blog des amis de Cuba en Lorraine
10 mai 2010
Peut-on maintenir une population en relativement bonne santé et lui donner une espérance de vie tout à fait respectable, en consacrant à la santé… treize fois moins d’argent par habitant qu’au Québec ?
Oui ! Voyez ce qui se fait à Cuba, qui a beaucoup à nous apprendre à ce chapitre, affirme Paul Drain, chercheur à l’École de médecine de l’Université Stanford, en Californie, dans l’édition du 30 avril du magazine Science.
Avertissement au Dr Bolduc ou au prochain ministre de la santé : il y a là des idées à regarder sérieusement !
À Cuba, l’espérance de vie est d’environ 78 ans, contre 81 ans au Canada. Le pays affiche un des plus bas taux de mortalité infantile de tous les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, et le plus grand nombre de médecins par habitant (59 médecins pour 10 000 personnes). Selon le chercheur, l’état de santé des Cubains se compare à celui de nombre d’habitants de pays beaucoup plus riches.
En 2006, les dépenses de santé de Cuba s’élevaient à 355 dollars par habitant, soit 7,1% du produit intérieur brut.
En comparaison, le Québec a consacré plus de 12 % de son PIB à la santé en 2009 selon les chiffres présentés dans le dernier budget (pdf). Soit plus de 4 800 dollars par habitant.
Comment Cuba réussit-elle à garder sa population en bonne santé sans se ruiner? En consacrant beaucoup plus d’efforts à l’éducation en santé, à la prévention et aux soins de première ligne, des mesures peu coûteuses mais très payantes, et en proportion beaucoup moins à la médecine «technologique».
À Cuba, indique Paul Drain, 97% des diplômés en médecine suivent un programme de résidence de trois ans en médecine familiale. Les deux tiers d’entre eux resteront médecins de famille.
Les soins de première ligne sont offerts via 498 polycliniques qui desservent chacune entre 25 000 et 30 000 personnes. Elles supervisent aussi de 20 à 40 «consultorios». Ces petites cliniques familiales de quartier s’assurent que chaque Cubain voit un médecin de famille au moins une fois par an, sur place ou à domicile. Gratuitement.
Voilà qui semble plus emballant qu’une franchise-santé, non ?