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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 23:06

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Il y a 20 ans, l'Union des républiques socialistes soviétiques cessait d'exister, deux ans après la chute du mur de Berlin et la séparation de la grande fédération soviétique de plusieurs républiques qui revendiquaient un statut d'autonomie. Certains pays de l'Europe de l'Est, comme la Hongrie et la Pologne, avaient déjà entrepris un processus de libéralisation et d'ouverture à l'ouest.


La situation économique, dans l'ex-URSS, était devenue catastrophique, à la suite de mauvaises récoltes et de la chute de la production industrielle. Le gazoduc transsibérien, qui devait acheminer le gaz naturel de Sibérie jusqu'aux portes de l'Europe, avait été saboté par l'introduction d'un virus à retardement qui provoqua une explosion de turbines digne d'une explosion nucléaire, retardant de plusieurs années la mise en œuvre de cet audacieux projet de développement qui devait enfin apporter la prospérité au gouvernement communiste. Ce fut une étape importante dans la guerre économique que livraient les États-Unis à l'URSS.


L'invasion de l'Afghanistan, commencée en 1979, avait été extrêmement coûteuse en vies humaines et n'avait certes pas amélioré la situation économique de la fédération soviétique, de sorte qu'en 1989, le Kremlin avait dû ordonner le retrait de ses troupes (plus de 100 000 hommes) de ce pays, face à des combattants moudjahidines désormais armés par les Américains.


Après une série d'événements dramatiques suivis de mesures de libéralisation, le 24 août 1991, le président soviétique Gorbatchev démissionne de ses fonctions de secrétaire général du Parti communiste. Du même coup, il annonce la dissolution du Comité central du PC, l'interdiction pour les cellules communistes de s'adonner à des activités politiques au sein des forces armées, du KGB et du ministère de l'Intérieur, et la confiscation de leurs biens. Le Parti communiste se retrouve, du coup, sans possibilité de poursuivre ses activités. Bientôt, on interdit même son existence.


Profitant de la faiblesse de Gorbatchev, Boris Eltsine, qui est alors président de la puissante République socialiste de Russie, place ses hommes de confiance aux principaux postes de pouvoir. La restauration du système capitalisme est en marche, avec la complicité évidente des États-Unis et de George Bush père, qui veillent de près au démantèlement de la fédération soviétique. Le 8 décembre 1991, la dissolution de l'Union soviétique est officiellement proclamée. On s'empresse aussitôt d'obtenir l'aval de Washington et le drapeau rouge, qui flottait sur le Kremlin depuis des décennies, est retiré.


Il existait un réel mécontentement populaire contre les dirigeants soviétiques pour leur mauvaise gestion de l'économie, personne ne peut le nier. Mais cela ne signifiait nullement une remise en question du système communiste. Avec la destruction de l'Union soviétique, l'abandon des programmes sociaux et la privatisation de grands pans de l'économie, la situation allait rapidement empirer, entraînant davantage de pauvreté et d'injustices. Une nouvelle classe de riches et de mafieux apparaît. La production industrielle et agricole s'effondre encore davantage. La recherche scientifique et la culture, deux fleurons de la grande fédération soviétique, écopent tout particulièrement. Des guerres fratricides éclatent entre d'ex-républiques soviétiques pour le contrôle des richesses pétrolières et gazières.


Pour l'humanité, cela signifiait la fin d'un monde bipolaire et de la guerre froide et le début d'une nouvelle ère où les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN allaient pouvoir faire la pluie et le beau temps aux quatre coins de la planète. Après l'invasion du Panama en 1989, les États-Unis envahissent, deux ans plus tard, une première fois l'Irak (et le Koweït) pour y revenir en 2003. Entre-temps, ils ont remplacé les troupes soviétiques en Afghanistan. Puis, en 1994, ils débarqueront en Haïti soi-disant pour y restaurer la démocratie après avoir contribué, quelques années auparavant, à renverser le gouvernement légitime de Bertrand Aristide.


Depuis une dizaine d'années, la Chine, pays en voie de développement, est devenue une superpuissance avec laquelle il faut désormais compter, aux côtés d'autres pays émergents comme le Brésil, l'Argentine et le Venezuela qui font désormais figure de leaders dans ce combat pour reprendre possession de leurs ressources nationales au profit de leurs populations. Même chose pour l'Iran qui réaffirme, en ce moment plus que jamais, sa volonté de demeurer pleinement maître de son destin sans s'en laisser imposer par qui ce soit.


En Amérique latine, la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC), qui regroupe 32 pays, vient de voir le jour, sans les États-Unis et le Canada et avec la participation de Cuba. C'est une première dans l'histoire de ce continent où les États-Unis avaient toujours réussi jusqu'à maintenant à imposer leur volonté, à travers un organisme comme l'OEA, qu'on qualifiait de véritable ministère des colonies des États-Unis.


En 20 ans, la face du Tiers Monde a changé radicalement. Si, dans un premier temps après l'effondrement de l'URSS, les États-Unis ont pu imposer sans trop d'efforts leur domination sur une partie de l'humanité, aujourd'hui, ils doivent se replier et battre en retraite dans de nombreuses contrées et leur prestige et leur influence ont diminué d'autant. On peut en dire autant des organismes qu'ils ont mis en place pour mieux contrôler les économies des pays en voie de développement. Le FMI, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement ont échoué dans leur tentative de conditionner leur aide au bon comportement des gouvernements progressistes latino-américains qui visent, eux, de plus en plus l'intégration économique régionale afin d'éliminer les inégalités sociales et donner un toit à tous. Ces pays possèdent d'énormes richesses naturelles et leur exploitation servira enfin à créer cette société plus solidaire.


S'il est trop tôt pour parler d'un retour au monde bipolaire, avec un nouvel équilibre des forces, on doit constater que les États-Unis ne peuvent plus agir comme bon leur semble, bien que certains de leurs ressortissants, comme des Marines de l'armée américaine, se permettent d'humilier leurs soi-disant ennemis assassinés par leurs armes en leur urinant dessus. En 1949, deux autres Marines, visiblement saouls ceux-là, avaient uriné sur la statue de José Marti à Cuba, déclenchant l'indignation populaire. Devant de tels gestes, on ne peut être que d'accord avec cette affirmation selon laquelle les États-Unis n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. L'exportation par la force de leur «modèle démocratique», avec invasions de territoires souverains, attaques sournoises à l'aide de drones, assassinats sélectifs et chantages, ne sert qu'à créer encore plus de chaos et à discréditer les organismes internationaux chargé de faire respecter le droit international, comme on l'a vu en Irak, en Afghanistan et dans plusieurs pays africains.


La tournée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Venezuela, à Cuba, au Nicaragua et en Équateur suscite visiblement l'inquiétude à Washington mais elle constitue une autre preuve que de plus en plus de pays du Tiers Monde, les indignés depuis longtemps, sont décidés à s'unir et à agir non pas en fonction des directives imposées par l'empire américain mais bien en faveur des intérêts de leurs populations. Il y a dix ans, un tel affrontement, pour ne pas dire affront, aurait été impensable, et seul Cuba tenait tête à l'empire étasunien, au prix d'énormes sacrifices, surtout depuis l'effondrement des pays du bloc de l'Est. Malgré toutes les difficultés et les embûches, Cuba continue d'être un dangereux exemple de solidarité.


Finalement, on peut conclure que le nouveau rapport de forces, à l'échelle mondiale, penche en faveur des indignés, de ceux qui se prennent en main pour mieux assurer le bien-être de leur population. Dans ce grand combat pour la souveraineté nationale, le Québec aura sûrement son mot à dire un jour, même si aujourd'hui il semble demeurer silencieux. On apprend souvent mieux dans le silence.


«L'espérance est orpheline, a dit un poète, mais elle a beaucoup de neveux et nièces.»

 Source : canoë

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 18:26

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Lors de son discours d’ouverture du conseil de l’Internationale socialiste (IS) réuni dans les locaux de… la très libérale Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à Paris, le 15 novembre 2010, la première secrétaire du Parti socialiste français Martine Aubry ne cache pas sa joie : « Je veux saluer tout particulièrement notre président Georges Papandréou et le féliciter pour les résultats des élections locales en Grèce [avec une abstention record de 53 % !]. Dans un contexte difficile, c’est un encouragement et un succès qui viennent récompenser un courage politique qui force l’admiration. » On sait ce qu’il est advenu du dirigeant du Mouvement socialiste panhellénique (Pasok) et de l’ « austérité juste » qu’il a prétendu imposer à son pays. On connaît également le sort réservé par leurs peuples à nombre d’éminents membres de l’organisation social-démocrate, Laurent Gbagbo, Zine el-Abidine Ben Ali ou Hosni Mubarak, pour ne citer qu’eux.


Avec un tel déficit d’analyse et un semblable mode de fonctionnement, est-il réellement surprenant que ce noble conclave « socialiste » passe totalement à côté des mouvements de fond qui bouleversent l’Amérique latine depuis maintenant plus d’une décennie ?


Le 7 décembre de cette même année 2010, à Bruxelles, un portrait et un nom surplombent l’entrée « Altierro Spinelli » du Parlement européen : ceux de M. Guillermo Fariñas – troisième opposant cubain en huit ans à se voir octroyer le prix Sakharov pour les droits de l’homme et la démocratie.


C’est en revanche sans publicité aucune que, dans un amphithéâtre, une dizaine d’eurodéputés et d’assistants parlementaires auditionnent des syndicalistes et des défenseurs des droits humains venus de Colombie. Les témoignages font froid dans le dos : depuis l’arrivée au pouvoir, quatre mois auparavant, de M. Juan Manuel Santos (ex-ministre de la défense de son prédécesseur Álvaro Uribe), trente-neuf syndicalistes et douze militants du Pôle démocratique alternatif (PDA) ont, entre autres, été assassinés. Le social-démocrate danois Ole Christensen apporte un terrifiant complément d’information : en compagnie du travailliste britannique Richard Howitt, également présent, il a accompagné l’organisation Justice for Colombia, en juillet 2010, en un lieu tristement célèbre, La Macarena. « Nous avons été jusqu’au charnier. Il y a plus de deux mille personnes [victimes de l’armée et des paramilitaires] enterrées là. Nous devons dire non au traité de libre commerce [TLC] que négocient l’Union européenne et la Colombie. » Une seule voix s’élèvera pour défendre Bogotá, celle du représentant du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), M. Emilio Menéndez del Valle : « Croyez-vous qu’en trois mois un gouvernement peut régler tous les problèmes ? Si un pays entier a voté massivement [55,59 % d’abstentions !] pour Santos, il doit être respecté ! »


Appartenant à des formations membres de l’Internationale socialiste, ces trois eurodéputés n’ont manifestement pas accordé leurs violons. Conseiller de la Gauche unie européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) , le belge Paul-Emile Dupret repasse la réunion, et bien d’autres, dans son esprit : « Dans leur groupe parlementaire [le Parti socialiste européen ; PSE], Christenensen et Howitt sont plutôt à contre-courant. Je ne suis pas sûr qu’une majorité se prononcerait contre la signature d’un TLC. Le président du groupe, l’allemand Martin Schulz [Parti social-démocrate ; SPD] y est favorable. Le PSOE encore plus, inconditionnellement ! »


Sans remonter à la nuit des temps, on rappellera que, fondé en 1933 par Salvador Allende, le PS chilien refusa de s’affilier à l’IS, critiquant « ses positions conformistes au sein du système démocratique bourgeois capitaliste ». Pendant la guerre froide, la question ne se pose pas vraiment : considérant la région comme une zone d’influence des Etats-Unis, l’IS ne s’y aventure pas. « Je n’ai pas souvenir de textes ayant condamné le renversement de Jacobo Arbenz, en 1954, au Guatemala, réfléchit M. Antoine Blanca, membre à l’époque du secrétariat des relations extérieures de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Dix ans plus tard, lorsque j’ai demandé la parole pour dénoncer l’intervention des marines à Saint-Domingue, Guy Mollet m’a contemplé avec des yeux ronds ! »


Entre temps, la révolution cubaine (1959) avait pourtant placé l’anti-impérialisme au centre des débats. Sans grandes conséquences : « L’IS a jeté un regard intéressé, mais finalement très lointain. » Jusqu’au 11 septembre 1973 ! Aussi fort que le traumatisme de la guerre civile espagnole, le renversement et la mort de Salvador Allende déclenchent chez les socialistes européens « une solidarité émotionnelle et la découverte d’un monde qu’on ne connaissait pas », se souvient M. Blanca qui, quelques jours après le golpe, mandaté par l’IS, saute dans un avion et, à Viña del Mar, se recueille sur la tombe du compañero presidente, avant d’être expulsé. « Ce fut le premier défi digne de ce nom, vis-à-vis de Washington, d’une Internationale qui, jusque-là, faisait tout pour apparaître soumise à la stratégie américaine et à l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique nord]. »


L’appui des Etats-Unis aux dictatures va dès lors constituer le point de dissension majeur d’une génération sociale-démocrate – Willy Brandt (Allemagne), Olof Palme (Suède), Mario Soares (Portugal), Felipe González (Espagne), Bruno Kreisky (Autriche), François Mitterrand… – avec l’allié américain. De leur côté, les partis réformistes victimes de ces régimes autoritaires cherchent des alliés parmi les pays développés. Les contacts se multiplient. Une première réunion formelle a lieu en avril 1976, à Caracas, à l’invitation du président vénézuélien Carlos Andrés Pérez et de son parti Action démocratique (AD). La « Première conférence régionale de l’IS pour l’Amérique latine et la Caraïbe », à Saint-Domingue, en mars 1980, marque le déploiement de ce courant politique dans la région.


Parmi les vingt-neuf organisations locales, figure alors, pour le Nicaragua, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN), admis dès 1978 alors qu’il luttait encore, les armes à la main, pour chasser Anastasio Somoza ; M. Fidel Castro est invité en tant que président en exercice du Mouvement des pays non-alignés. Et les Européens « se mouillent » : la présence de partis « frères » au sein du Front démocratique révolutionnaire (FDR) au Salvador, du Front démocratique contre la répression (FDCR) au Guatemala et du Front patriotique (FP) au Honduras – qui, pour les deux premiers, possèdent une branche politique et une aile insurgée – les amène à soutenir, de fait, la lutte armée.


En France, en 1981, Mitterrand arrive à l’Elysée, la rose au poing. Sous l’influence de MM. Lionel Jospin, Régis Debray (chargé de mission à la présidence de la République) et Blanca (qui sera nommé en 1982 ambassadeur itinérant en Amérique latine), Paris défie les Etats-Unis dans une région très sensible pour eux. Le 28 août 1981, la déclaration franco-mexicaine sur la représentativité de l’opposition salvadorienne – y compris sa branche armée – a un impact considérable. Mitterrand ne cache pas sa sympathie pour les sandinistes, les relations avec Cuba sont au beau fixe et, jubile M. Blanca, « au nom de l’IS et dans le dos de Washington, j’ai réussi “des coups”, comme d’empêcher un embrasement entre le Costa Rica et le Nicaragua ! »


Malgré l’irritation de Ronald Reagan, les thèses de l’Internationale — la résolution politique des conflits armés — prévaudront, le président du Costa Rica, M. Oscar Arias, proposant le plan de paix pour l’Amérique centrale qui lui vaudra, en 1987, le prix Nobel de la paix. Membre, pendant toute cette période, de la commission politico-diplomatique de l’Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG), l’ancien guérillero Miguel Angel Sandoval se souvient : « Notre mouvement a toujours vu dans l’IS un espace susceptible de servir ses objectifs : la négociation et la recherche de la paix. Ainsi, notre première rencontre avec le gouvernement et l’armée a eu lieu à Madrid, grâce à la médiation du PSOE. Mais nous avons toujours eu conscience des profondes différences existant alors entre des partis comme le suédois, le français, l’espagnol, et d’autres, plus réformistes ou clairement de droite. »


Dès Saint-Domingue, des clivages se sont en effet dessinés. Certains membres « latinos » de l’IS – le Parti de libération nationale (PLN, Costa Rica), AD (Venezuela), le Parti révolutionnaire dominicain (PRD), etc. – se démarquent des Européens. A la différence de ces derniers, et ne plongeant pas leurs lointaines racines dans le marxisme, ils ne remettent nullement en cause le capitalisme et s’affichent dans de nombreux cas vigoureusement anti-communistes. « Le concept même de classe sociale est très discutable en Amérique latine », osera ainsi le dirigeant de la Gauche démocratique équatorienne (ID) Rodrigo Borja .


Vaguement réformistes, ils utilisent l’IS pour damer le pion à la démocratie chrétienne lorsque tomberont les dictatures et parce que, prenant note de la puissance économique des pays que gouvernent ou gouverneront bientôt leurs amis d’outre Atlantique, ils calculent les avantages qu’ils pourraient en tirer. « L’Internationale socialiste fonctionne de manière clientéliste, s’insurgera en 1999 le mexicain Porfirio Muñoz Ledo (Parti de la révolution démocratique ; PRD) : Certains partis viennent ici côtoyer les Européens comme s’ils fréquentaient la classe supérieure . » Dans le Comité de l’IS pour l’Amérique latine et la Caraïbe (Siclac) créé en 1980, cohabitent aussi bien le FSLN que la très centriste Union civique radicale (UCR) argentine ; le PS chilien (rallié en 1996 !), qui co-gouverne avec la démocratie chrétienne, et le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) mexicain, assez peu démocratiquement au pouvoir pendant soixante-dix ans ; le Parti libéral (PL) colombien – sous les gouvernements duquel a été exterminée la formation de gauche Union patriotique (1986-1990), introduit le modèle néolibéral (1990-1994) et auquel appartiendra, jusqu’en 2002, M. Uribe .


Peu importe. En multipliant les adhésions à l’Internationale, les socialistes du vieux continent « étendent leur influence ». Par-là même, en bons gestionnaires coulés dans le cadre libéral et essayant de l’améliorer à la marge, ils promeuvent les intérêts des milieux d’affaires et du capital européens.


Réunion du Conseil de l’IS, à Buenos Aires, les 25 et 26 juin 1999 : « Auparavant, le socialisme était plus dur et étatiste, frissonne M. Felipe González, mais le socialisme démocratique a toujours accepté le marché qui, de fait, va de pair avec la démocratie . » S’il condamne « les inégalités tragiques qui frappent le monde », le document final exhorte « à profiter de la mondialisation » pour éliminer le chômage, la faim et l’indigence . Bref, commente le brésilien Leonel Brizola (Parti démocratique travailliste ; PDT), le texte « est si général qu’il peut servir tant au pied droit qu’au pied gauche ». Passant inaperçu ( ?), un court paragraphe mentionne la préoccupation de l’IS face à « l’évolution du processus politique au Venezuela [et à] la politique de confrontation permanente du gouvernement avec les autorités établies ». Le président Hugo Chávez n’occupe le pouvoir que depuis… six mois.


Un même cérémonial préside tant aux Conseils (auxquels participent l’ensemble des partis) qu’aux réunions locales du Siclac. « Il faut passer deux jours d’abrutissement total à écouter les interventions de quelques chefs d’Etat ou de partis, discours généralement préparés par leurs conseillers et que, souvent, les découvrant en arrivant à la tribune, ils lisent en ahanant », grimace l’ex-vice présidente de l’IS Margarita Zapata (FSLN). « Un chapelet de paroles verbales, complète M. Blanca, pleines de bonnes intentions, dont il ne sort strictement rien, sans orientation contraignante pour personne ; chacun repart de son côté sans avoir d’idée plus précise de la situation. »


Seul intérêt de ces forums : « Il y a des tête à tête privés et on échange de grandes embrassades avec les vieux copains » (M. Blanca) ; « On établit des contacts et, surtout, on retrouve les amis » (Mme Zapata). Or, nul ne l’ignore, « les ennemis de mes amis sont mes ennemis ».


« En prenant les décisions qui, je crois, vont être prises, le pays est particulièrement viable », s’enthousiasme l’espagnol González, après que, le 1er janvier 1989, Carlos Andrés Pérez – surnommé CAP – soit redevenu président du Venezuela . Bien vu, « camarade » ! Converti au libéralisme et ayant négocié un ajustement structurel avec le Fonds monétaire international (FMI), CAP affame le peuple du jour au lendemain. Celui-ci se révolte, le 27 février, lors de ce qui demeurera dans l’Histoire comme le Caracazo.


D’une brutalité inouïe, la riposte du pouvoir laisse de l’ordre de trois mille morts sur le terrain. Plus chanceux que le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) qu’exclura l’IS, après la répression du mouvement populaire tunisien de janvier 2011, Action démocratique, le parti de CAP, s’en sort sans une égratignure. En 1993, après sa destitution pour corruption, le bureau de l’Internationale enverra à CAP un communiqué lui témoignant son estime et son amitié. Il est vrai que, pendant son premier mandat, « il avait été généreux avec ses amis européens : il est de notoriété publique que, sous la direction de M. González, le PSOE a largement bénéficié de sa “solidarité” financière ». Pas de quoi rendre sympathique le lieutenant-colonel Chávez qui, le 4 février 1992, s’était soulevé contre cette « démocratie injuste et corrompue ».


Comme au Venezuela, les dirigeants des partis « latinos » membres de l’IS qui arrivent aux affaires dans les années 1980-1990 – Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Equateur, Mexique, Panamá, etc. – ont une vraie politique sociale : ils pourvoient aux besoins des bien vêtus et des bien nourris. Dérégulant et privatisant à la hache, de mèche avec Washington, la Banque mondiale et le FMI, ils termineront discrédités voire renversés. Issus des luttes ou portés par les mouvements populaires, de nouveaux leaders apparaissent : MM. Chávez (Venezuela), Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil), Evo Morales (Bolivie), Rafael Correa (Equateur).


Les 19 et 20 juillet 2002, le Siclac se réunit à Caracas, avec, en puissance invitante, les vénézuéliens Rafael Angel Marín, dirigeant d’AD, Antonio Ledezma (Alliance du Peuple brave ; ABP) et Miguel Henrique Otero, directeur du quotidien El Nacional : à des degrés divers, tous ont participé à la tentative de coup d’Etat contre M. Chávez, le 11 avril précédent. « Averti par des amis du PRI et du FSLN, raconte M. Maximilien Arvelaíz, à l’époque conseiller du président vénézuélien, je prends contact avec le secrétaire général de l’IS, le chilien Luis Ayala, et il accepte une rencontre avec Chávez, sous condition : les participants qui le souhaitent s’y rendront “à titre personnel”. Le lendemain, effectivement, quelques-uns sont venus, mais, à la dernière minute, Ayala s’est désisté. »


Au terme de sa réunion, le Siclac émet un communiqué annonçant qu’il décide « d’appuyer Action démocratique et la Coordination démocratique dans la mobilisation et la défense du système démocratique et de ses institutions » – autrement dit : les putschistes ! Présent en tant qu’observateur du PS français, M. Jean-Jacques Kourliandsky revient sur cet épisode : « J’ai failli me faire agresser par le secrétaire général d’AD car j’ai protesté : ces conclusions avaient été rédigées et déjà publiées dans la presse d’opposition vénézuélienne avant le début des travaux ! » Puis il hausse les épaules : « Elles n’ont aucune valeur, en réalité. » Erreur ou cécité ? Elles figurent aujourd’hui encore sur le site officiel de l’IS , comme toutes celles qui suivront, émanation directe des trois partis vénézuéliens membres – AD, Mouvement vers le socialisme (MAS), Podemos –, tous violemment hostiles à la révolution bolivarienne.


« L’Internationale socialiste ? » Ex-conseiller à l’ambassade parisienne de la Bolivie, M. Alfonso Dorado grimace ostensiblement. « Paz Zamora en a été le vice-président. Ça joue beaucoup dans la mémoire collective... » Dirigeant du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), ce dernier a passé un accord, en 1989, avec l’ex-dictateur Hugo Banzer afin d’accéder à la présidence. En 2002, pour contrer la montée en puissance de M. Morales et de son Mouvement vers le socialisme (MAS) – à ne pas confondre avec le parti éponyme vénézuélien –, il s’est allié au multimillionnaire Gonzalo Sánchez de Lozada qui, élu, sera bouté du pouvoir par une explosion sociale en octobre 2003. Le MAS bolivien n’appartient donc pas à l’IS, pas plus que le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), l’Alliance Pays de M. Correa, le FMLN salvadorien, l’URNG guatémaltèque ; d’ailleurs, personne ne le leur a demandé.


L’Internationale n’a qu’un rêve : faire adhérer le Parti des travailleurs (PT) du puissant Brésil et de l’icône de la gauche latina, M. Lula da Silva. Mais le PT a mis ses œufs dans un autre panier. En 1990, avec M. Fidel Castro, il a fondé le Forum de São Paulo, qui accueille tant des partis modérés (également membres de l’IS) que des formations forgées dans la lutte armée, des partis communistes (y compris le cubain) et leurs différentes scissions. « Affronter le néolibéralisme en Amérique latine, explique M. Valter Pomar, membre de la direction nationale du PT, exigeait une attitude ouverte et plurielle, prenant en compte tant la crise traversée par le communisme que celle frappant la social-démocratie. Cela étant, nous entretenons de bonnes relations avec l’IS... » Mais, de loin.


Ancrés dans leurs anciennes alliances, les sociaux-démocrates européens, à l’exception notable des portugais, ne comprennent rien à cette Amérique latine nouvelle qui ose évoquer le « socialisme du XXIe siècle », cherche la voie d’une démocratie « participative », se trompe parfois, avance, recule, mais qui, en matière sociale, obtient de notables avancées. A travers la Fondation Friedrich Ebert, le SPD allemand dispose d’énormes moyens, mais ne s’intéresse pas à la région. Laminés par M. Blair, les travaillistes britanniques « pur jus » font figure de tribu en voie d’extinction. Silence radio en Italie ou, pourtant… « Massimo d’Alema [Parti démocrate] est venu à Caracas, s’amuse M. Arvelaíz. Il était très tendu. Nous lui avons fait rencontrer Chávez. “Cela me rappelle ma jeunesse”, s’est-il exclamé en ressortant, enchanté… »


Au Parlement européen, « où, depuis plusieurs années, les accords de libre-échange sont le principal thème abordé, le groupe socialiste, dans sa majorité, n’est pas très progressiste, constate M. Dupret. Par exemple, on n’a jamais eu leur appui pour mettre le Honduras [où a eu lieu un coup d’Etat en 2009] à l’ordre du jour. » En revanche, en 2004, c’est le président du PSE, l’espagnol Enrique Barón Crespo, qui proposa d’inviter M. Uribe, le chef de l’Etat colombien. Lors du discours de ce dernier, le 10 février, « le GUE/NGL, les Verts, certains libéraux et de nombreux socialistes, désavouant Barón Crespo, ont quitté la salle. Mais pas les Espagnols ! » S’agissant de l’Amérique latine, Madrid exerce une influence considérable au sein de l’UE. Suivant Cuba – la dernière de ses colonies – d’aussi près que s’il s’agissait de la Galice ou de l’Andalousie, l’Espagne a été quasiment la seule à défendre la normalisation des relations de l’île avec l’UE. Jusqu’à sa perte du pouvoir, en novembre 2011, le PSOE a joué un rôle important à travers la coopération. « Mais il ne s’agit nullement d’une proximité politique », remarque le bolivien Dorado (voir l’encadré ci-contre).


Gros émoi à Paris, le 22 octobre 2010, rue de Solférino : porte-parole du PS, M. Benoît Hamon a annoncé qu’il « s’apprêterait » à se rendre au Venezuela et à y rencontrer, pourquoi pas ?, le président Chávez. Il s’attire les foudres de l’aile droite du parti ; les strauss-kahniens de l’époque tentent de faire son procès.


De son expérience à l’ambassade de Bolivie, M. Dorado tire une grimace désabusée : « Nous avons eu des contacts anecdotiques avec Ségolène Royal et Martine Aubry, mais le PS n’a jamais manifesté un intérêt particulier pour connaître ce qui se passe dans notre pays. Nous avons essayé d’approfondir la relation, sans résultat ; nous n’avons donc jamais eu l’occasion de discuter du socialisme du XXIe siècle ou de cette expérience d’intégration qu’est l’ALBA [Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique ]. » Il est vrai que cette dernière, d’un point de vue néolibéral, est en contradiction totale avec les intérêts économiques et géopolitiques tant des Européens que des Américains.


On a certes vu des délégations de haut niveau du PS aux Forums sociaux de Porto Alegre en 2002 et 2003 : il s’agissait avant tout de damer le pion aux altermondialistes et de courtiser Brasília. En campagne électorale, Mme Royal s’est ostensiblement affichée auprès des « présidentes » argentine Cristina Fernández de Kirchner et chilienne Michelle Bachelet – dont l’une des prouesses politiques sera d’avoir permis à la droite dure de revenir au pouvoir sous le signe… de la continuité..


« Nous envoyons là-bas, aux réunions du Siclac, des gens qui s’occupent de l’Amérique latine depuis vingt ans et qui n’ont jamais fait bouger quoi que ce soit, tempête M. Roberto Romero, assistant parlementaire de M. Henri Emmanuelli. Ce n’est même pas qu’il y ait, au sein du PS, une hostilité étayée pour X ou Y. Il s’agit d’une ignorance crasse ! En terme de connaissance, c’est le niveau Le Monde ou Libération, dont les choix éditoriaux, sur l’Amérique latine, s’apparentent à de la désinformation. » Pour M. Romero comme pour nombre de nos interlocuteurs, « l’IS, cette coquille vide, est sans doute la meilleure agence de voyage du monde, et assez confortable… Mais il n’en sort rien ! » Est-ce aussi certain ? Des réunions du Siclac et de ses partis discrédités proviennent les communiqués que diffuse l’IS. En Amérique latine, la presse d’opposition en fait ses gros titres : la gauche du monde entier nous appuie ! Les médias européens reprennent. Haro sur « le populisme » ! Les « socialistes » lisent. Et la boucle est bouclée.

MAURICE LEMOINE

Journaliste ; auteur de Cinq Cubains à Miami, Don Quichotte, Paris, 2010. Ex-rédacteur en Chef du Monde Diplomatique, Paris

Fuente : http://www.eldiplo.org/los-mercados... et http://www.monde-diplomatique.fr/20... Traducción : Gustavo Recalde

Source : La Révolution Vive

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:46

Iroel Sanchez

 

A propos de notre participation aux Premières Rencontres Mondiales des Blogueurs à Foz de Iguazú, au Brésil, j’ai eu cette entrevue avec Sergio Bertoni, Blogueur de Paraná, qui l’a publiée sur son blog paranablogs.  Bertoni conduira, avec Cido Araújo, blogueur de Sao Paulo, la table ronde intitulée « Expériences en Amérique Latine » où mon intervention est prévue pour le 29 Octobre à 9 heures.

 

28 0ctobre 2011

 

Quelle est l’importance des la Rencontre Mondiale des Blogueurs et qu’attendez vous de cet évènement ?

 

Je pense que cette rencontre revêt une grande importance au moment où les structures de domination du capitalisme, dans lesquelles les médias jouent un rôle primordial, sont questionnées au niveau mondial comme faisant partie de la crise de légitimité à laquelle est en train d’être confronté le système. Ce qui s’est passé avec la mobilisation mondiale du 15 Octobre en est un exemple palpable. Se rencontrer, débattre de ses expériences, partager ses connaissances, est d’un apport on ne peut plus valable pour ceux qui essaient de donner une vision proche de la vérité dans la conjoncture actuelle.

 

Quelle est la mission de la blogosphère et des réseaux sociaux actuellement ?

 

La blogosphère donne la parole à ceux que les grands médias ont condamné au silence depuis très longtemps. Dès lors, avec les réseaux sociaux, elle a réussi à s’articuler avec la révolte organisée de la majorité, ce qui suppose un manque de confiance croissant à l’égard de ceux qui veulent imposer par le fer et par le sang un ordre social qui se révèle chaque fois plus injuste. Sur notre continent, ce qui se passe au Chili est plus qu’exemplaire. Là, toutes les organisations étudiantes les syndicats, les organisations proches, ont mis sur les blogs les dénonciations de la répression dont ils sont l’objet , avec des documents vidéo et des photos, et ils sont arrivés à avoir une grande audience, aussi bien nationale qu’internationale.

 

Quelle a été votre expérience de l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux ?

 

D’abord, elle a été d’avoir une grande source d’informations à travers des médias alternatifs comme Rebelión ou Democracy Now, ou pour faire ma propre analyse des publications mises en œuvre par Wikileaks Depuis un peu plus d’un an, j’administre un blog qui s’appelle [« La pupila insomne »-> http://lapupilainsomne.wordpress.com/] [« L’œil qui ne dort pas »]. Il a été très stimulant de voir comme ses contenus sont partagés sur les réseaux sociaux et sur Internet, y compris traduits dans d’autres langues, et de voir à la fois que ces lecteurs mêmes enrichissent ce que j’ai fait, suggérant des thèmes ou apportant des informations de grande valeur. Fondamentalement sur comment les grands médias déforment la réalité cubaine ou internationale, ce qui est la question principale dont je m’occupe.

 

Quels sont les défis principaux auxquels la blogosphère est confrontée ?

 

Je pense qu’il est nécessaire de mieux combiner l’immédiateté de l’information avec la qualité de celle-ci. L’information, quand elle ne vient pas des grands médias, est contrainte à la rigueur, contrainte de citer ses sources et d’apporter de documenter ce qu’elle dit, en plus de publier des choses bien écrites, pour pouvoir accroître son audience. Les erreurs des puissants passent en général inaperçues mais ceux qui luttent de puis le bas ne peuvent se payer le luxe de se tromper.

 

En même temps, comme l’a dit Boaventura de Sousa à propos de Wikileaks, il s’agit d’articuler toute cette information avec les mouvement sociaux pour la trasformer en une force capable de parvenir à ce qu’il appelle « la wikiliquidation de l’empire »

 

Source : lapupilainsomne

 

Traduction : Alma

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 22:24

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1

Les pays hégémoniques ont-ils eu, ont-ils, auront-ils, d’autre méthode que l’intervention militaire pour lutter contre leur propre crise et contre les pays périphériques ?

La fabrication d’armements fait tourner l’industrie. Le recrutement de mercenaires occupe et éloigne les marginaux. La destruction de pays afin de se répartir leurs ressources encourage la bagarre financière.

2

La guerre infinie suffira-t-elle à sauver l’impérialisme ?

Les dépenses en armement conduisent les économies vers la banqueroute. Le déficit est épongé grâce à des réductions des dépenses sociales qui entrainent des soulèvements internes. L’économie de casinos boursiers conduit d’une crise à l’autre. Les agressions externes répétées embourbent les empires dans des guerres qu’ils ne peuvent gagner contre des cultures qu’ils ne comprennent pas. Le pillage et le gaspillage d’hydrocarbures terminera seulement quand il n’y en aura plus. Le style actuel de nos civilisations ne survivrait pas à l’épuisement de la source de plus de 90% de la consommation énergétique. La bataille pour le pétrole, l’eau et la biodiversité entraine vers l’affrontement entre grandes puissances et vers la Guerre Mondiale.

3

L’attentat contre la Libye modifie-t-il ce panorama?

Les bombardements philanthropiques de l’OTAN aplanissent le chemin vers une coalition humanitaire de pilleurs qui comprend des spéculateurs financiers de l’autocratie pétrolière du Qatar, d’ex-fonctionnaires de Kadhafi, des fondamentalistes sunnites, des djihadistes, des groupes tribaux berbères et des pions d’Al Qaeda. Cette bande de bénévoles a commencé par assassiner son premier chef, Younis. Cela ne ressemble pas aux bases nécessaires pour construire une paix durable ni une victoire plus rapide que celles infiniment repoussées en Afghanistan et en Iraq. Les Etats-Unis ont armé les talibans en Afghanistan, leurs pires ennemis désormais. Neuf années de démolition en Iraq ont été conclues par la conquête du gouvernement par des chiites partisans de l’Iran, le plus grand rival des Etats-Unis dans la région. à coups de bombes, l’Alliance de l’Atlantique ouvre le chemin de la Libye à une grande partie de ses ennemis. Tout allié des Etats-Unis devient sa victime ou son adversaire.


4

Suffit-il de ne rien faire pour que l’Empire s’arrête?

Lors d’un entretien télévisé réalisé en Mars 2007, l’ex commandant de l’OTAN, le Général Wesley Clark, révélait que quelques semaines seulement après le 11 Septembre, alors que la guerre d’Afghanistan avait commencé, un général qui travaillait directement avec le Secretaire Rumsfeld et le sous-secrétaire Wolfowitz lui a montré des papiers disant : « ceci est une note qui décrit comment nous allons envahir 7 pays en 5 ans. En commençant par l’Iraq, la Syrie, le Liban, la Somalie et le Soudan, et pour finir l’Iran » (General Wesley Clark: « plan des Etats Unis en 2001 pour envahir 7 pays dont la Libye” www.forosperu.com 13-8-2011).

5
Le larcin contre la Libye améliorera-t-il la situation des autocraties pétrolières de Bahreïn, d’Arabie Saoudite, du Koweït et du Qatar, des puissances qui ont oublié d’utiliser leur véto contre l’intervention, des consommateurs d’hydrocarbures ?

Les compagnies impériales maintiendront des prix hauts, car c’est de cela que dépendent leurs revenus exorbitants. Les autocraties pétrolières sont utiles en tant que pions contre les pays indépendants de l’OPEP. A mesure qu’elles seront soumises, les autocraties deviendront inutiles, on les payera de moins en moins pour l’or noir et leurs peuples affamés les renverseront. La Russie et la Chine ont déjà été exclues du partage du pétrole libyen. Bientôt elles seront exclues du pétrole mondial.



6

Le pillage calmera-t-il l’agitation globale?

Si le butin n’est pas suffisant pour les grandes puissances, c’est encore moins le cas pour les peuples. La récession entrainera une augmentation du chômage ; celui-ci aggravera la discrimination contre les immigrés ; la crise alimentaire entrainera une forte hausse du coût de la vie ; la décision des gouvernements de transférer le poids de la crise sur le dos des travailleurs va créer de la famine ; ces derniers se regrouperont sous la bannière de l’Indignation, se libérant du néolibéralisme et renversant des autocraties conservatrices comme celles de Tunisie et d’Egypte.


7

Une crise terminale du capitalisme et une vague de mutineries et d’agitations populaires seront-elles suffisantes pour détoner une révolution internationale ?

Les forces sociales se dissipent sans machineries ou projets capables de les faire s’unir à une cause. Durant l’Hécatombe néolibérale, les partis et les intellectuels qui étaient révolutionnaires dans le passé se sont rendus face à la Pensée unique et ont abandonné la conduite de la puissante commotion qui secoue aujourd’hui la planète. La constitution ou reconstitution de projets révolutionnaires et de partis radicaux disposés à la mettre en œuvre est urgente. C’est la seule chose qui nous sépare de la Révolution Mondiale.


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traduit avec l'autorisation de l'auteur
me contacter pour toute amélioration de la traduction
article original en espagnol : ici

Source : Luis Britto Garcia

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 22:20

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1

Un fantôme, appelé indignation, recourt le monde. Il annonce une énorme vague révolutionnaire qui pourrait libérer les pays hégémoniques et périphériques de la même façon. Les premiers cités sont en banqueroute a cause de la crise, absorbés dans de couteuses courses à l’armement, faisant face à l'épuisement des ressources qu’ils dilapident. Les seconds souffrent de la pénurie d’aliments, la dévastation de la nature et l’exploitation néocoloniale.

2

L’accumulation de conditions objectives se convertit en révolution seulement quand la somme des changements quantitatifs entraine une transformation qualitative. Historiquement, comment a eu lieu ce saut ? Durant la Révolution Anglaise de 1645 et la Française de 1789, et la Bolchévique de 1917, des soulèvements populaires détonnés par l’extrême pénurie se sont ajoutés aux banqueroutes des Etats dues a des aventures guerrières.
Observons les pouvoirs hégémoniques d’aujourd’hui, et leurs alliés. Les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, le Japon, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Italie, l’Islande s’effondrent sous le poids de dettes publiques proches ou supérieures à 100% de leur PIB annuel. De telles charges n’entrainent pas la débâcle instantanée car, á différence du Tiers-Monde, ils payent de commodes intérêts comme celui des Etats-Unis, de1, 5% annuel. Mais leurs gouvernements ont opté pour maintenir l’amnistie fiscale pour les riches et les banquiers arnaqueurs, et charger tout le poids du déficit et des sauvetages financiers sur les conditions de vie des travailleurs et, parfois, se ruiner dans de couteuses ingressions impériales.

3

De telles politiques, identiques á celles qui ont entrainé les révolutions historiques, ont forcement comme conséquence la résistance sociale. Le peuple d’Islande a refusé de payer la datte des banquiers, fait pratiquement révolutionnaire. La Grèce, la France, l’Espagne, l’Italie et l’Angleterre sont le théâtre de protestations massives. En Israël entre juillet et aout des multitudes de 300 000 citoyens protestent contre le cout de la vie et obligent Netanyahu à stopper la hausse des prix du pétrole et a augmenter l’importation d’aliments (BBCMundo: 27-8-2011). Le premier ministre Cameron disqualifie les manifestants de Londres en les traitants de pillards. Mais la Révolution Française avait pris ce même trait avec les jacqueries, pillages paysans qui ont obligé la noblesse à renoncer a ses privilèges et furent le prélude aux soulèvements parisiens. Le bipartisme a aussi qualifié les soulèvements populaires de Mérida en 1987 et de Caracas en 1989 de pillages, mais ils ont changé le cours du pays. Immanuel Wallesrstein déclarait pour ALAI le 15-08-2011 : « Je vois des guerres civiles dans de nombreux pays du Nord, surtout aux Etats-Unis où la situation est bien pire qu’en Europe Occidentale, même si là bas aussi il y a des possibilités de guerres car il y a une limite jusqu'à laquelle les gens ordinaires acceptent la dégradation de leurs possibilités. »

4

Cette rébellion dans les centres hégémoniques s’équilibre-t-elle avec la soumission coloniale du Tiers-Monde ? La majorité des pays d’Amérique Latine et des Caraïbes ont choisi des gouvernements de gauche ou de centre-gauche. Au Mexique la violence et la militarisation augmente : le 8-8-2011 le New York Times réitère que des agents du Pentagone, la CIA, la DEA et d’autres agences opèrent non seulement depuis le centre d’intelligence qui se trouve á Reforma 225, mais aussi depuis une base militaire en terre Mexicaine. Au Honduras les protestations contre le régime qui a surgi suite au coup d’Etat contre Zelaya augmentent. A Haïti, les citoyens s’insurgent contre les troupes de la Minustah qui jettent les excréments dans les rivières. Au Chili le gouvernement néolibéral fait face a la rébellion de 500 000 manifestants contre la privatisation totale de l’éducation. Et dans le monde islamique les passions se déchainent. Mais de l’indignation á la Révolution il y a beaucoup de distance. La tâche est de la raccourcir.

PHOTO: Puerta del Sol, Madrid, Luis Britto

Source : Luis Britto Garcia

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 09:59
apoyo a Estado palestino
Version  française de la lettre adressée par le Président Hugo Chavez à Monsieur Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, approuvant la création d'un Etat palestinien:
 

                                       Miraflores, le 17 septembre 2011

  

Son Excellence

Monsieur Ban Ki-Moon

Secrétaire général

Organisation des Nations Unies

 

 Monsieur le Secrétaire général ;

Honorables représentants des peuples du monde, 

Je m’adresse à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, à cette grande tribune où sont représentés tous les peuples de la Terre, pour réaffirmer aujourd’hui et en ce lieu l’appui total du Venezuela à la reconnaissance de l’État de Palestine, au droit de la Palestine de se convertir en un État libre, souverain et indépendant. Il s’agit là d’un acte de justice historique envers un peuple qui porte en soi depuis toujours toute la douleur et toute la souffrance du monde,

 

 Le grand philosophe français Gilles Deleuze a dit, empruntant l’accent de la vérité, dans son ouvrage mémorable La grandeur de Yasser Arafat : La cause palestinienne est avant tout l’ensemble des injustices que ce peuple a subies et continue de subir. Elle est aussi – oserai-je ajouter – une volonté de résistance permanente et irréductible qui est d’ores et déjà inscrite dans la mémoire héroïque de la condition humaine. Une volonté de résistance qui naît de l’amour pour la terre. Mahmoud Darwish, cette voix infinie de la Palestine possible, nous parle depuis le sentiment et la conscience de cet amour :  

Qu’avons-nous besoin du souvenir

le Mont Carmel est en nous

et sur nos paupières pousse l’herbe de Galilée

Ne dis pas : Que ne courrions-nous pas comme un fleuve pour le rejoindre

Nous sommes dans la chair de notre pays

Il est en nous


Contre ceux qui soutiennent à tort que ce que le peuple palestinien a souffert n’est pas un génocide, Deleuze soutient avec une lucidité implacable : D’un bout à l’autre, il s’agira de faire comme si le peuple palestinien, non seulement ne devait plus être, mais n’avait jamais été. C’est là  - comment dire ? – le degré zéro du génocide : décréter qu’un peuple n’existe pas ; lui nier le droit à l’existence.

 

À ce sujet, saluons la raison le grand écrivain espagnol Juan Goytisolo lorsqu’il affirme catégoriquement : La promesse biblique de la terre de Judée et de Samarie aux tribus d’Israël n’est pas un contrat de propriété entériné par-devant notaire qui autorise à expulser de leur terre ceux qui y sont nés et qui y vivent. Aussi la solution du conflit du Moyen-Orient passe-t-elle forcément par la justice à rendre au peuple palestinien : telle est la seule voie si l’on veut conquérir la paix.

 

Nous souffrons et nous indignons en constatant que ceux qui ont subi l’un des pires génocides de l'Histoire se sont convertis en bourreaux du peuple palestinien ; nous souffrons et nous indignons en constatant que le legs de l’Holocauste est la Nakba. Il est simplement indignant tout court de constater que le sionisme continue de recourir au chantage de l’antisémitisme contre ceux qui s’opposent à ses sévices et à ses crimes. Israël a instrumentalisé et instrumentalise d’une façon éhontée et vile la mémoire des victimes. Et il le fait pour pouvoir agir en toute impunité contre la Palestine.  Il va sans dire, au passage, que l’antisémitisme est une plaie occidentale, européenne, dont les Arabes ne sont pas partie prenante. De plus, n’oublions pas en plus que c’est le peuple sémite palestinien qui souffre de l’épuration ethnique pratiquée par l’État colonialiste israélien.

 

Qu’on me comprenne bien : une chose est de refuser l’antisémitisme, autre chose, et une autre, très différente, est d’accepter passivement que la barbarie sioniste impose au peuple palestinien un régime d’apartheid. D’un point de vue éthique, quiconque refuse la première doit condamner la seconde.

 

  Qu’il me soit permis une digression nécessaire : il est franchement abusif de confondre sionisme et judaïsme ; nombre d’intellectuels juifs, tels Albert Einstein et Erich Fromm, se sont chargés de nous le rappeler au fil du temps. Et, aujourd’hui, de plus en plus de citoyens conscients au sein même d’Israël, s’opposent ouvertement au sionisme et à ses pratiques terroristes et criminelles.

 

Il faut le dire clairement : le sionisme, comme vision du monde, est foncièrement raciste. Ces affirmations de Golda Meir, d’un cynisme atterrant, en sont une preuve criante : Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre ! Ce que l’on appelle les Palestiniens n’existe pas. Ce n’était pas comme s’il y avait eu un peuple en Palestine, qui se considérait comme le peuple palestinien, et que nous étions venus, les avions jetés dehors et leur avions enlevé leur pays. Ils n’existaient pas.

 Rappelons-nous : c’est dès la fin du XIXe siècle que le sionisme a parlé du retour du peuple juif en Palestine et de la création d’un État national qui lui soit propre. Cette prise de position s’imbriquait parfaitement dans le colonialisme français et britannique, comme il ferait ensuite dans l’impérialisme yankee. L’Occident a, depuis toujours, appuyé et encouragé l’occupation sioniste de la Palestine par la voie militaire.

 Lisez et relisez donc ce document qui est connu historiquement comme la Déclaration de Balfour de 1917 : le gouvernement britannique s’arrogeait la faculté de promettre aux juifs un foyer national en Palestine, en dénigrant délibérément la présence et la volonté de  ses habitants.  Et rappelons que chrétiens et musulmans ont vécu en paix, des siècles durant, en Terre sainte jusqu’à ce que le sionisme ait entrepris de la revendiquer comme sa propriété entière et exclusive.

 

Rappelons encore que, dès la deuxième décennie du XXe siècle, le sionisme, profitant de l’occupation coloniale de la Palestine par la Grande-Bretagne, a commencé à développer son projet expansionniste. Et qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le peuple palestinien verrait sa tragédie empirer par son expulsion à la fois de son territoire et de l’Histoire. La résolution 181 des Nations Unies – ignominieuse et illégale – recommanda en 1947 la partition de la Palestine en un État juif, en un État arabe et en une zone sous contrôle international (Jérusalem et Bethléem), concédant ainsi – quelle honte ! – 56% du territoire au sionisme pour qu’il y constitue son État. Cette Résolution violait de fait le droit international et bafouait d’une manière flagrante la volonté des grandes majorités arabes : le droit des peuples à l’autodétermination devenait lettre morte.

 

De 1948 à nos jours, l’État sioniste a poursuivi sa stratégie criminelle contre le peuple palestinien. Pour ce faire, il a toujours pu compter sur un allié inconditionnel : les États-Unis d’Amérique. Et cette inconditionnalité se traduit par un fait bien concret : c’est Israël qui oriente et fixe la politique internationale étasunienne au Moyen-Orient. Edward Saïd, cette grande conscience palestinienne et universelle, soutenait avec force raison que tout accord de paix qui se construirait sur l’alliance avec les USA, loin d’amenuiser le pouvoir du sionisme, le confortera.

 

Toutefois, contrairement à ce qu’Israël et les États-Unis prétendent faire croire au monde à travers les multinationales de la communication et de l’information, ce qui est arrivé et ce qu’il continue d’arriver en Palestine n’est pas – disons-le avec Saïd – un conflit religieux : c’est un conflit politique marqué du sceau du colonialisme et de l’impérialisme ; ce n’est pas un conflit millénaire : c’est un conflit contemporain ; ce n’est pas un conflit qui est né au Moyen-Orient : c’est un conflit qui est né en Europe.

 

Quel était et quel est encore le nœud du conflit ? Le fait qu’on privilégie dans les discussions et les analyses la sécurité d’Israël, jamais celle de la Palestine. L’histoire récente le corrobore : il suffit de rappeler la nouvelle équipée génocidaire déclenchée à Gaza par Israël à travers l’opération Plomb fondu.

 

La sécurité de la Palestine ne peut se réduire à la simple reconnaissance d’un auto-gouvernement et d’un auto-contrôle policier limités dans ses « enclaves » de la Rive Ouest du Jourdain et de la bande de Gaza, tout en ignorant non seulement la création de l’État palestinien dans les frontières antérieures à 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, les droits de ses nationaux et le droit de son peuple à l’autodétermination, mais encore le droit à la compensation et le droit au retour de la moitié de la population palestinienne dispersée dans le monde entier, aux termes de la Résolution 194.

 

Il n’est pas croyable qu’un pays, Israël, qui doit son existence à une résolution de l’Assemblée générale puisse mépriser à ce point les résolutions émanant des Nations Unies ! Voilà ce que dénonçait le père Miguel D’Escoto quand il réclamait la fin du massacre de la population de Gaza fin 2008 et début 2009.

 

Monsieur le Secrétaire général ;

Honorables représentants des peuples du monde,

 

On ne saurait ignorer la crise des Nations Unies. Nous avons soutenu en 2005, devant cette même Assemblée générale, que le modèle des Nations Unies était épuisé. Le fait que le débat sur la question de Palestine ait été ajourné et qu’on soit en train de le saboter ouvertement en est une nouvelle confirmation.

 

Washington ne cesse de répéter depuis plusieurs jours qu’il opposera son veto, au Conseil de sécurité, à ce qui sera une résolution majoritaire de l’Assemblée générale : à la reconnaissance de la Palestine comme membre de plein droit de l’ONU. Nous avons d’ores et déjà déploré, aux côtés des nations sœurs qui constituent l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), dans la Déclaration de reconnaissance de l’État de Palestine, qu’une aspiration si juste soit bloquée par ce biais. L’Empire, nous le savons tous, prétend dans ce cas comme dans d’autres imposer un deux-poids-deux-mesures dans l’arène internationale : c’est là la double morale yankee qui, tout en violant le droit international en Libye, permet à Israël de faire ce qu’il lui chante, devenant ainsi le principal complice du génocide que la barbarie sioniste commet contre les Palestiniens. Je rappelle une phrase de Saïd qui met bien le doigt sur la plaie : compte tenu des intérêts d’Israël aux États-Unis, la politique de ce pays au Moyen-Orient est donc israélocentriste.

 

Je voudrais conclure en faisant entendre la voix de Mahmoud Darwish dans son mémorable poème  Sur cette terre :  

Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre

il y a sur cette terre,

le commencement des commencements,

la fin des fins.

On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine.

Madame, je mérite, parce que vous êtes ma dame,

je mérite de vivre.


Elle continuera de s’appeler la Palestine. La Palestine vivra et vaincra ! Vive la Palestine libre, souveraine et indépendante !

 

 

Hugo Chávez Frías

Président de la République bolivarienne du Venezuela

 

Source : Cercle Bolivarien de Paris

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 00:03

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• Le journal Granma a interviewé Abelardo Moreno, vice-ministre des Relations extérieures, à propos de la présidence de Cuba de la Conférence de désarmement de l’ONU


« La puissance déchaînée de l’atome a tout
changé excepté nos modes de penser, et
c’est pour cela que nous allons à la dérive
vers une catastrophe sans précédent. »

Albert Einstein

Laura Bécquer Paseiro

LA conservation de l’espèce humaine doit faire face à deux grands défis qui menacent et perturbent les conditions de vie sur la planète : le changement climatique et l’existence des armes nucléaires. La combinaison mortelle de ces deux facteurs, dont le danger est réel et constant, pourrait provoquer la fin du monde en un clin d’œil. L’accident nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, et plus récemment celui de Fukushima (Japon) en mars dernier, sont encore présents dans nos esprits.


C’est ce qu’un groupe de scientifiques nord-américains appelle la théorie de « l’hiver nucléaire » : ils avancent que si les armes nucléaires n’existaient pas, elles ne pourraient pas être utilisées. « Si on ne peut pas les utiliser, alors il faut les détruire et ainsi nous serions protégés contre les accidents, les erreurs de calcul ou n’importe quel comportement dément. »

Malgré la simplicité de la formule, le désarmement se révèle aujourd’hui un problème majeur.


L’existence même des armes nucléaires et des doctrines qui préconisent leur possession et leur utilisation constituent un grave danger pour la paix et la sécurité internationales. Ce n’est qu’en les éliminant que nous éviterons une catastrophe climatique. Le désarmement nucléaire joue donc un rôle déterminant.


Dans le cadre des Nations Unies, il existe un organe consacré à la négociation de traités internationaux de contrôle des armes et du désarmement, y compris le nucléaire. Il s’agit de la Conférence du désarmement, créée en 1979 dans la première période extraordinaire de séances de l’Assemblée générale de l’ONU et qui compte 65 membres.


Cependant, le fonctionnement de cette instance multilatérale, dont la présidence est assumée par Cuba depuis le 22 août dernier, est pratiquement paralysé, ce qui affecte une grande partie de son dispositif.

À ce sujet, Abelardo Moreno, vice-ministre de Relations extérieures, a signalé lors d’un entretien avec le journal Granma, que « si cet organe n’a pu négocier aucun traité ou instrument international depuis plus de 10 ans, s’il n’a aucun de programme de travail, cela vient du fait que les grandes puissances nucléaires ne veulent pas d’un accord en matière de désarmement nucléaire en ce moment».


Leur objectif selon Moreno serait que « la Conférence ne se consacre dans l’avenir immédiat qu’à la négociation d’un traité international sur la production des dénommés matériaux de fission qui servent à fabriquer des armes nucléaires ».


« Évidemment, notre thèse et celle des pays non-alignés à la Conférence sur le désarmement, associés dans le Groupe des 21 (G-21), est que malgré son importance, la question ne garantit pas le désarmement nucléaire », a expliqué le vice-ministre cubain.


Pour ce faire, un des objectifs principaux que se propose Cuba à la tête de la Conférence du désarmement, c’est de « dynamiser cette instance, la faire aller de l’avant, tenter de la relancer pour qu’elle puisse exercer le rôle qui lui a été attribué à sa création. Elle doit avoir un agenda, un programme, et des objectifs bien définis qui tiennent compte des préoccupations de tous les États », a indiqué Moreno.


Le ministre cubain a signalé qu’il existe actuellement « plus de 20 000 armes nucléaires éparpillées sur la planète, 7 000 d’entre elles prêtes à être utilisées immédiatement ».


Cela intervient au moment ou certains pays avancent l’idée que le moment est venu de laisser de côté la Conférence pour recourir à des processus alternatifs de négociation, « qu’elle doit être remplacée par d’autres mécanismes plus sélectifs en dehors du cadre de Nations Unies, et dirigés par un petit groupe de pays, ce qui constituerait un recul dangereux », a souligné Moreno.


« C’est une opinion que nous ne partageons pas. Nous considérons que si nous devons travailler vraiment pour le désarmement nucléaire, cela doit être dans le contexte de la principale institution multilatérale existant, à savoir l’ONU. (…) La solution n’est pas d’ignorer cet organe ou de minimiser son importance. Au contraire, aujourd’hui plus que jamais notre responsabilité, c’est de le préserver et de le renforcer. »


Compte tenu des dangers latents des armes nucléaires, il est temps d’adopter le chemin de la paix et d’écarter ainsi l’éventualité d’une catastrophe climatique mondiale que provoquerait l’énergie nucléaire. Nous sommes conscients qu’un monde meilleur est possible et que tout ne dépend que de nous.

 

Source : Granma

 


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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 00:44

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Angel Rodriguez Alvarez Granma

Le Mouvement des non-alignés (MNOAL) a été conçu et fondé en pleine faillite du système colonial et pendant les luttes d’émancipation des peuples d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et d’autres régions du monde, à l’apogée de la Guerre froide.


Il remonte à la Conférence Afro-asiatique de Bandung (1955) où furent énoncés les principes qui devaient régir les relations entre les nations, grandes et petites, connus sous le nom de « Les dix principes de Bandung », adoptés depuis comme objectifs principaux de la politique du Mouvement des non-alignés.


En 1960, pendant la 15e Assemblée générale de l’ONU, où furent admis 17 nouveaux membres d’Afrique et d’Asie, la création du mouvement des non-alignés prit une impulsion décisive. Des chefs d’État jouèrent un rôle déterminant, notamment le président d’Égypte Gamal Abdel Nasser ; du Ghana Kwame Nkrumah; de l’Inde, Jawaharlal Nehru; de l’Indonésie, Ahmed Sukarno ; et de Yougoslavie, Josip Broz Tito, qui en sont les fondateurs.

Six ans après les avancées de Bandung, sur une base géographique plus large, se fonde le Mouvement des non-alignés au premier Sommet de Belgrade, tenu du 1er au 6 septembre 1961, et auquel participèrent 25 pays. Cuba fut le seul pays d’Amérique latine et des Caraïbes à y assister.


Le Mouvement non-alignés sera conçu dès lors pour jouer un rôle actif dans la politique internationale, avec ses propres positions afin de défendre les intérêts et les conditions de ses membres, des pays militairement fragiles et économiquement sous-développés.

Ainsi, les premiers objectifs se concentrèrent sur l’aide à l’autodétermination, à l’indépendance nationale, à la souveraineté et intégrité territoriale des États ; à la lutte contre l’apartheid ; à la non appartenance à des pactes multilatéraux militaires, et à l’indépendance par rapport aux influences et aux rivalités entre les grandes puissances ou blocs de nations.


Le MNOAL se positionnera contre l’impérialisme et le colonialisme sous toutes ses formes et manifestations ; le racisme ; l’occupation et la domination étrangère ; en faveur du désarmement ; de la non-ingérence dans les affaires internes des États ; de la coexistence pacifique ; le refus du recours à la force dans les conflits entre les pays ; la démocratisation des relations internationales, et pour le développement économique et la restructuration du système économique international.


Depuis sa fondation, le MNOAL a livré une bataille presque constante pour garantir aux peuples opprimés par l’occupation et la domination étrangères l’exercice de leur droit inaliénable à la libre détermination et à l’indépendance.


Dans les années 70 et 80 du siècle dernier, le MNOAL a joué un rôle fondamental dans la lutte pour l’instauration d’un nouvel ordre international, qui respecte le droit des peuples à profiter de leurs richesses et de leurs ressources naturelles.


 

Cuba a exercé la présidence du MNOAL pendant deux périodes : à la 6e et à la 14e Conférence des Sommets, célébrées à La Havane en 1976 et en 2006, et y joua un rôle actif et insuffla un grand dynamisme au Mouvement. Actuellement, le Mouvement des non-alignés est composé de 118 pays et il est présidé par l’Égypte depuis juillet 2009. (Service spécial de l’agence AIN)
 

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 10:17

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Le monde se “décolonise”

Le monde avance entre les commotions imposées par les chaines de l’exploitation et les secousses qui les rompent.
Les indépendances sont des ruptures de liens avec l’exploiteur international; les révolutions des annihilations d’ordres imposés par les exploiteurs internes et leurs alliés transnationales.
Les émancipations et les révolutions sont les fissures qui cassent la machination de l’exploitation de l’homme par l’homme : toute indépendance aspire á devenir Révolution.

Je souligne toujours que la Conquête de l’Amérique fut le plus grand processus de colonisation de l’Histoire.
Avec les richesses spoliées, l’hégémonie de l’Espagne s’est maintenue pendant 2 siècles, et ensuite celle de l’Europe sur le monde jusqu’á la fin du 19eme siècle.
L’indépendance de l’Amérique fut donc le plus grand processus de décolonisation du monde.

Le second grand processus de décolonisation a eu lieu au 20e siècle, avec l’émancipation politique massive, et en partie révolutionnaire, des Etats en Asie, Afrique et Europe.

Le troisième grand processus émancipatoire et révolutionnaire de l’Histoire débute aujourd’hui, il comprend la planète entière et affecte même les puissances jusque là hégémoniques.

Les conditions murissent

Durant ces 3 grands processus libérateurs les mêmes conditions sont réunies :

1) Affaiblissement conjoncturel des puissances impériales du á une perte d’hégémonie ou á des luttes entre elles
2) On impose de force des éléments ou pratiques de la modernité á des pays ou des strates sociales dominées
3) Préservation ou création, au sein des pays ou strates soumises, de cultures avec un haut grade de dissonance envers les puissances hégémoniques.
4) Mobilisations massives de clases ou secteurs sociaux populaires des peuples soumis, contre l’exploitation et en défense des spécificités culturelles.

Toutes et chacune de ces conditions s’intensifient dans le monde contemporain :

1)Les puissances impériales perdent leur hégémonie á cause de l’effondrement du capitalisme, qui leur impose des dettes publiques impayables, les fait revenir en arrière sur les conquêtes sociales de leurs citoyens, fait augmenter l’inflation, les impôts et la motorisation de l’économie a travers une industrie de l’armement qui débouche sur des guerres impossibles á gagner.

2)L’imposition forcée d’éléments de la modernité par les puissances hégémoniques aux pays du Tiers Monde qui dérive en une modernisation difforme et une dépendance économique, des échanges inégaux, une destruction écologique et un appauvrissement massif de populations a qui on a détruit leurs moyens et formes traditionnelles de vie sans leur offrir d’insertion sure ni rémunératrice dans le système capitaliste.

3)Le Tiers Monde, malgré la pénétration culturelle ubiquiste, préserve et crée des éléments culturels qui évitent que l’immense majorité de la population du globe s’identifie avec les valeurs et codes de la modernisation impériale.

4)Les classes et les peuples soumis sont aujourd’hui protagonistes de la plus grande mobilisation qui ait existé dans l’Histoire contre l’exploitation et en défense de leurs cultures

Ainsi, la majorité des pays d’Amérique Latine et des Caraïbes optent démocratiquement pour des gouvernements progressistes; le monde islamique est un déchainement de mouvements contre les impositions impériales et les gouvernements qui y sont soumis ; les puissances émergentes montrent des signaux clairs d’indépendances vis á vis du G7.

Mais, même dans les pays du bloc hégémonique comme l’Angleterre, l’Italie, la France, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Islande, d’innombrables mobilisations sociales surgissent, contre les politiques qui font peser tout le poids de l’effondrement financier sur les épaules des travailleurs, au moment même où de graves indices d’affolement social surgissent aux Etats-Unis

Comme s’il n’y avait pas suffisamment de détonateurs pour cette vertigineuse situation, une crise alimentaire due au changement climatique et á la spéculation financière des monopoles agricoles multiplie entre 3 et 5 le prix des aliments de base et place l’humanité dans une situation périlleuse.

Examinons l’Histoire : la plus grande partie des mouvements révolutionnaires ont été lancés á cause d’une pénurie d’aliments, et elle qui se déroule aujourd’hui est globale.
Le système s’effondre : seule la Révolution mondiale évitera qu’elle emporte avec elle le reste de la planète.

Les empires contre-attaquent

Les empires menacés par la radicalisation des peuples en Amérique Latine, Asie, Afrique et même en Europe, font face en ayant recours á une ressource qui aggrave la situation : la multiplication d’agressions militaires dans des territoires toujours plus étendus et toujours plus éloignés.
Ces attaques intensifient les sentiments culturels et politiques de rejet des peuples envahis, et ont un cout énorme pour les agresseurs qui ont des caisses fiscales épuisées par la crise.

Les empires font faillite

Les pays jusque là hégémoniques sont en faillite. Selon le FMI, en 2011 la Dette Externe de la France sera équivalente á 99% de son Produit Intérieur Brut ; celle de l’Espagne 74%, 85% pour l’Allemagne, 130% pour l’Italie, 204% pour le Japon, 94% pour le Royaume Uni, 100% pour les Etats-Unis (World Economic Outlook; OECD, Economic Outlook).

Ce sont des passifs impayables, qui sont impossible d’annuler en dévaluant la monnaie ou en augmentant les impôts, et que les dirigeants tentent de financer en éliminant les avantages sociaux des travailleurs. Les Etats-Unis ont déclaré en Juin 2011 qu’ils sont sur le point de déclarer un moratoire de leur dette avec la Chine.
En Juillet il y a eu de complexes négociations pour sauver l’euro. Cela explique pourquoi tous les Etats en faillite s’attroupent pour piller les réserves monétaires et énergétiques de la Lybie. La déclaration de banqueroute fiscale des Etats-Unis entrainera avec elle l’écroulement de la devise non convertible que ce pays impose au reste du monde comme paiement de ses obligations. La même chose pourrait arriver avec un affaiblissement de l’euro, dont la santé n’est pas exemplaire.

Révisons donc l’Histoire Universelle : quasiment toutes les révolutions de l’Époque Moderne ont été précédées par des banqueroutes fiscales qui ont affaibli et quitté la légitimité des Etats et les ont obligé á solliciter des sacrifices impossibles et des consensus sociaux problématiques pour conjurer leur déficit. Ces pays en banqueroute faiblissent aussi à cause du déclin démographique : ils n’ont pas de consommateurs pour leurs produits, et pas de bras pour les produire non plus. En 2010 le monde compte 7,5 milliards d’habitants. Les Etats-Unis ont 313 millions d’habitants, toute l’Union Européenne 501 millions. Leurs taux de croissance de la population sont insignifiants. Plus des trois quart de l’augmentation totale de la population de l’UE est du a l’immigration. Leurs économies dépendent de cette immigration et de la tertiarisation de la force de travail á l’étranger, qui voient toutes les 2 leurs droits reniés.

En conséquence, l’armée de la première puissance impérialiste de la terre est conformée essentiellement par des mercenaires, recrutés en majorité dans les milieux marginaux exclus: afro-américains, hispanos et pauvres. Les bénéficiaires des politiques de l’Empire refusent de lutter pour lui. L’Empire Romain est tombé quand ses armées ont cessé d’être formées par des citoyens et ont commencé à dépendre de forces mercenaires. L’expérience pourrait être significative pour des puissances qui dépendent de plus en plus de l’agression militaire. La faillite fiscale et démographique des puissances jusque l’a dominantes n’implique pas qu’elles renonceront pacifiquement á leur hégémonie. C’est précisément dans un climat de banqueroute de l’Etat et de prolétarisation des clases moyennes qu’ont surgi les fascismes européens, pour essayer de reconquérir à travers la violence les positions perdues.

L’énergie fossile s’épuise

Enfin, le capitalisme en voie d’effondrement, avec son économie de consommation, du gaspillage et de la surcroissance du secteur des services, avec ses machines militaires et son système de concentration de la population dans des mégalopoles, se trouve aussi irréversiblement condamné par l’accélération et l’imminent épuisement des réserves d’énergie fossile qui le nourrissent. Plus de 90% de l’énergie que la planète consomme vient du pétrole et de ses dérivés ; les puissances hégémoniques ont très peu de réserves naturelles, et le plafond de production mondial a déjà été atteint. A partir de maintenant, l’exploitation pétrolifère et gazifière apportera seulement des rendements décroissants avant son épuisement dans un laps de temps qui pourrait être inférieur a 50 ans. Les Etats-Unis sont le plus grand consommateur d’hydrocarbures au monde, et ils dépensant actuellement les 600 milliards de dollars chaque année. Leur crise fiscale pourrait les empêcher de maintenir de telles dépenses.

Face á cela, les guerres de pillage des hydrocarbures, hors de prix, continuent et à la longue elles entraineront une confrontation de magnitude globale avec les autres puissances mondiales. Les pays impériaux peuvent pendant une courte période de temps renforcer et appliquer leur prépondérance technologique dans de tels conflits contre les pays moins développés, mais historiquement la sophistication tactique a échoué face a la résistance culturelle et politique populaire. C’est ce qui s’est passé dans les grands fiascos impériaux en Corée, Vietnam, Cuba, Algérie, Afghanistan, Irak, Somalie et dans l’agression actuelle contre la Lybie, qui était censée durer seulement quelques jours et que la résistance patriotique pourrait transformer en échec pour les Etats-Unis et ses satellites de l’OTAN.

Le Monde se libère

Les ressources scientifiques et technologiques existent afin de renverser cette monstrueuse machine et la transformer en une civilisation fondée sur la conservation de la nature, l’exploitation des énergies et ressources renouvelables et le recyclage des produits consommés. Mais, de la même façon que le système ne peut gagner ses guerres impériales car il ne comprend pas le fonctionnement social, économique et culturel des peuples qu’il envahit, il ne se comprend pas suffisamment non plus lui-même pour entreprendre les réformes culturelles, sociales et économiques qui le sauveraient. Paralysé dans son rôle de prédateur qui le condamne á chercher son propre avantage dans la ruine de tous, il est incapable de comprendre que la salvation de tous est la condition de sa propre survie. Jamais avant aujourd’hui, la menace nucléaire n’avait été si insuffisante pour garantir que les ploutocraties d’un insignifiant pourcentage de la population mondiale s’approprie des ressources et le fruit du travail du reste de l’humanité. La Troisième Révolution, une prodigieuse ère de changements et de mouvements rénovateurs, est en marche


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traduit par R.V. avec l'accord de LBG
Article original en espagnol: ici

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 07:41

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J'ai trois guerres en marche et mon économie en faillite et tu me dis que tu as faim ?


Que valent ces deux millions d’enfants, la plupart décharnés,  souvent contre la poitrine tout aussi amaigrie de leur maman, sous un soleil de plomb, dans la poussière de la Somalie ou de l’Éthiopie en proie au bourdonnement de nuées de mouches ? Combien valent, mesdames et messieurs les puissants de ce monde, douze millions d’êtres humains encerclés par la mort qui rôde pendant que vous tenez réunion après réunion à Rome, à Nairobi ou ailleurs ? Certes, vous faites de beaux discours avec des trémolos dans la voix, mais vous ne faites rien ! Il vous arrive même de visiter la désespérance, les douleurs, l’horreur, l’agonie dans vos costumes trois pièces pour quelques minutes dans les camps de réfugiés. Puis, vous parlez. Vous parlez encore et toujours pour les télévisions, de manière proportionnelle à votre inaction concrète. Oui, dites nous, combien valent-ils ces enfants, ces femmes, ces hommes qui, en perdant leurs troupeaux, morts de faim et de soif, ont tout perdu et sont devenus eux aussi la proie de cette atroce mort ? Combien valent-ils ? Dix millions d’euros a répondu le gouvernement français. Honteux ! C’est le montant de la contribution de la France à la solidarité.

Dix millions ! C’est beaucoup moins élevé que le prix de n’importe quel hôtel particulier de Neuilly qui abrite n’importe lequel de ces maîtres de l’oligarchie française. Certes, on va encore nous rétorquer, sur le ton de ces donneurs de leçon qui mangeront langouste et caviar le weekend prochain sur leur yacht, que c’est la crise. De quelle crise parle-t-on ? La France dépense chaque jour plus de deux millions d’euros dans d’inutiles et imbéciles guerres en Libye ou en Afghanistan. Le budget militaire des Etats-Unis dépasse les 600 milliards de dollars. Mais, cette famine pour eux, ça vaut vingt millions de dollars ! Alors qu’ils  viennent de décider qu’ils peuvent s’octroyer 2100 milliards de dollars supplémentaires de dette. Or, l’Organisation des Nations-Unies réclame moins de deux milliards de dollars pour augmenter l’aide d’urgence à ces populations.


Alors, que valent douze millions d’êtres humains pour la nouvelle aristocratie mondiale dont les noms figurent au palmarès des plus grandes fortunes de la terre ? Les trois premières d’entre elles sur le podium de l’ultra-richesse disposent à elles seules d’un patrimoine plus élevé que la richesse totale des 50 pays les moins développés. Que valent alors ces douze millions d’êtres humains qui agonisent dans la suffocante chaleur africaine ? Certes, il y sévit la plus grande sécheresse depuis 60 ans. Mais comment peut-on aller sur la lune, explorer la planète Mars à la recherche de traces d’eau et être incapable de construire des usines de dessalement de l’eau de mer pour douze millions d’êtres humains ?


Cette famine n’est pas d’origine essentiellement technique. Elle prend sa source, comme les multiples maux qui minent désormais les équilibres et la vie sur notre planète, dans des décisions politiques au seul service de la finance. Oui, des décisions, des choix qui refusent de constituer des stocks publics mondiaux de céréales contre la spéculation sur les matières premières agricoles. Qui laissent des pays entiers mourir à petit feu pour satisfaire les institutions financières internationales qui se nourrissent de la dette de ces pays et de ses intérêts, sans pouvoir produire. Qui préconisent et organisent le libre-échangisme intégral et cette concurrence prétendument libre et totalement inégale et faussée, ces deux mamelles du capitalisme mondialisé. Ce système favorise l’agriculture des terres fertiles au détriment des terres moins riches et soumises aux aléas climatiques. Au nom d’on ne sait quelle écologie, il privilégie la production d’agro-carburants au détriment de cultures vivrières en Afrique pour alimenter demain les réservoirs de nos voitures. Il oblige des paysans d’Éthiopie ou du Kenya devenus esclaves modernes à produire des fleurs qui sont réexportées en Europe. Un système, le capitalisme mondialisé et financiarisé, incapable de concevoir que l’argent dilapidé dans la course aux armements et dans la guerre soit consacré à la recherche sur le climat, l’agronomie, l’eau ou les semences pour nourrir durablement une population mondiale qui va encore considérablement augmenter. Tout aussi incapable de concevoir un monde dans lequel l’eau, l’énergie et la production agricole seraient, comme l’air que l’on respire, des biens publics mondiaux, avec la possibilité pour chaque peuple de décréter les moyens de sa souveraineté alimentaire. L’urgence est l’aide à apporter. Saluons et félicitons les organisations de solidarité, les bénévoles qui se dévouent pour aider ces populations. En même temps, une réflexion sur l’avenir s’impose.


La crise de ce système et le niveau atteint par la civilisation appellent partout coopération et partage. Mais, la course à la rentabilité capitaliste s’y oppose. Parce qu’il s’agit d’enjeux planétaires, parce qu’il s’agit de chaque être humain, de son environnement, il faut sortir de cette loi de la jungle, de la concurrence de tous contre tous, au profit de la solidarité et de la coopération. Coopération entre équipes de chercheurs et partage des savoirs. Coopération, réorientation et partage des richesses ; nouvelle manière de produire celles-ci. Coopération internationale et droits des peuples à disposer de leur souveraineté économique, politique, énergétique, alimentaire ; droits des peuples à penser un autre avenir, plaçant l’humain au cœur de tous les choix et gérant ensemble par de nouvelles institutions démocratiques, la planète au service de tous et non plus pour l’argent de quelques-uns qui détruit tout et sème la misère, la pauvreté, la mort partout.


Le monde aujourd’hui a besoin de ce nouvel humanisme, de ce communisme de liberté, de solidarité et de partage à inventer, dans un processus démocratique inédit qui permette de redonner leur immense valeur humaine aux douze millions d’êtres humains qui agonisent dans la canicule africaine.


Patrick Le Hyaric

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