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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 08:02

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Chers amies et amis,

 

Le 1er septembre 2011 sort mon ouvrage Etat de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba aux Editions Estrella. Comme son titre l’indique, le livre traite du blocus économique que Washington impose au peuple cubain depuis plus d’un demi-siècle avec une perspective historique et juridique.

 

Cet ouvrage contient un prologue de Wayne S. Smith, professeur à l’Université Johns Hopkins de Washington, qui a la particularité d’être le dernier diplomate étasunien à avoir été en poste à La Havane avec le rang d’ambassadeur. Le livre contient également une préface de Paul Estrade, professeur émérite à l’Université Paris VIII, qui est l’un des meilleurs spécialistes de Cuba en France.

 

Comme le note le professeur Estrade dans la préface, « ce livre présente une réalité méconnue, tergiversée, voire sciemment occultée, tue en tout cas par les médias chargés de sélectionner et de décrypter l’information ». Vous n’êtes pas sans savoir que les médias censurent toute pensée alternative au sujet de la problématique cubaine. Cet ouvrage n’y échappera probablement pas d’autant plus qu’il pointe du doigt les manquements de notre presse à son devoir d’information. En effet, alors qu’ils sont si prolixes au sujet de Cuba, les médias observent un silence assourdissant vis-à-vis de l’état de siège économique que les Etats-Unis imposent à Cuba.

 

C’est la raison pour laquelle je fais appel à vous pour participer activement à la diffusion de ce livre et faire circuler cette information à tous les amis de Cuba ainsi qu’à celles et ceux qui s’intéressent à ce pays.

 

Vous trouverez ci-joint la couverture et la quatrième de couverture avec son texte.

 

L’ouvrage est disponible sur Amazon ( http://www.amazon.fr/Siege-Sanctions-Economiques-Etats-Unis-Contre/dp/2953128425/ref=sr_1_5?ie=UTF8&qid=1314496808&sr=8-5 ) et dans les bonnes librairies au prix de 15€. Vous pouvez également vous procurer des exemplaires dédicacés auprès de l’auteur. Des tarifs spéciaux sont réservés aux associations.

 

N’hésitez pas à me contacter pour toute information supplémentaire. Je suis, bien entendu, à la disposition de tous celles et ceux (personnes, associations, librairies…) qui souhaiteraient m’inviter pour une présentation de ce livre ou un débat.

 

Je serai présent à la Fête de l’Humanité les 16,17 et 18 septembre 2011 pour y dédicacer mon livre. Des présentations sont prévues sur les stands de Granma, de l’ALBA, de Cuba Si France et de France Cuba.

 

Je compte sur votre soutien.

 

Amicalement,

 

Salim Lamrani.

 

 

Etat de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba

Prologue de Wayne S. Smith

Préface de Paul Estrade

Paris, Editions Estrella, 2011

15€

Pour toute commande dédicacée, veuillez contacter : lamranisalim@yahoo.fr

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 00:58

aut_1350.jpgJean Ortiz

Aux quatre coins du monde, quand on pense Venezuela aujourd’hui, c’est le nom de Chávez qui vient à l’esprit. Mais quand Chávez pense Venezuela, c’est Bolívar qu’il a en tête. Pour lui, la Révolution bolivarienne qu’il impulse par la voie démocratique depuis une douzaine d’années s’inscrit dans la filiation de la geste du Libertador.

gal_3177.jpgDeux siècles après la libération du joug colonial espagnol, il s’agit, pour toute l’Amérique latine, de conquérir sa seconde indépendance en s’émancipant cette fois de l’oppression de la grande puissance impériale du Nord, de ses multinationales et des institutions internationales qu’elle contrôle au service d’un modèle économique dont la crise actuelle met au jour, s’il en était besoin, les ravages sociaux et environnementaux.

Il y a un demi-siècle, la Révolution cubaine avait montré le chemin, mais était restée longtemps isolée et en a payé le prix. En ce début du xxie siècle, ce sont maintenant tous les peuples de ce que José Marti appelait « notre Amérique » qui se sont remis en mouvement, et qui, dans bon nombre de pays, ont porté au pouvoir des gouvernements progressistes.

On peut certes avoir des appréciations différentes sur le processus bolivarien – et le pluralisme des contributions à cet ouvrage en témoigne –, mais nul ne peut douter de son inscription dans un mouvement historique de grande ampleur. 

De Bolivar aux Libertadors d’aujourd’hui : l’Amérique latine insoumise, coordinateur Jean Ortiz - Editions Atlantica - 360 pages - 25 euros.

Merci à Mémoire des luttes
Source: http://www.medelu.org/spip.php?article731
Date de parution de l'article original: 21/02/2011
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=3954

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 01:08

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Par Sébastien Lapaque

Les historiettes d’Eduardo Galeano rendent compte de la fraîcheur de l’imaginaire des peuples d’Amérique latine.
d'Eduardi Galeano Ed. Lux, gravures de José Francisco Borges, traduit de l’espagnol (Uruguay) par Lolita Chaput
Au Brésil, en Argentine, au Chili, en Bolivie, au Pérou… les hommes, les femmes et les enfants aiment les histoires racontées à voix haute. On désigne souvent ce continent tissé de rêves, de fables et de légendes sous le nom d’Amérique latine. Du côté de Rio et São Paulo, les gens préfèrent cependant entendre Amérique du Sud. À la fois pour que leur lusophonie soit prise en compte, mais aussi pour oublier la férocité des colons venus des rives latines et revendiquer avec fierté la jeunesse du Sud.

Cap au Sud, donc, dans les pas d’Eduardo Galeano, journaliste, essayiste, historien et conteur né à Montevideo en 1940, l’un des principaux témoins des luttes pour l’émancipation entre Santiago et Caracas dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Oublié le talon de fer des dictatures militaires, il publie un recueil d’historiettes composé de 56 « fenêtres » ouvertes sur un monde où il est question de baleines qui chantent, d’une Vierge qui ressuscite les noyés, d’un père qui désire sa fille, d’un dauphin piégé par Satan, d’un crapaud à plumes, d’un lézard qui dévore les femmes, de jeunes filles à marier qui mangent des œufs très salés avant de se coucher – lisez Paroles Vagabondes, vous apprendrez pourquoi.

Pour ceux qui en doutaient, ce livre est la preuve de la survivance d’une authentique culture populaire dans des pays que le capitalisme a pourtant saignés après leur avoir « ouvert les veines », ainsi qu’Eduardo Galeano l’a jadis raconté dans son plus célèbre livre de combat, Les veines ouvertes de l’Amérique latine.

POESIE
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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 09:35

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A lire ou relire :

La fraternité par Leonardo Padura Fuentes*

LEONARDO PADURA, autre écrivain cubain (vidéo)

Dans les coulisses de l'Histoire, Leonardo Padura livre un polar haletant sur l'assassinat de Trotski en 1940.
Il suffirait à un auteur de romans policiers d'ouvrir un dictionnaire historique pour y trouver les intrigues, les rebondissements et les meurtres les plus effroyables qui soient. Il arrive souvent que la réalité défie la fiction. L'un des assas­sinats politiques les plus célèbres du XXe siècle est celui de Léon Trotski, tué d'un coup de piolet dans la tête par un certain Ramón Mercader, à Mexico, en 1940. Le fait est avéré, on connaît aussi bien l'identité de la victime que celle du commanditaire. Dans L'Homme qui aimait les chiens, le Cubain Leonardo Padura suit pas à pas Lev Davidovitch Bronstein, alias Léon Trotski, et Marcader qui sera son meurtrier. Trotski, le héros de la révolution russe, ami de ­Lénine, est un homme pourchassé. Dans un polar, on dirait que Staline veut sa peau - ce qu'un livre universitaire ne saurait d'ailleurs réfuter. Exilé en Turquie, en France, en Norvège, finalement au Mexique, Trotski sent l'étau se resserrer autour de lui et de ses proches, menacés, victimes d'intimidation, ou purement et simplement assassinés. On l'accuse de tous les maux, y compris les plus invraisemblables - mais quelle invraisemblance une machine de propagande soutenue par un appareil policier n'est-elle pas capable de faire admettre ?

Ramón Mercader, lui, est un jeune Espagnol engagé dans la guerre civile pour ­lutter contre les franquistes. Il assiste, incrédule, aux luttes fratricides entre anarchistes, militants du Poum, socialistes, avant d'être embrigadé par les communistes. Il devient « le soldat 13 », machine à tuer formée dans les camps d'entraînement soviétiques, puis Jacques Mornard, un nom d'emprunt qui le fait définitivement basculer dans la lutte clandestine et le destine à sa mission : tuer Trotski, fondateur de la IVe Internationale.

Leonardo Padura sait raconter des histoires policières aux arrière-plans bien plus profonds que le simple déroulement des événements. Dans ses romans antérieurs, les péripéties traversées par le lieutenant cubain Mario Conde ont témoigné du regard toujours affûté de l'écrivain sur la réalité sociale et politique de son pays, Cuba. Il vit ici avec ses personnages, scrute leurs doutes et leurs certitudes. Et même s'il connaît l'issue de l'affaire, le lecteur est entraîné dans une incroyable histoire où trahisons, mensonges, dénonciations et faux-semblants font sans cesse rebondir un récit haletant. Quant à l'homme qui ­aimait les chiens qui donne son titre au ­roman, silhouette mystérieuse qui promène ses lévriers russes sur les plages de La Havane, il serait indélicat de dévoiler ici son identité. Il faut laisser au lecteur le soin de découvrir toutes les nuances de rouge qui teintent ce superbe livre.

 

Traduit de l'espagnol (Cuba) par René Solis et Elena Zayas, éd. Métailié, 672 p., 24 EUR.

Gilles Heuré

Telerama n° 3183 - 15 janvier 2011

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 01:36

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Le sous titre du dernier livre de Rémy Herrera en dit l’ambition : « des transitions socialistes au XXI e siècle« .  Il part d’un constat : « la brusque aggravation de la crise aux Etats-Unis et la poursuite de deux guerres perdues au Moyen orient, (Irak et Afghanistan)rappellent nous explique-t-il un certain nombre de faits. d’abord que la crise n’est pas financière ou même socio-économique, mais systémique, aux multiples dimensions liées(alimentaire, climatique, énergétique, politique culturelle); il s’agit en fait d’une crise structurelle du capitalisme en tant que système mondial, et pas seulement dans sa forme passagère dite néo-libérale. » Rémy Herrera établit un diagnostic sur l’origine de cette crise systémique: »Expression et extension de la domination de la haute finance, l’impérialisme est indissociable des rapports de domination et d’exploitation que les puissances centrales du Nord continuent d’entretenir avec les périphéries du système mondial capitaliste.  » On comprend que le propos du livre n’est pas la recherche d’une régulation à l’intérieur du système . En revanche face à un impérialisme dans une crise aussi profonde ce qui frappe est   cette étrange situation où les forces progresistes perçoivent bien la nocivité et l’épuisement d’un système mais  elles restent sur la défensive faute de savoir ce qu’il faudrait faire et quoi construire. Et ce n’est pas un hasard si Rémy Herrera  insiste sur un nouvel internationalisme pour dépasser cette inertie. Il ajoute que seule l’Amérique latine et caribéenne offre l’image d’un continent dont les peuples ont commencé à passer à l’offensive et dont l’expérience peut constituer l’amorce de cet internationalisme. « L’opposition aux Etats-Unis est le principal facteur d’unité des peuples du continent qui savent jusque dans leur chair- que l’impérialisme a mis en oeuvre tous ses moyens et toutes ses énergies pour écraser de façon systématique, obstinée, acharnée chacune des incessantes tentatives qui ont été conduites au Sud pour marcher vers la démocratie et la justice sociale » (p.8)   

 

Cette synthèse des mouvements sociaux et des pouvoirs, des politiques menées fait tout l’intérêt de ce livre parce quue cela  nous permet d’envisager la manière dont  des forces émiettées avec des objectifs parfois trés différents contribuent au développement d’un nouvement et dont rémy Herrera vise à accélérer la prise de conscience de son unité anti-impérialiste et même anticapitaliste. C’est quelqu’un de rare qui n’écrit pas pour passer le temps, pour faire carrière mais pour contribuer à une prise de conscience vers une société plus juste.

 L’analyse est claire, bien écrite, sans jargon et en même temps on sent un appareil théorique, une problématique théorique marxiste parfois voisine de celle de Samir Amin et souvent pour qui connaît les travaux de Rémy Herrera enrichie par une réflexion sur le développement inégal. Ou comment derrière les inégalités et les transferts de technologie dans les exportations de capitaux, qui sont la base de la mondialisation financière, il reste toujours l’exploitation fondée sur la création de valeur. Avec une extraction de valeur selon de nouvelles modalités techniques et financières du sur-travail avec des développements inégaux entre secteurs productifs agricoles et industriels par le biais d’un commerce international financiarisé. Ces travaux d’économiste ne laissent comme trace ici que la rigueur de l’approche et une vision claire de l’interpénétration des processus et donc de la cohérence globale de mouvements différenciés . Mais dans cette réflexion, Rémy Herrera nous économise toute référence disciplinaire en cherchant l’expression la plus simple, la mieux apte à favoriser la participation des peuples. C’est un exercice méritoire et qui prouve la volonté politique de ce chercheur en économie, un engagement révolutionnaire dont on a du mal à mesurer  le travail exigé pour atteindre ce niveau de clareté.

Donc, nous sommes dans une crise systémique, l’impérialisme dans sa phase sénile de domination de la haute finance de partage d’un système mondial, des forces progressistes en retrait sur la défensive et un continent contraint historiquement à passer à l’offensive à cause de son expérience de ce qu’il peut attendre des Etats-Unis, écrasement, pillage, destruction de toute espérance de justice pour les peuples.

Ce n’est donc pas un hasard si Remy Herrera entame son périple par Cuba socialiste, par la clé de la résistance anticapitaliste et anti-impérialiste. toujours avec cette clareté extrême, Rémy herrera montre que le conflit opposant Cuba aux Etats-Unis ne doit pas être lu « comme un résidu d’une confrontation Est-Ouest » mais doit l’être au prisme de leurs relations bilatérales, et de ce fait joue un rôle essentiel dans l’unification et la prise de conscience de l’Amérique latine. C’est pourquoi ceux qui s’étonnent du fait que Cuba qu’ils voient comme le vestige d’un système communiste partout ailleurs dénoncé ne comprennent pas le rôle réel joué par Cuba en particulier par rapport au reste du continent, mais aussi pour d’autres peuples du Tiers Monde.

 Au passage, Rémy herrera nous présente un trés dense mais trés éclairant panorama de l’histoire de cet antagonisme entre Cuba et les Etats-Unis.Il fait un sort à ceux qui ne voient dans le lien entre Cuba, l’ex-union soviétique et le CAEM (COMECON) que cuba intègre en 1972 qu’une aggravation de la dépendance sucrière. Rémy Herrera décrit « l‘enclechement d’une industrialisation adaptée aux conditions d’un petit pays, à la maïtrise de la répartition du surplus et de pour favoriser une homogénéisation de la société, mais aussi à une formation scientifique et technique placée au service des besoins du pays.. soit l’exact contraire de ce qu’offrent à la périphérie du système mondial capitaliste. » Mais attention si Rémy Herrera remet bien des pendules à l’heure sur l’apport du socialisme, ou des expériences qui s’en rapprochent il n’en cache aucune des difficultés et à l’inverse de bien des commentateurs lie toujours les pesanteurs bureaucratiques, les dogmatismes académiques, les problèmes d’incitation à l’efficacité du travail, le manque de contrôle sur les moyens de production aux effets dramatiques qu’impose le blocus à ce petit pays.

Remy Herrera nous montre les prodiges réalisés, comment il y a eu dans les pires conditions, celles intervenues après la chute de l’URSS et le renforcement du blocus où ont pu être maîtrisés des mécanismes du marché sans retour au capitalisme.

On retrouve dans l’analyse de pays comme le Venezuela ou la Bolivie, avec des avancées vers le socialisme, la même sympathie et la même lucidité de la part de Rémy herrera. Par exemple quand il note que ce n’est qu’à partir de sa réelection en 2006 qu’il a été réellement question pour Chavez d’orienter le processus de transformation de la société vénézuélienne vers une forme d’organisation socialiste, dénommée « socialisme du XX siècle » avec des propositions alternatives de planification.

Le contexte n’est pas le même qu’à Cuba, les anciennes élites sont restées sur place et conservent le pouvoir politico-économique que leur garantissent la propriété des Moyens de production ( sur les terres, les industries, les commerces…) et le contrôle d’une partie de l’activité bancaire et financière, la mise en oeuvre d’un dispositif de planification adapté aux besoins du pays et du peuple se heurte frontalement aux intérêts des capitalistes locaux comme étranger. Un processus de nationalisation de secteurs clés est mis en oeuvre. Mais la véritable innovation réside dans les EPS (entreprises de production sociales) qui foctionnent sous des régimes hybrides de propriété, démocratiquement gérées et dirigées par les travailleurs eux-mêmes en s’appropriant le suprplus généré par leur travail. Pour le moment ajoute Rémy Herrera le financement de ces EPS est resté trop faible pour espérer tenir tête aux multinationales.

Ce que va étudier Rémy herrera d’une manière concise mais qui a le mérite de mettre l’accent sur les secteurs stratégiques c’est le processus de transition au socialisme conçu comme un processus long où coexistent diverses formes de propriété, il préconise des orientations, des mesures supplémentaires au nombre desquelles l’accroissement des poids respectifs des entreprises publiques et de ces EPS.

 Il faut également mesurer que le Venezuela a été et reste marqué par une économie de rente lié aux revenus pétroliers avec destruction du tissu industriel et développement de l’informel et le projet socialiste se confond avec un renforcement des transferts des revenus du pétrole, ceux-ci ont commencé à aller dans le sens des plus pauvres et à la participation populaire pour  une société plus juste.

Rémy Herrera là encore comme il l’a fait pour Cuba montre les acquis mais aussi le long chemin à parcourir, les ré-orientation à opérer dans un contexte de guerre ouverte avec l’oligarchie soutenue par les Etats-Unis, sans parler des problèmes avec le voisin colombien.

 Avec ce livre vous avez de véritables fiches qui peuvent être utile à la fois à l’enseignant et aux militant, parce qu’elles fournissent matière à un véritable savoir synthétique sur les formes possibles de transition au socialisme, un savoir sur un mouvement global marqué par des différences socio-économiques, historiques culturelles fruit y compris de cette mondialisation impérialiste en crise. L’information dans  chaque cas est étonnement riche vu le volume (il ne fait pas 200 pages).  Ce qui est d’autant plus remarquable comme synthèse qu’ il ne s’agit pas seulement d’étudier les avancées étatiques mais d’établir un état des lieux des mouvements sociaux puisque l’objectif est de montrer comment on se rapproche ou non d’une capacité d’intervention populaire sur les pouvoirs étatiques et pas d’une manière formelle.

 Chacune des expériences de ce continent convergent vers le progrès social et la participation populaire mais elles sont menées dans des perspectives historiques sur des trames culturelles et à l’intérieur d’espaces nationaux trés divers. Donc Rémy Herrera pour nous faciliter la compréhension du processus tout en respectant la diversité et la complexité classe ces pays selon deux critères fondamentaux: premièrement sont-ils anti-capitalistes ou non, deuxièmement sont-ils anti-impérialistes ou pas? Anti-capitalistes, c’est-à-dire pour la remise en question des structures du système capitaliste. Anti-impérialiste c’est à dire pour ou contre la mise en oeuvre de stratégies de développement visant à dégager des marges de manoeuvres de souveraineté nationale.

Cuba est le seul pays où l’intégration anti-capitaliste et anti-impérialiste ont littéralement fusionné. le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur (peut-être le Nicaragua)ont annoncé un processus mais pour le moment ils ont simplement attaqué la forme néo-libérale du capitalisme plus que ses structures profondes.

d’autres gouvernement sont à base populaire avec des dirigeants progressistes ont réalisé des avancées dans la lutte contre la pauvreté mais n’ont pas infléchi la ligne néo-libérale, il s’agit du Bresil, de l’Argentine, l’URuguay , le Guatemala, le Salvador, le Paraguay et le Chili jusqu’en 2010.

Dans d’autres pays on voit monter des luttes contre des régimes de droite voir d’extrême-droite. Et là encore Rémy Herrera va nous décrire toutes ces luttes, depuis le mouvement des sans terre au Brésil, un des plus puissants et les mieux structurés ou ceux du Mexique, mais il montre que partout sous des formes diverses et souvent singulières c’est tout un continent qui converge vers le progrès social.

Donc ce livre est indispensable pour qui veut avoir une vue synthétique et profonde d’un continent dont les peuples se sont mis en mouvement sans   toujours la conscience claire de ce qu’ils veulent mettre en oeuvre mais qui savent par l’expérience ce qu’ils rejettent et là réside leur unité.

Cependant sans contrôle réel- et non seulement formel plus poussé des classes populaires sur l’Etat, les conditions de transition au post-capitalisme (ou au pre-socialisme) ne seront que trés difficilement réunies. Si je partage ce point de conclusion de Rémy Herrera ainsi que l’insistance qu’il met à montrer l’importance de l’axe Cuba-Venezuela ou encore celui des résistances populaires encore diversifiées, je ne suis pas convaincue par sa proposition d’une Ve Internationale ou à tout le moins une organisation internationale de solidarité entre les travailleurs. C’est la conclusion du livre mais on a du mal à comprendre le projet, s’agit-il de s’appuyer sur l’axe Cuba- la Havane? Dans l’état où se trouve le mouvement ouvrier en France et en Europe cela aboutira-t-il à autre chose que ce « tourisme planétaire » qui a eu sa nécessité pour une amorce de prise de conscience mais qui a été plus ou moins « cassé » à Gènes? En revanche ce que tente de développer Fidel Castro, un mouvement anti-guerre qui a déjà un contenu transformateur non seulement sur le plan écologique mais une écologie anti-impérialiste et anti-capitaliste aura-t-il un impact et lequel ?

A l’inverse de l’ensemble de son livre riche, précis, argumenté, cette proposition sur laquelle il chute mériterait un autre développement. Comme Rémy Herrera, je mesure bien l’intérêt y compris pour un pays comme la France et pour les forces révolutionnaires qui tentent avec les pires difficultés de se rassembler d’un nouvel internationalisme. Est-ce qu’une nouvelle internationale en est le chemin, je l’ignore. Ce qui est sûr c’est que nous avons besoin de savoir à quel point des forces de résistance sur des bases diverses existent et le livre de rémy herrera un des mieux conçus sur le plan pédagogique  pour favoriser cette prise de conscience internationale absolument indispensable à un passage à l’offensive des forces progressistes.

compte-rendu de lecture de Danielle Bleitrach pour changement de société

Remy Herrera est chercheur en Economie au CNRS et il enseigne également à l’Université de paris I Panthéon-Sorbonne. Il est aussi le secrétaire exécutif du Forum Mondial des Alternatives.

* Rémy herrera les avancées Révolutionnaires en Amérique latine, des transitions socialistes au XXI e siècle, Parangon/Vs Lyon 2010, 13 € www.editions.parangon.com

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 19:30

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Quel choc de découvrir ce formidable roman de l’écrivain Enrique Serpa (La Havane, 1900-1968), un classique de la littérature cubaine publié en 1938 et traduit pour la première fois en français. Il livre un tableau accablant de ce que fut Cuba en ce début de XXe siècle. Mais sa richesse tient à ce que, au-delà de la question sociale, il plonge dans l’âme humaine, à travers plusieurs personnages, dont le très complexe narrateur, armateur de son état. Celui que son entourage surnomme par moquerie l’« Amiral », ou le « Dandy des mers », est un homme soucieux d’élégance, mais toujours mal dans sa peau, en proie au doute et au mépris de lui-même, en quête de marques de reconnaissance, que ce soit de la part des marins-pêcheurs ou des prostituées en compagnie desquelles il ruine sa santé.

Comparant ses pensées à des « reptiles aveugles », il reconnaît que rien ne l’intéresse vraiment. « Je me trouvais intérieurement vidé, le cerveau embrumé, incapable d’un effort soutenu, à la dérive comme un navire sans gouvernail. »La Buena Ventura, une goélette jadis bateau de plaisance et qui désormais se consacre à la pêche. Ayant hérité de son père trois bateaux de pêche, il a renoncé à son poste de chimiste à l’American Sugar Company pour partager le sort de l’équipage de

Mais quel travailleur peut à l’époque vivre de cette ressource ? L’offre dépasse la demande, à cause notamment des « chinetoques » installés sur la côte, sans famille, prêts à casser les prix du poisson. A cause aussi de « ces fumiers de bateaux frigorifiques américains » qui bradent les cargaisons de mérou et de pagre. « Les Américains sont ici comme chez eux et nous plument comme des pigeons », estime Pablo Alonso, l’un de ces marins dont « les gosses vont cul nu et crèvent de faim ». Même misère à l’intérieur des terres, comme dans le hameau Boca de Jaruro, « un cloaque qui abritait des hommes, des femmes et des enfants décharnés, faméliques, à la peau granuleuse et à l’esprit pétrifié ».

Comment faire face aux besoins vitaux, aux injustices d’une société où paradent anciens et nouveaux riches, face à l’inertie d’un gouvernement oublieux de ses promesses dès que les élections sont passées ? Par l’organisation des travailleurs. Et la grève. Excellent connaisseur du terrain, Serpa nous présente toute la gamme des opinions, depuis la résignation du vieux Martín jusqu’à l’engagement passionné de Pepe le Catalan, qui préfère aux discours des anarcho-syndicalistes venus d’Espagne l’action des communistes.

Suivre ces derniers ? « Ça pourrait pas être pire, malgré leurs idées bizarres », pense-t-il. Mais tous ne rêvent pas de révolution. Et en premier lieu « Requin », autrement dit le patron de La Buena Ventura. Ce repris de justice a l’idée de recourir à la contrebande d’alcool vers les Etats-Unis, projet autour duquel tournent toutes les péripéties traversées. Les étranges rapports entre l’Amiral et Requin constituent un réservoir de sentiments heurtés que l’auteur creuse avec une précision hallucinante. Celle-là même qu’il emploie pour dire la splendeur de la nature : « Le couchant était rouge et soyeux comme les ouïes des poissons-scies et, par endroits, comme le ventre d’une conque de nacre. » La beauté habite ces pages fiévreuses où surgit soudain la « paix infinie » qui descend sur le cœur du contrebandier lorsqu’il se remémore la douceur de sa mère lui racontant l’histoire sainte.

Françoise Barthélemy

URL : http://www.monde-diplomatique.fr/2010/04/BARTHELEMY/19019

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 14:08

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Michel Porcheron

« Vous êtes le meilleur romancier d’Amérique latine et vous devez tout abandonner pour écrire des romans !», a dit un jour Ernest Hemingway à Enrique Serpa (1900-1968) en lui reprochant de consacrer trop de temps à son activité de journaliste.

 

Enrique Serpa aurait été donc dès les années 30, selon l’écrivain nord-américain, le « meilleur romancier d’Amérique latine » et le monde de l’édition francophone l’aurait ignoré et pendant 70 ans ! …Il est vrai que quand le grand Ernest forçait un peu sur le gin Gordon’s, à l’heure du café croissant au mythique Floridita havanais où il buvait des coups avec son ami cubain, il était capable d’une très aimable exagération.

Toujours est-il qu’Enrique Serpa vient d’être traduit pour la première fois en français. Les Editions Zulma ont logiquement choisi l’œuvre majeure du Cubain, « Contrabando », qui fut publiée en 1938 à La Havane par la maison Alvarez –Pita, Talleres « Alfa ».

Entre l’ultra classique et plutôt élitiste Alejo Carpentier et son œuvre, entièrement traduite en français et la génération actuelle de plus en plus connue et recherchée en France, il existait un certain vide que les Editions Zulma (couverture de David Pearson, 327 pages, 12,5 x17 cm) sont venues ainsi combler.

Faut-il accueillir « Contrebande » avec les superlatifs habituels qui accompagnent généralement tout ouvrage judicieusement sorti de l’oubli ? Enrique Serpa aux côtés des plus grands, Carpentier, Hemingway ou Faulkner ? Une troisième (ou quatrième) de couverture est toujours rédigée par la maison d’édition, poussée aussi comme il se doit par des impératifs de marketing.

Ailleurs, on lit que Serpa « fait penser » à Melville, Pierre Loti, Albert Cossery, Henry de Monfreid, James Joyce (pour les monologues intérieurs), Joseph Conrad, R.L. Stevenson, etc… Il suffira de dire que « Contrebande » est l’œuvre du meilleur Enrique Serpa, et c’est déjà très bien. Quand en plus il bénéficie d’une magistrale traduction de la part de Claude Fell, le lecteur ne manquera pas de voir à quel point l’écrivain Serpa a du talent (1). De sa génération, il ne fut pas le seul à en avoir. La parution de Contrebande et son bon accueil en France pourraient donner à l’éditeur ou à d’autres, l’idée de faire traduire d’autres romanciers cubains « exportables » de cette générationdes années 30, également inconnus en France, et probablement supérieurs à Enrique Serpa, comme Carlos Montenegro, Lino Novas Calvo et surtout Pablo de la Torriente Brau.

A Cuba, la dernière réédition de Contrabando date de 2007, publiée par Letras Cubanas, avec un très fin prologue (p.V à XVI) de Denia Garcia Ronda (novembre 2006. Elle avait déjà signé, avec talent, le prologue de l’édition précédente en 1977). Contrabando a toujours été considéré comme un classique de la littérature cubaine du XX e siècle. Déjà dans l’Enciclopedia Popular IIustrada, publiée en 1940 (1302 pages), on apprend que Contrabando « a été un retentissant succès de librairie ». « Dans sa prose, « hay nervio, musculo y agilidad de juventud eterna » ( il y a du nerf, du muscle et de une agilité d’éternelle jeunesse").

Depuis sa sortie en France, à l’automne 2009, comment la critique (journaux, libraires, sites web, lecteurs, bloggeurs, etc..) a –t- elle présenté et commenté ce livre ? Il a été classé, c’est selon, dans des genres bien divers, roman d’atmosphère, tragi-comédie humaine, aventure maritime, récit naturaliste et sombre, tableau socio-historique, etc… 

Entre, au mieux, « chef d’œuvre » (n’exagérons rien) et au pire « intéressant, sympathique, oui, mais vieillot et pittoresque. Un Port de l'angoisse sans Bogart », en passant par « écrivain secondaire » et …quelques absences notables de critique dans certains grands titres de la presse hexagonale ( Le Monde, notamment) , « Contrebande» s’est dans tous les cas gagné une certaine place (ou une place certaine) parmi les livres récents de littérature étrangère en France.

Paru à la rentrée littéraire de septembre 2009, Contrebande fait donc partie des titres qui ont survécu. On sait que sur les 659 livres de la dernière rentrée [littérature française environ 450 et étrangère 210], la plupart disparaissent corps et biens avant la fin de l’année, faute de lecteurs. Qu’il soit un livre « rescapé » et de plus traduit de l’espagnol (Cuba) et non de l’anglais (largement majoritaire) est un autre bon signe.

Qu’il soit un livre cubain appartenant à la catégorie « classique » (2) et de plus à la décennie des années 20-30, aura fait qu’il a été lu et jugé en tant qu’œuvre littéraire, qualités et défauts, sans considérations idéologico-nostalgico- politiques, de celles – habituelles dans ce cas - qui sont capables d’encombrer la critique d’un bon livre ou d’en camoufler les défauts. Il semble que la courte préface d’Eduardo Manet n’ait eu de fait aucun de ces deux effets.

Enfin, qu’il ait été chroniqué dans un nombre honorable de supports confirme sa valeur. Les Editions Zulma ont du procéder à une nouvelle impression, après un premier tirage épuisé. Généralement un premier tirage est délibérément bas, notion relative en fonction de l’auteur.

Cette parution a (re)mis en évidence une « filiation », une « amitié » littéraire réelle entre le Cubain Serpa et le grand Hem’. Un critique français et non des moindres n’a-t-il pas parlé de « Hemingway et son sherpa» ? L’espace nous manque ici pour jeter les bases d’une ébauche de lectures comparées, instructives à plus d’un titre.

Notes- (1)- Cependant le lecteur, pour apprécier à sa juste valeur, ce livre (dont l’action se passe environ en 1927 et est écrit en 32-33) et pas seulement comme un roman d‘aventures ou d’atmosphère, devrait se pencher quelque peu sur le contexte politico-social de ces années 20 et 30 à Cuba et particulièrement pendant la dictature de Gerardo Machado (1925-1933), mais aussi aux Etats Unis (la loi Volstead dite de Prohibition (1919-1933) et les restrictions migratoires). Cependant, Denia Garcia Ronda conclut son très fin prologue en soulignant que, bien qu’il existe chez Serpa un questionnement de l’état des lieux national, « un lecteur qui ne connait pas ces circonstances historiques peut assimiler et savourer le sens de l’œuvre ». Elle ajoute en conclusion que le sujet au centre de Contrebande « est le monde objectif et subjectif du principal protagoniste » (l’Amiral).

Pour sa part Graziella Pogolotti (Orbe, 14 novembre 2009) a expliqué « la bonne surprise »  qu’a constitué Contrebande pour les critiques littéraires en France par, de « manière inconsciente », leur « perspective eurocentrique » ( eurocentrica ), tout en se félicitant de l’entrée de Enrique Serpa dans le marché de l’édition en France, ce qui invite, dit-elle, à « une réflexion productive » à Cuba. Par ailleurs, rien ne dit au lecteur français que Contrebande est l’un des très rares romans cubains, pour ne pas dire le seul jusqu’à une époque très récente, qui a le monde de la mer comme (unique) décor central. Paradoxal dans la production littéraire d’une île.

(2)- A Cuba, parmi les livres-encyclopédies, les ouvrages de critique littéraire, analyses, présentation, où Serpa et son œuvre ont leur place, on peut citer : "La Republica a través de sus escritores" (1958) de Marcelo Pogolotti (p.162-164 et p. 272-275, édition de 2002), « Panorama historico de la Literatura cubana » (1963) de Max Henriquez  Urena, « Historia de la Literatura cubana » de Salvador Bueno (1972, 4 e édition), Diccionario de la Literatura cubana, 2 t. 1980, et surtout Historia de la Literatura cubana, 3 t. collec.2005-2008), etc…

Pour Marcelo Pogolotti, Enrique Serpa qui dans Contrabando est «  le Francis Carco de la pègre et de la vie galante havanaise, avec des facettes diaboliques à la manière de Barbey d’Aurevilly », a ajouté une « dose de Joseph Conrad pour produire un vif et véloce reportage, discrètement romanesque ». Pogolotti ne manque pas de noter que Contrabando est « une vaste et exhaustive fresque de la vie de cabotage » (riberena), « exploit notable quand on sait comme on l’a dit avec raison, que les Cubains vivent le dos tourné à la mer ».

Pour M.H. Urena, Enrique Serpa « romancier de qualité » qui « se coule dans le moule du modèle naturaliste de la fin du XIX e siècle » «  maîtrise bien cette technique qui vient de Zola, et les scènes qu’il peint ont une extraordinaire vigueur ». Quelques uns de ses « cuentos » (nouvelle ou conte) comme Aletas de Tiburon, se détachent par leur véridicité ».

Comme Serpa introduit pour la première fois « le monologue intérieur », Salvador Bueno n’hésite pas à estimer qu’il le fait « a lo Joyce ». Mais le livre est surtout «  un des plus vigoureux romans jamais écrits à Cuba ». Tout en faisant remarquer que le livre politique (sur les années 40) de Serpa est « Trampa » publié en 1957. Dans « Album del cinquentenario 1902-1950 », de la Asociacion de Reporters de Cuba » (Ed. LEX, 1952, 23x 31 cm, 440 p. abondamment illustré), le nom de Enrique Serpa apparait très logiquement, en tant que journaliste, poète, conteur (« Enrique Serpa tiene categoria de maestro en su cuento Aletas de Tiburon ») et romancier. L’écrivain et critique Carlos Fernandez Cabrera, selon qui, « cent romans ont été écrits à Cuba. Ils sont peu nombreux ceux qui ont de la valeur » a apprécié Contrabando. Tout en soulignant que « le plus moderne et le plus intéressant est Enrique Labrador Ruiz », « Enrique Serpa, ajoute-t-il, est un grand auteur du moment présent. L’unique roman de Serpa Contrabando lui confère cette catégorie. Il décrit, avec une technique de maître, la misère des pauvres