Par José Martí Traduit par Jacques-François Bonaldi
Scéne 2
Abdallah:
En fin, mon bras puissant à l'ardeur guerrière Pourra faire tournoyer le rude cimeterre ! Et mon noble coursier - ah, Dieu, qu'il ne me faille !- Pourra caracoler au feu de la bataille ! Enfin, mon jeune front verra la renommée ! C´est moi qui sauverai ma patri angoissée, Moi qui arracherai le peuple à l´oppresseur Qui, déjà, le malmène et le voue au malheur ! Ainsi, c´est à mes pieds, défenseurs de Nubie, Que le tyran vaincu gémira pour sa vie ! Et les lâches qui l'aident et tous ceux qui le vantent Devant nos moulinets gémiront d'épouvante, Et leurs superbes fronts, au bruit de nos alfanges, Et leurs âmes altières rouleront dans la fange ! La plaine qui déroule ses champs à l'infini, Tel un témoin muet, dira leur infamie ! Devant l 'homme affranchi, l'oppresseur s´enfuira ! L'opprimé, sa souillure, rédimé, lavera ! Infâme conquérant, le moment de ta mort A maintenant sonné ; de tes guerriers l 'effort, Non plus que leur vaillance et l ´horrible menace Non plus que leur vaillance et l´horrible menace Ne pourront nullement endiguer notre audace. L´esclave de tout temps a su rompre ses chaînes ; Et au coeur de son maître, quand brûle trop sa haine, Plonger le coutelas. Crains donc ta dernière heure Et que l´ambition ne se fasse ton malheur, Qu´en ton sein ne s´enfonce- ô douce violence !- Du Nubien affranchi l´irrésistible lance. Il me semble déjà les entendre rugir, Tel le tigre à sa proie