pratiques représentent une grave menace au multilatéralisme. Aussi, et en référence à la résolution A/RES/62/3 de l’Assemblée générale des Nations Unies, réaffirmons-nous nos positions bien connues sur l’application des dispositions extraterritoriales de la loi Helms-Burton. »

- Le 3 octobre 2008, les chefs d’État ou de gouvernement du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), réunis à la Sixième Conférence au sommet (Ghana), ont adopté la Déclaration d’Accra dans laquelle ils « condamnent le recours à des mesures coercitives unilatérales, telles que les sanctions illégales adoptées contre certains pays en développement dans le but de les empêcher d’exercer leur droit de décider de leur système politique, économique et social, et ils repoussent l’application de lois et de mesures unilatérales et extraterritoriales contraires au droit international, telle la loi Helms-Burton. »

- Le 8 décembre 2008, les chefs d’État ou de gouvernement de Cuba et des pays constituant la Communauté des Caraïbes (CARICOM), réunis à leur Troisième Sommet, ont adopté une déclaration dans laquelle ils exhortent à « la levée du blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba », et pressent instamment « l’administration étasunienne à écouter l’appel de l’immense majorité des membres des Nations Unies et à lever sans retard le blocus économique, commercial et financier injuste qu’elle impose à la République de Cuba et à cesser d’appliquer les mesures adoptées le 6 mai 2004. »

- Le 17 décembre 2008, les chefs d’État ou de gouvernement d’Amérique latine et des Caraïbes, réunis à leur Premier sommet sur l’intégration et le développement, ont adopté une Déclaration spéciale sur la nécessité de lever le blocus économique contre Cuba, repoussant « de la manière la plus énergique l’application de lois et de mesures contraires au droit international, telle la loi Helms-Burton… ont exhorté le gouvernement des États-Unis d’Amérique à mettre fin à leur application… et à respecter les disposition des dix-sept résolutions successives adoptées par l’Assemblée générale des Nations Unies et à lever leur blocus économique, commercial et financier contre Cuba. »

- Les pays de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA) ont repoussé à maintes reprises et catégoriquement le blocus imposé à Cuba par les USA. À leur Sommet de Cumaná (Venezuela), le 17 avril 2009, les chefs d’Etat ou de gouvernement ont réitéré leur condamnation du blocus économique, commercial et financier des USA contre Cuba et repris à leur compte « la déclaration que tous les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont adoptée le 16 décembre 2008 sur la nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique, dont l’application de la loi dite Helms-Burton. »

- Les ministres des Affaires étrangères du Mouvement des pays non alignés, à l’occasion de la Réunion du Bureau de coordination du Mouvement tenue à La Havane du 27 au 30 avril 2009, « ont une fois de plus réitéré leur appel au gouvernement des États-Unis d’Amérique pour qu’il mette fin au blocus économique, commercial et financier contre Cuba qui, outre le fait qu’il est unilatéral et contraire à la Charte des Nations Unies et au droit international et au principe de bon voisinage, cause de lourdes pertes matérielles et de graves dommages économiques au peuple cubain. Ils ont une fois encore demandé instamment le strict respect des résolutions 47/19, 48/16, 49/9, 50/10, 51/17, 52/10, 53/4, 54/21, 55/20, 56/9, 57/11, 58/7, 59/11, 60/12, 61/11, 62/3 et 63/7 de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ils ont exprimé leur profonde préoccupation devant l’amplification du caractère extraterritorial du blocus contre Cuba et rejeté le renforcement des mesures adoptées par le gouvernement des États-Unis qui visent à resserrer ce blocus, ainsi que toutes les autres mesures appliquées récemment par le gouvernement des États-Unis contre le peuple cubain. »

- À leur Sixième Sommet extraordinaire, les chefs d’État ou de gouvernement de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique/Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP), tenu à Maracay (Venezuela) le 24 juin 2009, « ont ratifié leur condamnation absolue du blocus économique, commercial et financier des Etats-Unis contre Cuba et ont réitéré leur demande qu’il soit levé sans retard et inconditionnellement. »

L’opposition au blocus grandit aussi significativement aux USA mêmes.

Le 8 mai 2008, la Commission de tourisme et des voyages de la Chambre des représentants a adopté une résolution dans laquelle elle demandait au président Bush, à la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et au Congrès de lever les restrictions aux voyages à Cuba, en particulier depuis l’Alabama.

Le 27 mai 2008, The Washington Post a publié un article intitulé « La folie du blocus contre Cuba », dans laquelle Eugene Robinson qualifiait cette politique d’ « incroyablement stupide… infantile, irresponsable et contre-productive ».

Du 23 au 25 septembre 2008, la société Zogby Internacional et Diálogo Interamericano ont fait un sondage auprès de 2 700 électeurs étasuniens probables sur différents points concernant l’Amérique latine. Au sujet de Cuba, ce sondage a montré qu’environ 60 p. 100 des personnes étaient d’avis que les Usa devaient réviser leur politique et permettre le commerce avec ce pays, et 68 p. 100 étaient d’accord pour que tous les Étasuniens puissent voyager dans l’île.

Le 17 octobre 2008, la revue Science prônait dans un éditorial signé par le secrétaire des Relations internationales de l’Académie des sciences de Cuba et son homologue étasunien la levée des restrictions aux échanges universitaires et savants.

Le 24 octobre 2008, Alberto Rodríguez, représentant de la société médico-pharmaceutique canadienne Cari Med Canadá Trading Inc., qui participait au Huitième Congrès centraméricain et caribéen d’anesthésiologie, de réanimation et de douleur, tenu à La Havane, a dit : « Les autorisations qu’émettent les départements étasuniens du Trésor et du Commerce pour pouvoir vendre des produits à Cuba sont extrêmement restreintes et tombent dans des détails très poussés. » Selon lui, on leur demande des informations tout à fait absurdes. Il a aussi qualifié cet acte de « criminel, génocidaire et barbare » car il empêche Cuba d’avoir accès à des équipements médicaux et à des articles nécessaires pour sauver des vies humaines.

En novembre 2008, le Groupe d’étude sur Cuba (GEC) et la Brookings Institution ont financé un sondage réalisé par l’Université internationale de la Floride durant trois semaines ayant suivi les élections présidentiels en vue de mesurer l’opinion des Cubano-Américains sur la politique étasunienne envers Cuba.

Selon cette enquête, 65 p. 100 était d’accord pour qu’on en revienne, en matière d’envois de fonds familiaux, aux conditions existant avant 2003 ; 66 p. 100 appuyait le rétablissement des voyages, et 67 p. 100 souhaitait la suppression des restrictions imposées aux Étatsuniens. 79 p. 100 jugeait que le blocus n’avait pas fonctionné et 55 p. 100 demandait qu’il soit levé. 65 p. 100 était en faveur du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays et 79 p. 100 estimait que les gouvernements devaient nouer un dialogue direct sur des points d’intérêt mutuel.

Le 4 décembre 2008, un groupe d’organisations et d’associations en rapport avec le commerce, les voyages et l’agriculture a adressé au président-élu Barack Obama une lettre intitulée : « Réexaminer la politique des USA envers Cuba » dans laquelle il lui demandait d’aller au-delà des promesses électorales et de la réviser plus largement ; la lettre était signée de représentants autorisés de douze organisations, dont la Fédération agricole des USA, l’American Society of Travel Agents (ASTA), la Chambre de commerce des USA, le Conseil national du commerce extérieur et USA Engage. Ce même jour, l’ASTA demandait au président-élu de lever toutes les restrictions aux voyages à Cuba.

Le 23 février 2009, le bureau du sénateur Richard Lugar, républicain de l’Indiana, divulguait un document intitulé : « Changer la politique envers Cuba dans l’intérêt national des États-Unis » et le distribuait au Sénat et notamment aux membres de sa commission des relations extérieures.

Après avoir reconnu l’échec de la politique étasunienne envers Cuba, le rapport donne une série de recommandations, parmi lesquels il faut signaler : remplacer la pose de conditions dans l’approche étasunienne par un rapprochement ou un engagement progressif ; lever les restrictions aux voyages et aux envois de fonds de la part de Cubano-Américains ; réviser les lois Torricelli et Helms-Burton, ainsi que les rapports de la Commission présidentielle pour une aide à Cuba libre ; renouer les conversations bilatérales, établir des stratégies de coopération en matière de migration et de lutte contre les drogues, et assouplir les mesures appliquées dans le domaine économique.

Le 23 février 2009, quatorze législateurs adressaient une lettre à Obama pour soutenir « le libre-échange entre Cuba et les USA », au motif des avantages économiques qu’il apporterait aux deux pays.

Comme on peut le constater, un éventail toujours plus ample de l’opinion publique étasunienne perçoit la nécessité d’opérer un changement fondamental dans la politique de la Maison-Blanche par rapport à Cuba, où la levée du blocus économique, commercial et financier constituerait un facteur clef.

CONCLUSIONS

La conduite de l’administration étasunienne d’octobre 2008 – date de l’adoption de la résolution 63/7 – à mai 2009 confirme qu’elle n’a fait aucun pas significatif en vue de lever le blocus économique, commercial et financier qu’elle impose à Cuba. Au contraire, elle continue de ne faire aucun cas de la volonté de l’Assemblée générale, puisque de nombreuses actions de sa part ne font que renforcer cette politique de blocus.

Les préjudices économiques directs causés au peuple cubain par le blocus économique, commercial e financier jusqu’en décembre 2008 ont été calculés au plus bas à plus de 96 milliards de dollars, soit 236 221 000 000 de dollars aux cours actuels du dollar. Ce chiffre exclut les dommages directs causés à des cibles économiques et sociales par les sabotages et les actes terroristes encouragés, organisés et financés depuis les USA.

Le blocus économique, commercial et financier reste le principal obstacle au développement économique et social de Cuba, et à son relèvement après les trois cyclones qui l’ont dévastée en 2008.

Le blocus viole le droit international ; il est contraire aux buts et principes de la Charte des Nations Unies. Il constitue une transgression du droit à la paix, au développement et à la sécurité d’un État souverain. Il est, par son essence et ses objectifs, un acte d’agression unilatérale et une menace permanente à la stabilité d’un pays. Il constitue une violation flagrante, massive et systématique des droits de tout un peuple. Il viole aussi les droits constitutionnels du peuple étasunien en restreignant sa liberté de voyager à Cuba. Il viole en plus les droits souverains de nombreux autres États par sa nature extraterritoriale.

Bien que la communauté internationale ne cesse de réclamer toujours plus un changement de politique envers Cuba, la levée du blocus et la normalisation des relations bilatérales, la nouvelle administration étasunienne d’Obama n’a absolument rien changé à la politique de blocus.

Le blocus n’est pas seulement illégal : il est moralement insoutenable. Il n’existe aucun autre système de sanctions unilatérales similaire maintenu depuis si longtemps contre aucun autre pays du monde. Les États-Unis doivent donc le lever sans plus de retards ni de prétextes.

Fuentes: RHC, AIN, GRANMA, TRABAJADORES, JUVENTUD REBELDE, PL, REUTER, EFE, IPS, ANSA, AFP, XINHUA, TASS, DPA, AP.
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