blog des amis de Cuba en Lorraine
Cancun, au Mexique.
La première étape du 14è sommet de l’ONU sur le changement climatique a pris fin dans la station balnéaire de Cancun avec beaucoup de bruit et très peu de résultats : à peine un texte informel sur la coopération à long terme qui n’a fait qu’augmenter les critiques et les divergences entre les participants.
Le document a été rédigé dans les termes ambigus qui prédominent depuis le sommet de l’année dernière à Copenhague où l’on a parlé de “libérer”, jusqu’en 2020, quelque 100 milliards de dollars pour aider les pays en voie de développement à faire face aux conséquences du changement climatique, mais sans dire d’où va sortir l’argent et comment il va être administré.
Au terme d’une semaine de négociations intenses, mais stériles, ce qui résulte est un climat de déception. Il ne reste que l’espoir que la phase ministérielle et celle de chefs d’état ou de gouvernement, soit plus productive.
Le représentant brésilien, Luiz Alberto Figueiredo a déclaré au terme de la première semaine, qu’il était temps d’avoir une idée de comment la réunion allait se terminer, mais l’attitude de plusieurs négociateurs, qui ont refusé d’aller au delà des instructions reçues, a freiné tout le processus.
Comme pour en finir avec les illusions de nombreuses personnes, le Prix Nobel de Chimie en 1995, le Mexicain Mario Molina, a assuré que les États-Unis ne vont pas signer d’engagements concernant le changement climatique et les émissions de gaz à effet de serre, à cause, entre autres choses, des modifications du climat politique après les législatives du mois de novembre.
Mario Molina, a expliqué que dans ce pays du nord il n’y a pas de conscience claire sur les dangers du réchauffement global et qu’un grand nombre d’hommes politiques insistent à dire qu’il s’agit de mensonges ou d’exagérations des scientifiques.
Les augures pessimistes sur un sommet, dont le monde aurait pu se passer compte tenu de ses résultas, se sont accentués lorsque le Japon a assuré depuis le début, que dans un premier temps, il ne signera pas une extension du Protocole de Kyoto qui, bien qu’insuffisant, est le seul instrument légal pour lutter contre les dommages de la contamination.
Ce document a été adopté en 1997 ; il est entré en vigueur en 2005 et il arrive à échéance à la fin 2012. Si une formule n’est pas trouvée pour l’améliorer et l’élargir, la planète sera menacée par un danger imminent.
Tout semble indiquer que ce ne sera pas le sommet de Cancun qui trouvera cette formule. Tout y est confus, à commencer par le titre: 16è Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, de telle sorte que le monde préfère l’appeler par ses sigles :COP16.
Il faudra attendre les discours des présidents, qui commencent ce mardi. Le premier ministre de la Grenade, Tillman Thomas, y prendra la parole pour parler des risques que courent les petits pays insulaires, menacés de disparaître à cause de l’élevation du niveau de la mer, sans que jusqu’à présent la communauté internationale, ait prêté des oreilles réceptives à cette situation.
Le Président de Colombie, Juan Manuel Santos, devait, lui aussi, parler demain. Il a dû annuler sa participation au sommet à cause de la tragédie causée par les pluies intenses qui ont d’ores et déjà causé 174 morts, et auxquelles il faut ajouter les victimes du récent éboulement qui a enseveli quelque 150 personnes dans la banlieue de la ville de Medellin.
Si l’on veut encore des preuves de ce que le changement climatique peut entraîner, la situation en Colombie et au Venezuela est douloureusement illustrative.
Malheureusement, Cancun ne sera pas une référence dans l’histoire, mais une étape de plus, dont la seule leçon à tirer sera, dans les meilleurs des cas, qu’il n’est de pire aveugle, que celui qui ne veut pas voir.
Source : RHC