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blog des amis de Cuba en Lorraine

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Le néolibéralisme, rêve perdu de Fukuyama

Néstor Núñez cubainfo
Nous aimerions savoir à quelles conclusions arriverait aujourd’hui Francis Fukuyama – celui qui, après la chute du mur de Berlin, nous avait annoncé la fin de l’histoire – à la lecture des résultats de l’enquête récemment réalisée par la britannique BBC afin de connaître les critères de l’opinion publique mondiale sur « le capitalisme de libre marché ».
N’oublions pas que, pour Fukuyama et pour certains autres qui partageaient ses analyses, le néolibéralisme devait constituer l’état final de la société humaine, l’objectif longuement attendu et  la fin de l’histoire. 
Pourtant, comme le chantait Carlos Gardel, « vingt ans, ce n’est rien ». Les partisans du néolibéralisme globalisé sont en train de s’en rendre compte.


L’enquête de la BBC nous  apprend  que  seulement  11 %  du  total des 29 000
personnes interrogées sous diverses latitudes affirment que le capitalisme fonctionne correctement.


Toutes les autres, c'est-à-dire 89 % des personnes enquêtées, opine qu’il serait
nécessaire d’apporter des modifications importantes au système ou tout simplement le remplacer par un autre. Près de 23 % d’entre eux ont été d’accord pour qualifier de « pervers » le pouvoir absolu du capital.


Il ne s’agit pourtant pas là d’une enquête réalisée majoritairement auprès d’africains souffrant de la faim ou victimes de luttes intestines impulsées par des entreprises ou des pays étrangers. Les opinions des palestiniens massacrés par le sionisme n’ont pas été demandées, pas plus que celles des irakiens ou des afghans obligés de supporter l’intervention d’une armée étrangère.


Les enquêteurs n’ont pas demandé l’opinion des colombiens qui voient la souveraineté de leur pays cédée à Washington, ni celle des honduriens soumis au fascisme, ni celle des vénézuéliens bolivariens, ni celle des cubains victimes du blocus.


Les personnes qui ont répondu au questionnaire étaient, pour la plupart, des français, des allemands, des britanniques, des nord-américains, et seulement quelques uns d’entre eux provenaient du tiers monde. 


Le plus frappant, c’est que, dans 22 des 27 pays dans lesquels s’est réalisée
l’enquête, une majorité écrasante demande à l’état d’intervenir directement dans l’économie afin de mettre un terme aux désordres créés par les patrons d’entreprises, par les spéculateurs boursiers ou financiers et, plus généralement,  par tous les responsables principaux des mille et une crises qui, aujourd’hui, étouffent le capitalisme international.


Ces opinions vont à l’opposé des postulats du néolibéralisme qui, lui, ne veut rien savoir d’interventions gouvernementales dans le monde des affaires. 


Attention. Il ne faut pas oublier que, lorsque a éclaté la bombe économique qui a marqué le début de la crise actuelle et qui a déstabilisé tout le système, certains chefs d’états qui ne se caractérisent pourtant  pas par leurs idées progressistes, comme par exemple le président français Nicolas Sarkozy, ont rapidement avancé l’idée d’un « capitalisme réformé ».


Pendant ce temps ce « diable subversif » de Karl Marx est devenu en un clin d’œil l’auteur le plus lu en Europe.

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