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Le Président bolivien, Evo Morales,a reçu des indiens Amautas andins l’investiture de leader d’ Abya Yala, nom que reçoit notre continent dans la cosmovision des populations indiennes, fortement liée à l’équilibre entre la vie de l’être humain et la société avec la nature.
Abya Yala est un terme de l’ethnie panaméenne Kuna et signifie « Terre en pleine maturité » et, depuis plusieurs années, sur proposition du dirigeant aymara Takir Mamani, il est utilisé par les populations autochtones dans tous leurs documents et déclarations orales au lieu du nom Amérique, imposé par les colonialistes.
Au cours d’une cérémonie solennelle qui s’est tenue dans la ville ancestrale de Tihuanaco, située à quelques 70 kilomètres de La Paz, Evo Morales et le Vice-président Alvaro García Linera, ont reçu la bénédiction des sages, qui ont fait des invocations pour que le second mandat qui a commencé officiellement vendredi, soit favorable au pays et à toute la région.
Les Amautas sont les sages, les philosophes, les prêtres, les politiciens, les scientifiques, les ingénieurs, les artistes, les constructeurs qui, pendant des millénaires ont été chargés de la sauvegarde et de la transmission des valeurs culturelles, sociales et éthiques de la société indienne.
Après l’irruption des puissances européennes et la persécution dont ont fait l’objet toutes les traditions et les connaissances ancestrales, les sages ont tout fait pour les maintenir vivantes.
L’accession du premier président indien en Bolivie a permis de jeter les bases pour que ces idées, mœurs et formes d’organisation sociale en relation harmonique avec leur entourage, fleurissent et deviennent un exemple et une alternative au milieu de la grave crise environnementale que traverse la planète.
Le fait d’avoir recueilli dans la Constitution les droits de la mère terre, considérée en même temps comme un être vivant et source de la vie, est un trait distinctif de cette pratique.
De plus, pour la première fois une Assemblée Législative Plurinationale a été mise en place en Bolivie. Toutes les communautés boliviennes y sont représentées et ont le doit de s’exprimer.
Ainsi donc, un jour avant son investiture formelle, Evo Morales a reçu le bâton de commandement des mains du Président du conseil des Amautas, Lucas Choque Apaza, qui a fait des vœux pour que toute la force et l’énergie millénaires le guident dans l’accomplissement de son devoir à la tête de l’Etat plurinational.
Cette cérémonie a une grande signification historique et politique. Pour la première fois dans notre continent, les populations autochtones font partie des structures de pouvoir et de prise de décisions.
Un peu plus de 500 ans après l’irruption des Européens, les indiens boliviens redeviennent maîtres de leurs vies et ils le font munis d’un trésor précieux de connaissances accumulées au fil des siècles. Ces connaissances pourraient parfaitement bien receler la formule du salut de notre espèce et de la planète.
C’est ce qu’a relevé Evo morales qui a signalé que la Bolivie sera, aux côtés des autres peuples, toujours debout et jamais à genoux, ouvrant les portes d’une nouvelle époque ou tout ce qui a trait aux temps coloniaux fait partie, progressivement, des méandres de l’histoire pour céder la place à tout ce qui a un caractère plurinational, et qui constitue un concept beaucoup plus solide et large en raison justement de la richesse de sa diversité.
« Nous sommes ici pour servir la Bolivie et pour apporter quelque chose au salut de l’humanité et du monde » a relevé Evo Morales qui a repris pour son gouvernement un vieux proverbe indien qui a guidé son éducation et dont il a relevé qu’il est fier : « Ne ment pas, ne vole pas, ne sois pas faible ».