blog des amis de Cuba en Lorraine

par Frank Jack Daniel
TEGUCIGALPA, 12 octobre (Reuters) - Une dégradation significative de la situation des droits de l'homme est perceptible au Honduras depuis la destitution du président Manuel Zelaya par l'armée et l'instauration du gouvernement de facto, estiment des associations humanitaires.
Depuis trois mois, au moins une dizaine de morts suspectes ont été signalées tandis que les forces de sécurité se livreraient à des passages à tabac et feraient un usage inconsidéré de leurs armes à feu.
Pour l'instant, le gouvernement de fait n'a reconnu que la mort de trois personnes lors de manifestations.
Au mois de septembre, Amnesty International a mis en garde contre le risque de voir le Honduras se transformer en un Etat où la police et l'armée agiraient en dehors des lois et sans respect des droits de l'homme.
La répression contre les partisans de Zelaya s'est intensifiée depuis que le président déchu a réussi à revenir clandestinement dans son pays et à se réfugier à l'ambassade du Brésil le 21 septembre.
L'association hondurienne Cofadeh a indiqué avoir enregistré une série de cas où la police a fait usage de pistolets dans des quartiers pauvres de Tegucigalpa.
Des coups de feu ont été entendus la nuit alors qu'était en vigueur de le couvre-feu décrété par le président de facto Roberto Micheletti.
Le couvre-feu a été levé mais Micheletti a adopté un décret autorisant l'armée et la police à réprimer les manifestations. Ces ordres ont été suivis d'effets et les forces de sécurité ont montré de l'empressement dans l'exécution de leurs tâches utilisant des gaz lacrymogènes même lors de manifestations de moindre importance.MESSAGE DE MENACE
Le chef de la police de Tegucigalpa, Leandro Osorio, a démenti les abus et a accusé les associations d'inspiration de gauche de pencher en faveur de Zelaya.
"Ils vont dire qu'il y a des tas de blessés dans les hôpitaux mais cela est faux", a dit Osorio.
La violence gouvernementale n'est pas comparable à celle qui prévalait dans certains Etats sud-américains à l'époque des régimes militaires, ni au Guatemala et au Salador lors des guerres civiles dans les années 80.
Mais pour Bertha Oliva, fondatrice de l'association Cofadeh avec son marié enlevé en 1982, la situation est peut-être pire aujourd'hui.
"Avant ils cachaient les morts. Maintenant, ils agissent en public, défiant ouvertement les principes des droits de l'homme", dit-elle.
Deux jours après le retour de Zelaya, la police a tiré des gaz lacrymogènes dans les locaux de l'association où environ 150 personnes étaient réunies pour signaler des violences commises par les soldats.
"La situation des droits de l'homme au Honduras s'est détériorée de manière substantielle dans le sens où les contrôles et la répression des manifestations ont augmenté d'une manière exponentielle", affirme Luz Patricia Mejia, présidente de la commission inter-américaine sur les droits de l'homme basée à Washington.
Une étudiante en médecine, qui a tenu à rester anonyme, raconte que la semaine passée, elle et des partisans de Zelaya ont reçu un message de menace sur leurs téléphones portables. "Un bon communiste est un communiste mort", disait le texte. (version française Pierre Sérisier)