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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 16:20

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Pr Chems Eddine CHITOUR

«Nous querellons les miséreux pour mieux nous dispenser de les plaindre.»

Vauvenargues

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Ayant eu à faire face aux pires inondations diluviennes de son existence, le peuple pakistanais se meurt en silence dans l’indifférence générale. L’importance des inondations de l’horreur est éloquente : on comptabilise 1700 morts et des centaines de disparus, plus de 20 millions de sans-abri (soit 12% de la population), plus de 6 millions de personnes sans eau potable et sans nourriture. 7 millions d’enfants voient leur vie bouleversée par un sinistre sans précédent qui a dévasté leurs écoles et leurs villages, selon une estimation de l’Unicef. Perdus, orphelins ou malades, ce sont les victimes les plus vulnérables. Près de 3,5 millions d’enfants pakistanais sont exposés à un risque élevé de maladies liées à l’eau. Les flots boueux ont balayé des villages entiers et détruit de nombreuses infrastructures, laissant plus de 650.000 familles sans toit. Ni habits, ni nourriture, ni bétail, la vie tient du miracle...

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Les inondations au Pakistan, «un tsunami au ralenti» a déclaré Ban Ki-moon. En effet, on découvre tous les jours de nouvelles horreurs qui, semble-t-il, sont uniques. Certains y voient les signes de perturbations climatiques majeures. Puisque dans le même temps, on pense que la canicule exceptionnelle et les incendies incontrôlables de la Russie ont fait évaporer des masses impressionnantes d’eau qui sont allées se déverser au Pakistan. Devant cette catastrophe, la communauté internationale est restée globalement muette, mis à part les Etats-Unis. Il a fallu le déplacement de Ban Ki-moon qui s’était déclaré «bouleversé» par le sort des victimes pour que l’Assemblée générale de l’ONU se réunisse en séance extraordinaire, jeudi 19 août, pour accélérer l’effort d’aide humanitaire internationale au Pakistan, dont la livraison est critiquée pour sa lenteur. L’ONU avait lancé le 11 août un appel de fonds pour l’aide d’urgence de 460 millions de dollars. Mercredi, seulement 54,5% de ces fonds avaient été effectivement débloqués. La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Ficr) a annoncé de son côté qu’elle allait plus que quadrupler son appel de fonds, désormais fixé à 57,2 millions d’euros.(1)

L’indifférence du monde

Nous allons faire le tour des donations annoncées et tenter d’expliquer, à la fois l’annonce très tardive, la modestie des dons, pour mettre en évidence l’indifférence de la communauté internationale et tenter de l’expliquer. On apprend que la secrétaire d’Etat américaine a annoncé que Washington augmentait son aide à 150 millions de dollars, La Grande-Bretagne a annoncé le doublement de son aide, ajoutant 33 millions de livres aux 31 millions déjà alloués au Pakistan. L’envoyé spécial américain pour le Pakistan et l’Afghanistan, Richard Holbrooke, avait appelé la Chine à se joindre à l’effort. Le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, a indiqué que l’aide des «27», initialement de 110 millions de dollars, passait à 140 millions. Le Danemark tient une place à part : il est en effet le premier pays contributeur par tête, avec 10.738.152 dollars, soit 1,959 dollar par personne. Par comparaison, l’aide américaine représente seulement 0,32 dollar par tête. La France fait pâle figure, avec seulement 917.432 dollars versés et 458.716 dollars de promesses. Les Emirats arabes unis ont versé environ 1,5 million de dollars, un peu moins que la Chine, à 1,8 million de dollars. Le total des fonds effectivement récoltés approche 301 millions de dollars.(2)

«Islamabad a finalement accepté les 5 millions de dollars offerts par New Delhi. Celles-ci restent modestes et ne sont pas à la hauteur de la catastrophe, s’indigne un éditorialiste du journal The Hindu. "En tant que première puissance économique régionale, l’Inde aurait dû être la première à offrir de l’aide. Son offre de 5 millions de dollars est ridicule comparée à ce qu’elle a offert à ses autres voisins. Au moment du tsunami de 2004, elle a procuré au Sri-Lanka une aide de 200 millions de dollars".»(3)

Pour Gilles Carbonnier, professeur d’économie du développement à l’Iheid, l’aide des Etats est forcément intéressée : «Il y a bien un immense intérêt géopolitique, vu les régions touchées.» Dont celles bordant l’Afghanistan où les Taliban affrontent l’armée pakistanaise. (...) De tout temps, l’action humanitaire répond aussi à des considérations géopolitiques, relève Gilles Carbonnier, également membre du conseil d’administration de l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) : (...) ces deux dimensions -considération géopolitique et solidarité internationale- conditionnent toujours l’action de type humanitaire. Ces dernières années, ces deux dimensions ont même parfois complètement fusionné. Et ce avec la montée en puissance de l’aide militaire humanitaire, comme le précise Gilles Carbonnier : «L’Otan ou l’armée américaine estiment être capables de mener dans le même temps action humanitaire et offensive militaire, comme en Irak ou en Afghanistan, dans leur lutte contre le terrorisme.» «Un mélange des genres dénoncé par les ONG.»(4)

Justement et dans le même ordre, on apprend par une dépêche de l’AFP que 13 insurgés ont été tués par un drone américain dans un district tribal du nord-ouest du Pakistan. Le campement appartient à des membres des tribus locales et la frappe s’est produite pendant des prières récitées pendant le Ramadhan. La guerre continue même en période de catastrophe. Parallèlement, le 20 août, l’Otan décide de fournir des moyens aériens et maritimes pour contribuer à l’acheminement de l’aide humanitaire destinée aux victimes des inondations au Pakistan....

En Occident, l’un des moteurs du refus du don est le prosélytisme des Taliban honnis. «En réalité, est-il rapporté dans un éditorial de The Nation, c’est la méthode globale de la communauté internationale qui relève du scandale, non seulement parce que l’aide est lente à arriver, mais aussi parce que les médias occidentaux tentent de compromettre le formidable travail accompli par les organisations religieuses [musulmanes]. Ce qu’ils oublient de dire, naturellement, c’est que certaines ONG américaines sont d’obédience religieuse et qu’elles avaient profité du tremblement de terre au Cachemire pour faire du prosélytisme. En ces heures difficiles, l’Occident ne doit pas oublier que ce sont les locaux et les organisations religieuses qui sont toujours les premiers à fournir toute l’aide qu’ils peuvent aux sinistrés. Loin du battage médiatique orchestré par les Américains avec leurs hélicoptères.»(5)

De France, Suhail Siddiq s’interroge à juste titre sur la frilosité des donateurs et la chape de plomb médiatique doublée d’une diabolisation de l’image du Pakistan. Ecoutons-la : Pourquoi l’aide n’arrive-t-elle pas plus vite? Pourquoi les donateurs se montrent-ils si frileux? (...) Les dons adressés à la Croix-Rouge française, pour ne citer qu’elle, sont plus de trente fois inférieurs à ce qu’ils avaient été pour le séisme en Haïti (soit à peine quelques centaines de donateurs qui ont versé 60 mille euros en 3 jours pour le Pakistan, alors qu’Haïti a reçu 2 millions d’euros dans le même laps de temps. Les arguments pour justifier une certaine forme d’indifférence générale ne manquent pas, allant de la période de récession, à la forte mobilisation en faveur de Haïti en début d’année. (...) Il existe malheureusement d’autres raisons, culturelles et géopolitiques, qui font appel à des représentations plus irrationnelles, mais très ancrées dans l’inconscient collectif du Pakistan. (...)A la question «Etes-vous sensible à l’appel à la solidarité en faveur des sinistrés du Pakistan? une écrasante majorité de nos concitoyens ont répondu "non" (75.60%), pour seulement une poignée de "oui" (24.40%). Enfin, et c’est le pire, le Pakistan est associé depuis longtemps, par ces mêmes médias, à un pays de terroristes se doublant d’un régime corrompu.»(6)

Que font les Musulmans ?

André Pratte à partir du Québec s’interroge sur ce black-out en termes de don : «(...) Pourtant, on ne sent pas dans le monde la même émotion et la même mobilisation que lors du tremblement de terre en Haïti ou du tsunami en Asie du Sud. Au Québec, ce qui se passe au Pakistan a généralement droit à une courte mention aux bulletins de nouvelles. Les organisations humanitaires sont certes à pied d’oeuvre. La Croix-Rouge canadienne sollicite des dons, Oxfam fait savoir qu’elle a lancé ses opérations dans les zones sinistrées. Les familles pleurent la perte de leurs proches, de leurs biens et de leurs moyens de subsistance. Les gens ont besoin de nourriture, d’eau potable, d’abris et de latrines pour éviter une crise de santé publique. Mais qui, ici, s’en émeut? Comment expliquer l’indifférence relative des citoyens occidentaux à l’égard de cette tragédie? (...) Est-ce parce que ce pays attire peu de touristes? Ou bien parce que le Pakistan est soupçonné de soutenir les Taliban?»(7)

Que font les pays musulmans, voire arabes en ce mois de Ramadhan de piété et de compassion? A en croire, pas grand-chose. L’OCI appelle ses membres à apporter une aide urgente au Pakistan. L’Organisation de la conférence islamique (OCI) a appelé [après 15 jours de silence et l’absence de son président le sénégalais Wade], les pays musulmans à apporter une «aide urgente» au Pakistan. La Banque islamique de développement (BID) avait rassemblé 11,2 millions de dollars [une goutte d’eau dans l’océan de la demande] l’Arabie Saoudite (120 millions de dollars). Le Koweït a annoncé une aide de cinq millions de dollars. Pour rappel, après le séisme sur l’île indonésienne de Java, le Koweït, le Qatar et les Emirats arabes unis (EAU) ont été parmi les premiers à offrir leur aide. Même lorsque l’ouragan Katrina a ravagé les côtes américaines du golfe du Mexique, les monarchies du golfe EAU, Arabie Saoudite et Qatar ont débloqué chacun 100 millions de dollars. Les Etats-Unis n’avaient rien demandé. Il y a donc deux poids, deux mesures même dans la détresse. Si seulement les 300 millions de musulmans donnaient chacun 1$ chacun, c’est au total 300 millions de $ ; mieux encore si le milliard de musulmans donnait seulement 0,5$ c’est 750 millions de dollars qui contribueraient à alléger la douleur des enfants pakistanais. Que l’on ne se fasse pas d’illusion ! Les 460 millions de dollars promis même s’ils étaient réellement récoltés, c’est à peine 25$ par pakistanais et après? Le ministre pakistanais des Affaires étrangères parle de 43 milliards de dollars pour reconstruire le Pakistan.

Un dernier mot, qu’ont fait les pays arabes pour solliciter l’aide de leurs peuples? Y a-t-il un téléthon? Même pour celles et ceux qui veulent faire un don, il n’y a pas de circuit à ma connaissance, de circuit de collecte. Que font aussi les musulmans, notamment en Europe pour le Pakistan? Que font les intellectuels musulmans dans le monde dont le silence assourdissant ne leur donne aucune légitimité morale? C’est dire que nous devons expliquer pourquoi cette indifférence des pays arabes et musulmans? Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas accuser les autres si on ne fait pas l’anamnèse d’abord en nous. Il est vrai que les médias occidentaux aux ordres nous donnent une image sanglante du Pakistan, de leur collusion avec les Taliban et cela dans une information en boucle. Lors du tsunami indonésien, les politiciens et les artistes étaient sortis pour favoriser les dons. Même chose pour Katrina. Les Américains avaient organisé un téléthon pour aider les sinistrés. Pour le tremblement de terre en Haïti, les personnalités se sont mobilisées. Les médias aussi.

Justement, le plaidoyer de Christine Raynaud nous parait digne d’être rapporté : Il met l’accent sur la responsabilité des médias qui noircissent à dessein l’image du Pakistan. Comment s’étonner, en effet, qu’aujourd’hui où le pays et ce peuple fier sont victimes des pires inondations de leur histoire, les généreux donateurs français, européens, occidentaux se trouvent quelques hérissons dans le porte-monnaie, quand on sait l’image négative que tous les médias ne cessent de construire autour du Pakistan? Comment venir en aide à des gens qui posent des bombes, qui tuent des otages ou qui maltraitent des femmes? (...) Quand je suis revenue des montagnes de l’Hindu Kush, j’ai regardé, ahurie, à la télévision pakistanaise ou internationale (des images violentes de voitures en flammes, de pompiers débordés, avec ce titre en français. Affolée, j’ai téléphoné à ma famille en région parisienne qui s’est empressée de me rassurer : les images que je voyais étaient très exagérées et les événements n’étaient pas aussi sanglants que les médias du monde entier me les montrent. Sur place, ma famille pakistanaise s’inquiétait pour moi, pour ma famille en France et se demandait ce que pouvait être ce pays où les voitures brûlaient ainsi le soir venu ! J’ai trouvé ce paradoxe extraordinaire : ces gens qui venaient pratiquement de m’adopter et qui, dans mon pays natal, passaient pour des extrémistes religieux, les derniers barbares de notre monde civilisé, étaient effrayés pour moi de la situation intérieure dans mon propre pays, patrie soi-disant des Droits de l’Homme ! »

« C’est là que j’ai compris à quel point les médias, télévision, presse, cinéma, etc. pouvaient construire ou détruire une réalité sociale ou politique, par l’exagération, la passion du spectacle, la volonté de toujours faire peur, d’effrayer le citoyen. (...) Pourtant, le Pakistan est un Paradis : tous les voyageurs vous diront l’accueil chaleureux des habitants, qu’ils soient Punjabis, Pashtuns, Balouchtes, sunnites, chi’ites ou ismaéliens. (..) Plus que donner de l’argent ou de l’aide humanitaire aux Pakistanais aujourd’hui, il faudrait arrêter de les considérer comme le peuple voyou de cette planète. Pour cela il faudrait que chaque spectateur, lecteur, auditeur, prenne pleinement conscience de l’influence négative des médias (...)(8).

On dit souvent que l’histoire et la politique au Pakistan se résument en 3 A (Allah, Amérique et Armée). Le manichéisme règne. Il y aurait donc de «bonnes» causes humanitaires et de «moins bonnes» pour des raisons non pas humanitaires mais politiques, voire culturelles et cultuelles. Quelles que soient les raisons invoquées, les Pakistanais n’en sont pas moins des êtres humains. Aujourd’hui, ils souf-frent. Ils ont besoin de notre aide.

1.Réunion à l’ONU pour accélérer l’aide au Pakistan Le monde.fr avec AFP 19.08.2010

2.Pakistan : qui donne quoi?Le Monde.fr 18.08.2010

3.Naïké Desquesnes : Le Pakistan accepte l’aide de son voisin indien Le Courrier 20.08.2010

4.Frederic Burnand Pakistan : l’aide forcément intéressée des Etats Swissinfo 19/08/2010

5.Trop d’hypocrisie. The Nation 19.08.2010

6.Suhail Siddiq : Pakistan, une émotion à géométrie variable Oumma.com 19 août 2010

7.André Pratte http: //blogues.cyberpresse.ca/edito/2010/08/09/ 9 août 2010

8.Christine Raynaud : L’image négative du Pakistan Le Monde 17.08.2010

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique Alger enp-edu.dz

Source : Bellaciao

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 07:02

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Por Guillermo Alvarado

Le désastre causé en Amérique Centrale par l’orage Agatha à la fin de la semaine dernière est un coup de semonce au sujet de la situation d’un million et de mi d’Haïtiens rescapés du tremblement de terre du 12 janvier, qui sont complètement sans défense face à une saison de cyclones qui s’annonce dangereuse.

D’immenses campements de tentes ou logements de fortune en bâche, en plastique et fabriqués aussi avec d’autres matériels très peu résistants n’offrent aucune protection face au vent et la pluie, les deux éléments qui peuvent causer une tragédie similaire au tremblement de terre qui a détruit Port-au-Prince et d’autres localités haïtiennes.


Les images de ces camps devraient présider au Sommet Mondial sur l’Avenir d’Haïti auquel des représentants d’une cinquantaine de pays et d’une trentaine d’organisations internationales analyseront les voies pour reconstruire l’infrastructure, le tissu social et les institutions dans ce pays.


En particulier, les participants à cette réunion qui se tiendra dans la station Balnéaire de Punta Cana, en République Dominicaine, doivent accélérer la remise des 10 milliards de dollars promis pour la prochaine décennie par la communauté internationale lors de la rencontre précédente à New York.


Le problème c’est qu’il n’y a plus de temps pour le retard ou la rhétorique. Les pluies sont là et l’exemple de l’Amérique Centrale est clair : 36 heures de précipitations ont suffit à causer une catastrophe.

La Directrice pour Haïti à l’Office de Coordination pour les Questions Humanitaires de l’ONU, Sarah Muscroft, a relevé, cela fait quelques heures, que cette entité se prépare à la pire des scènes avec l’arrivée de la saison des cyclones.

La pauvreté extrême de la majorité de la population, la vulnérabilité créée par le tremblement de terre et les séquelles non encore résolues, laissées par le passage des ouragans Fay, Gustav, Ike y Hanna, qui ont fait plus de 800 morts dans un délai d’un mois durant 2008, font que la tension soit plus grande.


Dans ce panorama, les participants au sommet doivent trouver la formule pour prévenir un nouveau désastre au moment où la vie précaire dans le pays le plus pauvre du continent ne fait plus la une dans les grands médias.


Deux jours avant le Sommet qui se déroulera sous la devise « Solidarité au-delà de la crise », l’OPS, l’Office Panaméricain de la Santé a lancé un appel à suivre l’exemple de Cuba et du Venezuela.


Cuba était déjà présente en Haïti avant le séisme et le Venezuela a été des premiers pays à réagir après le désastre, mais tous les deux avec une vision allant au de-là de la simple aide humanitaire et selon laquelle il ne s’agit pas seulement de faire face à une situation d’urgence, mais aussi former le personnel haïtien, des techniciens et des cadres afin qu’ils soient à même d’assumer, eux-mêmes, la réalisation des tâches.


En dehors de ces cas isolés et d’autres encore, il y a eu jusqu’à aujourd’hui une grande générosité dans les promesses, mais peu de résultats concrets. Beaucoup de ceux qui sont arrivés dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre, sont déjà partis sans peine et avec peu de gloires.


Cela a provoqué une grande déception parmi les survivants qui, à vrai dire, ont le regard plutôt tourné vers le ciel pour savoir ce qu’il leur réserve que vers le Sommet de Punta Cana où l’on entendra de nouveau de beaux discours, mais sans la garantie d’actions concrètes.

RHC

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 09:04

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LA HAVANE - Nombre de pays d'Amérique latine ont condamné lundi et mardi l'assaut meurtrier d'Israël contre un bateau turc faisant partie de la flottille humanitaire internationale qui se rendait à Gaza.

En tête, Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur et le Salvador, membres de la gauche antilibérale latino-américaine, ont fermement réagi.

Le gouvernement cubain a condamné "l'attaque criminelle du gouvernement d'Israël" qui a fait au moins neuf morts, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères publié mardi à la une du journal officiel, Granma.

Cuba a lancé "un appel à la communauté internationale et aux peuples épris de paix pour exiger des autorités israéliennes la levée immédiate du blocus illégal, sans pitié et génocidaire contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza".

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, fervent défenseur de la création d'un Etat palestinien indépendant, a condamné "énergiquement le massacre brutal commis par l'Etat d'Israël".

Caracas va demander la libération de David Segarra, le correspondant de la chaîne de Caracas, Telesur, qui se trouvait à bord de la flottille.

"Quel terrible massacre commis de nouveau par Israël! Que fera l'ONU? Que fera la Cour pénale internationale? Que fera le monde?", a demandé M. Chavez lundi via Twitter.

Le gouvernement bolivien d'Evo Morales a exprimé "son indignation face à l'attaque atroce" de l'armée israélienne.

En janvier 2009, le Venezuela et la Bolivie avaient rompu leurs relations avec Israël après l'offensive israélienne contre Gaza. Cuba l'avait fait en 1973.

Le Brésil, membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et plus grand pays d'Amérique latine, a pour sa part réclamé lundi une "action" de l'organisation internationale, et convoqué l'ambassadeur d'Israël.

"Nous rejetons toute forme de violence et la double morale internationale nous dérange", a déclaré mardi pour sa part le président équatorien Rafael Correa, déplorant l'absence "récurrente" de sanctions effectives contre Israël.

D'autres pays d'Amérique latine ont réagi, comme le Salvador, l'Uruguay ou le Pérou, qui a condamné mardi un acte "très grave" et demandé à Israël de garantir "le libre flux d'aide humanitaire" vers Gaza.

"C'était une attaque sans discernement contre des forces de paix et d'aide", selon le ministre péruvien des Affaires étrangères, José Garcia Belaunde.

L'Argentine, où la communauté juive est la plus nombreuse d'Amérique latine avec 300.000 membres, "regrette profondément la perte de vies humaines" dans cet "incident", a dit lundi le ministère des Affaires étrangères.

Et le Chili, où vivent environ 400.000 Palestiniens, a dénoncé l'usage de la force "dans les eaux internationales".

(©AFP / 01 juin 2010 18h23)

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 22:58

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Por Guillermo Alvarado


Gaza est une étendue de terre attrapée entre la Méditerranée, Israël et l’Egypte où habitent, sur une surface d’à peine 360 kilomètres carrés, un million et demi de Palestiniens dont la moitié sont des enfants et des adolescents, dans un enfer de terreur, de souffrances et de mort.

Ces dernières heures, le nom de cette zone retentit partout en raison de la condamnation quasi universelle de l’attaque brutale lancée par l’armée israélienne contre une flottille transportant de l’aide humanitaire qui entendait arriver par voie maritime soulager la situation des victimes d’un blocus rigoureux.


Comme chacun sait, les soldats courageux israéliens se sont sentis menacés par les membres désarmés du convoi comme l’a prétendu à Tel Aviv le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ils ont ouvert le feu faisant une vingtaine de morts, 30 blessés et arrêtant plusieurs des membres du convoi.


La condamnation a été énergique et immédiate contre ce recours disproportionné à la force contre des civils, à l’exception du Conseil de Sécurité de l’ONU qui a eu besoin de 12 heures de débats pour condamner le crime, mais pas le criminel. La Maison-Blanche a déploré les morts mais elle s’est bornée à considérer les faits comme « un incident ».


Quelle est la racine de ce carnage absurde et injustifié ?


Rappelons que la Bande de Gaza fait partie de l’État Palestinien bien qu’elle en soit séparée géographiquement. En 1948 elle a été occupée par l’Égypte et, en 1967, au cours de la guerre des 6 jours » les Israéliens l’ont occupée jusqu’à la signature des Accords d’Oslo, en 1994, quand 80% de ce territoire a été remis à l’Autorité Nationale Palestinienne.


Depuis 2007, année à laquelle quand le Mouvement Hamas a remporté les élections dans la Bande de Gaza, les violentes attaques israéliennes se sont renforcées et elles ont même pris la forme de bombardements sanguinaires de la fin 2008 et du début 2009 qui ont fait plus près de 2000 morts dont la moitié étaient des civils et un quart d’entre eux, des enfants.


Actuellement la situation est dramatique après 18 mois de blocus, en particulier pour les enfants. L’interview d’une fillette palestinienne appelée Yasmin, faite et publiée par l’UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, révèle les souffrances qu’ils endurent : ils ne peuvent pas jouer car leurs vies sont en danger dans la rue. Ils ne peuvent pas aller à l’école. Beaucoup d’entre eux ont vu mourir leurs frères, soeurs, parents ou amis ; ils n’ont ni aliments ni médicaments et il leur reste très peu d’espoir.


«Nous sommes des êtres humains, nous voulons vivre » a assuré Yasmin.


enfants-gaza.jpgOutre les carences quotidiennes, ils sont victimes du harcèlement permanent de la part des soldats israéliens. Plus d’une centaine d’enfants palestiniens ont dénoncé le fait qu’ils ont été victimes d’abus sexuels, de coups et de menaces après avoir été arrêtés soi-disant pour terroristes.


C’est pour répondre à cet affront au genre humain, qu’avait été organisé le convoi attaqué par l’armée israélienne qui a démontré que le siège de la Bande de Gaza est aussi maritime bien que les eaux de la Méditerranée aient été déclarées neutres.


En ce Jour International de l’Enfance nous voulons rappeler un poème de l’écrivain uruguayen Mario Benedetti qui commence comme suit :

« quand nous étions enfants

Les vieux avaient la trentaine

Une flaque d’eau était un océan,
La mort lisse et plate, n’existait pas.

En pensant aux enfants palestiniens de la Bande de Gaza, qui sont aujourd’hui un peu plus orphelins qu’hier, une pensée de ce même auteur sud-américain nous vient à l’esprit, avec amertume et impuissance. Il nous a rappelé une fois que l’enfance n’est pas toujours un paradis perdu et qu’elle peut-être parfois un enfer malheureux.

 

RHC

 

 

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 17:54

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Le crime perpétré par Israël dans des eaux internationales, contre des pacifistes engagés à porter secours aux prisonniers enfermés dans cet immense camp de concentration qu’est désormais Gaza, peut et doit indigner, mais il ne peut pas nous étonner : il y a longtemps que le gouvernement de Tel Aviv montre combien il est décidé à frapper par la terreur non seulement les victimes directes de son expansionnisme colonial mais même ceux qui osent exprimer leur solidarité avec les victimes et qui, d’une façon ou d’une autre, entravent le terrible machine de guerre et d’oppression à laquelle les bourreaux ont recours. La thèse selon laquelle les pacifistes étaient armés et donc méritaient leur mort est le pendant de cette autre selon laquelle c’était une obligation morale de déclencher l’opération Shock and awe (Frappe et terrorise !) contre l’Irak de Saddam Hussein, coupable de détenir des armes de destruction de masse !  La solidarité et la complicité de fond qui lient Israël et les Etats-Unis se révèlent aussi dans l’art de la manipulation, et elles ne sont pas substantiellement entamées par l’alternance des divers locataires de la Maison Blanche.

   C’est une manipulation qui, si elle n’est pas ouvertement encouragée, n’est certes pas entravée par la grande presse d’ « information ». Ces temps derniers, en Palestine comme dans certains secteurs de l’Occident, est en train de se développer une forme nouvelle de lutte : elle consiste dans le boycott des marchandises produites par des colons qui,  en violation flagrante du droit international et des droits de l’homme, continuent à s’étendre dans les territoires occupés. C’était l’occasion, pour ceux qui n’ont de cesse de condamner la « violence » de la résistance, de saluer cette forme de lutte typiquement non-violente qu’est le boycott. Et pourtant c’est le contraire qui s’est produit.  Sur le « Corriere della Sera », Furio Colombo et quelques autres se sont empressés ces derniers jours de juger que le boycott des exportations israéliennes provenant des territoires illégalement occupés fait penser aux mesures prises à l’époque par l’Allemagne nazie contre les magasins de propriété juive.

  Qu’en est-il en réalité ? Comme je l’ai rappelé dans mon dernier livre (La non-violenza. Una storia fuori dal mito, Laterza Editori[1]), les peuples opprimés, et en premier lieu les peuples colonisés ont constamment eu recours au boycott. C’est un instrument de lutte que, pour nous limiter au 20ème siècle, nous voyons à l’œuvre en Chine, au cours de la protestation organisée par le mouvement du 4 mai (1919), contre la prétention du Japon, encouragée ou tolérée par les autres puissances impérialistes, d’imposer son protectorat sur le grand pays asiatique. Une dizaine d’années plus tard, au boycott des tissus succède en Inde le boycott des produits de l’industrie anglaise. Dans ce cas, c’est le mouvement inspiré et dirigé par Gandhi qui conduit l’agitation : « Des femmes faisaient le piquet régulièrement devant les magasins où étaient vendus des vêtements produits en Grande-Bretagne. Elles suivaient les autres femmes qui sortaient des magasins et essayaient de les persuader d’aller rendre leurs achats ». Quelques années plus tard, c’est la communauté juive internationale qui suggère le boycott des marchandises allemandes en riposte à la fureur antisémite de Hitler. C’est sur cette tradition que repose  le mouvement qui cherche aujourd’hui à toucher les marchandises produites uniquement grâce à un expansionnisme colonial inhumain dans les territoires palestiniens occupés.

 Bien sûr, dès l’origine le régime nazi s’est engagé à étrangler l’activité commerciale et industrielle des juifs allemands, et à les priver de leurs légitimes propriétés.  Mais tout cela n’a rien à voir avec le boycott (instrument traditionnel des peuples opprimés), mais bien avec l’usage terroriste du pouvoir politique. Si l’on veut chercher une analogie, il faut alors se référer aux mesures qui touchent aujourd’hui les palestiniens, expropriés de leurs maisons, de leurs terres, de leurs oliveraies, et mis de plus en plus dans l’impossibilité de mener une vie humaine digne de ce nom.


   La condamnation, la criminalisation même, que le pouvoir et l’idéologie dominants font aussi de la lutte non-violente contre le colonialisme sioniste, est la confirmation, malgré quelques moments d’embarras et d’apparente prise de distance, de la volonté de Washington et de Bruxelles de laisser impunis les crimes d’Israël, même ceux commis dans des eaux internationales, et de condamner au contraire d’une façon ou d’une autre toute forme de résistance du peuple palestinien.

Sur le versant opposé, c’est une obligation morale de tout démocrate, anticolonialiste et antifasciste, de se solidariser avec la résistance palestinienne (et arabe et musulmane) contre l’impérialisme et contre le colonialisme. Il revient à la résistance palestinienne de décider et de choisir les formes de lutte. C’est dans cet esprit que samedi dernier 29 mai j’ai participé à Florence à une importante et combative manifestation qui s’est tenue autour de Ali Fayyad, membre du Parlement libanais et représentant de premier plan de ce grand mouvement de libération nationale qu’est le Hezbollah.

 

Domenico Losurdo

http://domenicolosurdo.blogspot.com/

Traduction : Marie-Ange Patrizio.

 


[1] La non-violence. Une histoire hors du mythe. Editions Laterza, mars 2010 (Rome- Bari). Non traduit.

 


 Articles de Domenico Losurdo publiés par Mondialisation.ca

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 14:23

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La Havane, 29 mai, (RHC)--. Ricardo Alarcon, président de l’Assemblée Nationale de Cuba, a confirmé ce vendredi la solidarité de Cuba avec les étudiants portoricains qui se sont mis en grève le 22 avril pour empêcher la privatisation de l’enseignement supérieur.

Au cours d’une intervention spéciale à la Vè Rencontre Internationale Justice et Droit, au cours de laquelle il a exposé les principales violations commises dans l’affaire des 5 Cubains prisonniers aux Etats-Unis, Ricardo Alarcón a égale ment confirmé la solidarité avec les étudiants et le peuple de Porto Rico.

Il a rendu un hommage spécial à Natalia Sánchez López, une jeune de 21 ans qui prenait par à la grève à l’Université de Mayagüez, assiégée par la police qui empêchait l’accès d’aliments et d’eau et qui s’est évanouie et a dû être transférée dans un hôpital où elle est morte.

« Ses camarades ont défilé dans les rues de San Juan, cette manifestation impressionnante a eu l’appui généralisé du peuple. Ils criaient énergiquement : nous sommes des étudiants pas de criminels. Ils le proclament depuis 36 jours dans les 11 sièges de l’Université de Porto Rico, mais ni le Parlement européen, ni les démagogues de pacotille, ni les médias au service de l’empire, n’y ont porté la moindre attention. Combien de fois Natalia devra mourir? Combien d’autres pensent ils tuer? »- s’est demandé le Président de l’Assemblée Nationale de Cuba qui a ajouté :


« Je veux confirmer, au nom de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, notre solidarité la plus ferme et complète avec la jeunesse et le peuple de Porto Rico, qui livrent cette belle bataille pour la liberté et la culture…”

Ils nous font voir l’avenir avec optimisme ; c’est grâce à eux qu’un jour la justice et le droit ne seront que de nobles mots pour leur peuple et pour tous les autres peuples » a relevé le président du Parlement cubain à la clôture de la 5 conférence internationale sur la justice et le droit, ici à La Havane. .

Devant les experts d’une quinzaine de pays latino-américains, européens et africains présents à cette rencontre, Ricardo Alarcon a souligné que pourtant les centres du pouvoir aux Etats-Unis et en Europe ont orchestré une forte campagne médiatique contre Cuba.

« Ils l’ont déclenchée en manipulant grossièrement le décès lamentable d’un prisonnier de droit commun qui a décidé de se mettre en grève de la faim. Cette personne a été transférée dans un hôpital où tout a été fait pour essayer de lui sauver la vie » a-t-il signalé.

« Où sont passés ceux qui nous censurent lorsque la grève étudiante a commencé à Porto Rico, il y a plus de cinq semaines ? Qu’ont-ils dit quand les autorités ont encerclé les locaux de l’université et coupé l’eau et l’électricité ? Ont-ils peut-être protesté quand la police a brutalisé ceux qui tentaient de leur faire parvenir des aliments, de l’eau et des médicaments ? Ces jeunes n’ont pas décidé volontairement de se mettre à jeun à la recherche de publicité, cela leur a été imposé de force et les médias se taisent honteusement » a souligné Ricardo Alarcon qui a dénoncé, une fois de plus, l’emprisonnement injuste des cinq antiterroristes cubains aux Etats-Unis depuis presque 12 ans déjà et le refus systématique de visa auquel se heurtent les femmes de deux d’entre eux, Olga et Adriana, ce qui leur empêche de leur rendre visite en prison.

« Mais la presse de ce pays-là se tait. Si le peuple étasunien était au courant de l’affaire, il clamerait sûrement au président Obama justice et liberté pour ces combattants antiterroristes »

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 14:15

Porto Rico: chronologie d'une grève en cours

universidad-tomada-puerto-rico1.jpg

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Par David Vázquez Abella et Rafael Alejandro González Escalona, étudiants en journalisme de l'Université de la Havane


San Juan, Porto Rico, 13 mai, 14h45. Une marée d'étudiants quitte le Centre des Conventions en direction du Capitole. Une pluie fine tombe sur leurs têtes, mais ils ne paraissent pas le remarquer. De loin, on peut voir les membres de la Police anti-émeutes qui « protègent » le Capitole des étudiants. « Fortuno n'est pas ici, Fortuno est en train de vendre ce qu'il reste du pays » est le mot d'ordre qu'ont répété les centaines d'étudiants et de professeurs.


Certains frémissaient de fierté quand ils ont décidé de descendre le drapeau nord-américain et de laisser seulement celui de Porto Rico. Peu importe les coups. Lentement, ils se retirent. Petit à petit, la place se vide, mais le mot d'ordre « onze campus, une seule grève » résonne encore dans l'atmosphère. Les jeunes retournent à leur poste, à côté des portes de l'université. Sur le Capitole, flotte le drapeau national, le drapeau de Porto Rico.


Avec cette marche, la grève universitaire commencée le 21 avril atteignait son paroxysme, une manifestation coordonnée par les étudiants pour briser le mur de silence qu'opposait l'administration à leurs revendications.


Les antécédents


Le mardi 13 avril, les élèves du campus de Rio Pedras de l'Université de Porto Rico se sont réunis pour une assemblée convoquée par le Conseil Général des Etudiants. Andrés González Berdecía, étudiant de Droit, raconte sur le blog Desde Adentro que la première motion adoptée fut la création du Comité Négociateur: « Une grande partie de l'Assemblée, cependant, a été consacrée à délibérer sur les mécanismes de pression que l'on devait utiliser. Une frange des étudiants était claire sur le fait que, face aux tentatives infructueuses pour maintenir un dialogue avec l'Administration, on devait adopter un vote de grève indéfinie, immédiate ».


Après huit jours d'attente, l'Administration n'avait toujours pas dialogué avec les étudiants ni reconnu le tout juste créé Comité de Négociation. Le président de l'Université de Porto Rico (UPR), José Ramón de la Torre, « a laissé tomber les représentants étudiants, affirmant qu'ils ne savaient pas qui ils étaient et qu'ils avaient changé les règles du jeu », a déclaré Andrés González. Ainsi a commencé la grève de 48 heures annoncée à l'Assemblée du jour même.


Aura Colón Solá, étudiante et responsable du projet Desde Adentro, dans une interview par e-mail explique que la « grève était conditionnée à l'avancée des négociations avec l'administration universitaire. On a laissé deux jours de répit à l'Administration pour dialoguer et éviter la grève. Ils n'étaient pas disposés à s'asseoir pour négocier, provoquant ainsi un soutien massif multi-sectoriel à la grève ».


Les revendications des étudiants portent fondamentalement sur les coupes de 100 millions de $ dans le budget de l'UPR et la fin des exonérations de frais pour les étudiants méritants et pour les athlètes. Ils exigent, par ailleurs, des garanties sur le fait que les locaux ne seront pas vendus. « Cette grève vise à faire un pas en avant vers ce qui serait une éducation de qualité et accessible à l'ensemble du peuple – soutient Aura Colón. Actuellement, les coûts des études approchent les 13 000 $ annuels et les aides économiques couvrent seulement 5 000 $. Pour cette raison – remarque-t-elle – les exemptions de frais d'inscription sont d'une importance capitale pour les étudiants. L'éducation supérieure doit être un droit et non un privilège ».


Les premiers jours


La majorité des étudiants à faible revenu ont soutenu la grève. Bien qu'ils ne soient pas au courant de tout ce qui se passait, ils ont compris parfaitement que de telles coupes budgétaires allaient les toucher. C'est pour cela qu'ils montent la garde devant les portes, partagent des chansons et des jeux sur le campus, participent aux débats, toujours sans perdre de vue que cette grève ne cherche pas à fermer l'université, mais bien à maintenir ouvertes les portes de l'éducation comme un droit civil.


prico4.jpgLes autres campus de l'UPR ont rapidement compris les motifs de la grève et commencent à la rejoindre. Grâce à l'action des étudiants en Droit et en Communication, ils ont pu diffuser leurs revendications dans les médias et cela porte déjà ses premiers fruits; des universités des quatre coins du monde leur ont apporté leur appui solidaire.


En dépit de cela, certains étudiants opposés à la grève ont décidé d'agir. Le groupe « La majorité silencieuse » s'est vu acceptée une rencontre avec le président. Alors que les grèvistes et leurs revendications sont pratiquement ignorés.


Le 28 avril est un jour particulier, Andy Montañez, Calle 13, Intifada, Rebeldía, Antonio “El Topo” Cabán, Danny Rivera…, de nombreux artistes expriment leur soutien aux étudiants par le chant ou le verbe, rappellent leurs années d'étudiant. Nombre d'entre eux ont été émus par le poème lu par le chanteur Mickie Rivera, « Je connais toutes les histoires », de León Felipe:


Je sais bien peu de choses, c'est vrai, je ne parle que de ce que j'ai vu

Et j'ai vu:

que le berceau de l'homme est bercé avec des histoires...

que les cris d'angoisse de l'homme sont étouffés avec des histoires...

que les larmes de l'homme sont noyées avec des histoires...

que les os de l'homme sont enterrés avec des histoires...

et que la peur de l'homme... a inventé toutes les histoires

Et je ne sais que bien peu de choses, c'est vrai.

Mais ils m'ont endormi avec toutes ces histoires...

Et je connais toutes les histoires


Les jours se succèdent sans qu'un accord entre les deux parties ne soient en vue; les jeunes continuent déterminés. Ana Guadalupe, la rectrice, tente une approche; mais au lieu du dialogue, sa proposition est juste de mettre fin à la grève, au blocage de l'accès à l'université de la part des étudiants. Ils ont passé des jours sans rentrer chez eux, parfois le découragement les gagne; mais ils restent ensemble et déterminés avec l'université occupée.


Nous ne sommes pas seuls


Le mouvement étudiantin a reçu le soutien de diverses organisations syndicales de l'Ile comme la Confrérie du Personnel huelga-universidad-de-puerto-rico.jpgnon-enseignant (HEEND), l'Association Porto-Ricaine des Professeurs d'Université (APPU), des leaders du Parti Populaire Démocrate, de l'Union National des Educateurs et des Travailleurs de l'Education (UNETE) et d'autres organisation sociales et de lutte pour les droits à l'éducation et pour la défense du peuple porto-ricain.


Les anciens élèves de l'UPR, le mouvement universitaire suisse « Unsereuni », et les Clubs internationalistes de l'Université de la Ville de New York (CUNY) sont quelques unes des organisations universitaires qui se sont joints au choeur de ceux qui soutiennent les manifestants.


« Sous le prétexte de la crise économique, le droit à l'éducation subit une attaque frontale tandis que Wall Street bénéficie de milliards de dollars de crédit du 'plan de sauvetage des banques' », ont exprimé les étudiants de la CUNY, dans une des nombreuses lettres envoyées.


Ce soutien se fait sentir aussi sur les principaux réseaux sociaux d'Internet comme Facebook et Twitter, où des dizaines d'internautes suivent minute par minute le déroulement de la grève. Le blog estudiantin Desde Adentro et son équipe de rédaction a joué un rôle décisif en faisant connaître la réalité des étudiants qui font entendre leur voix. En de nombreuses occasions, les principaux médias de l'île ont été contraint de recourir à ce projet des étudiants en journalisme pour obtenir les dernières nouvelles.


La station Radio Huelga, fondée le 2 mai, est devenue la voix des étudiants. Dans sa première émission, on y affirmait: « Pour la première fois dans l'histoire, le mouvement étudiant peut compter avec une station de radio à leur disposition. Invoquant la riche tradition de la protestation étudiante, nous nous fixons comme tâche de créer un outil de lutte qui contribue à ce processus, que, avec détermination et esprit militant, nous allons développer. »


Ricardo Olivero Lora, représentant du collectif Radio Huelga, a affirmé que ce projet « est conçu en lui-même comme un autre comité de grève de plus. Nous faisons partie de cette grève, nous ne sommes pas une entité en dehors du processus qui tente de communiquer depuis l'extérieur ».


La portée de la grève, soutenue par ces médias alternatifs, se démultiplie immédiatement. En un succès sans précédent, tous les campus intègrent les manifestations, excepté celui de Sciences médicales. Lors de l'Assemblée générale du 13 mai, on vote la grève illimitée. Leonardo Aldridge, étudiant en Droit qui s'opposait à la grève, a exprimé dans une interview concédée à Desde Adentro, que « l'Assemblée est toujours souveraine et comme c'est sa décision, il faut la respecter et l'accepter. Bien que ne soyons pas d'accord, cela doit servir de message à l'administration: le mouvement estudiantin croit fermement en ses revendications et les étudiants sont prêts à continuer la grève illimitée parce que, par ce moyen, ils pensent qu'ils vont avancer ».


L'affaire de tous

prico5.jpgLe 6 mai, une solution à la grève était en vue, et il semblait que les choses allaient se régler. Les leaders étudians convoquent une assemblée générale. La rencontre a lieu au Centre des Conventions, renommé avec humour « Centre des Corruptions ». L'incertitude se lit sur les visages de tous. Les cris de « onze campus, une seule grève » résonnent dans toute la place; beaucoup sont en colère contre les accords unilatéraux entre le Comité de Négociation et le Conseil d'Administration.


L'assemblée commence avec du retard. Beaucoup d'étudiants se sentent désorientés, d'autres développent des arguments raisonnables, mais le fait incontestable c'est que c'est bien le droit à l'éducation qui est en jeu. Quand on appelle au vote, la majorité soutient le maintien de la grève. Joie, émotion. Spontanément, des groupes d'étudiants et de professeurs marchent en direction du Capitole convaincus:


L'Université n'est pas l'affaire des étudiants et des professeurs, mais bien l'affaire de tous.


Repris de Cubadebate

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 07:57

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Madrid, 17 mai, (RHC)--. Une grande manifestation a eu lieu ce dimanche à Madrid contre le plan de rajustements économiques affectant surtout les travailleurs.

Les mouvements de solidarité avec Cuba ont formé un bloc important qui a exigé la levée des sanctions de l’Union Européenne, la libération des 5 antiterroristes cubains injustement en prison aux Etats-Unis et la levée du blocus.

A l’appel du Sommet des Peuples, des dizaines de milliers de personnes ont marché depuis la Place des Cibeles jusqu'à la Porte du Soleil avec pour mot d’ordre : « Contre l’Europe du capital, la guerre et la crise ».


De nombreuses photos et vidéos disponible sur :

Miles marchan en Madrid contra el capitalismo y reclaman fin de acoso a Cuba (+ Videos) et fotoreportage

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 07:41

article d'AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



union-europea-bloqueo.JPGCe jeudi 11 mars, le Parlement Européen a adopté une nouvelle résolution « sur les prisonniers d'opinion à Cuba » condamnant notamment « la mort cruelle – qui eût pu être évitée – de M. Orlando Zapata Tamayo, dissident et prisonnier politique décédé après 85 jours de grève de la faim »


Pourtant, Orlando Tamayo n'est pas un prisonnier politique, et il ne l'a jamais été. Il a utilisé cette étiquette pour transformer sa condition de criminel en celle de héros de la « lutte pour la démocratie ». Qu'il ait non seulement subi aucun mauvais traitement, mais en plus bénéficié d'une aide médicale poussée dans sa grève de la faim n'est ni évoqué dans les médias dominants, ni dans la résolution commune adoptée par le Parlement Européen.


De toute façon, l'immense majorité des députés européens qui ont voté cette déclaration de guerre envers Cuba ne soupçonnait même pas son existence il y a quelques semaines.


Sa mort regrettable a offert l'occasion d'une nouvelle offensive contre le régime cubain.


Cette résolution proposée par 19 députés de gauche et de droite (9 PPE, 3 socialistes, 2 démocrates-libéraux, 1 vert, 2 ultra-conservateurs et 1 néo-fasciste*) relance une campagne digne de la guerre froide sur les droits de l'Homme à Cuba et la dissidence muselée incarnée supposément par les « Dames en Blanc » décorées en 2005 du prix Sakharov décerné par l'UE.


En fait, le point 8 de la résolution révèle l'objectif de cette résolution, remettre sur la table « le lancement d'un processus pacifique de transition politique vers la démocratie multipartite à Cuba ».


asamblea_nacional.jpgL'Assemblée Nationale Cubaine n'a pas tardé à condamner « cette résolution de condamnation de notre pays qui manipule des sentiments, dénature les faits, profère des mensonges et occulte des réalités ». Elle y voit un signe « de mépris de notre souveraineté et de notre dignité nationales » et y répond par la contre-attaque en affirmant que « ceux qui ont participé à la contrebande aérienne de détenus, à l’établissement de prisons illégales et à la pratique de la torture, ou qui les ont permis, n’ont aucun droit moral de juger un peuple agressé et en butte à un blocus brutal »



Les Communistes sont les seuls à s'opposer au Parlement Européen...



Si au Parlement Européen cette résolution anti-cubaine a fait la quasi-unanimité, de la gauche à l'extrême-droite (599 voix pour, 30 voix contre, 14 abstentions), seul le groupe Gauche Unitaire Européenne (GUE), réunissant avant tout les Partis Communistes d'Europe ainsi que plusieurs partis de la gauche radicale notamment du nord de l'Europe, s'est opposé au vote de cette motion.


A noter encore une fois la véritable auberge espagnole que constitue l'Izquierda Unida, puisque le communiste 03-12Willy Meyer a dû répondre à l'attaque contre Cuba menée entre autres par Raul Romeva, un des leaders de l'Iniciativa per Catalunya-Verds, formation écolo-régionaliste qui a fait liste commune avec Izquierda Unida, et signataire de cette infâme résolution, lui qui n'hésite pas à surenchérir dans son intervention dans l'hémicycle déclarant que nous pouvons ainsi « avancer pour commencer à faciliter le processus de démocratisation et de normalisation de l'île »


Le groupe GUE a rendu une contre-résolution qui condamne la résolution commune et « exige de l'UE qu'elle abandonne la position commune et s'engage dans un dialogue politique global avec le gouvernement cubain, en appliquant les mêmes critères qui s'appliquent aux autres pays avec lesquels elle conserve des relations. »


pcp.jpgCette position a été vigoureusement défendue dans l'hémicycle par quatre députés communistes: le tchèque Jiri Mastalka (KSCM), l'espagnol Willy Meyer (PCE/IU) et les portugais Ilda Figueirido et Joao Ferreira (PCP).


figuerido.jpgIlda F igueirido a dénoncé la politique de « deux poids, deux mesures » défendue par le Parlement Européen, lui qui n'a « pas adopté une position de condamnation du coup d'Etat militaire au Honduras du putsch miltaire au Honduras ignorant qu'elle a mené à l'l'incarcération et à la mort d'innombrables personnes ». Position inacceptable pour la député communiste portugaise puisqu'« oubliant les graves conséquences de l'embargo économique commercial et financier imposé par les Etats-Unis à Cuba et le maintien dans des prisons américaines de cinq citoyens cubains qui ont voulu seulement défendre leur pays ».


Willy Meyer a préféré insister sur l'hypocrisie de cette motion et « l'instrumentalisation que fait cette meyer.jpgAssemblée des droits de l'Homme ». Meyer a mis en parallèle cette position commune vis-à-vis de Cuba avec la Colombie et « la plus grande fosse commune d'Amérique Latine découverte il y a une semaine », les « victimes civiles en Afghanistan », la « persécution dans le Sahara Occidental ». Pour le député communiste espagnol, cette position n'est rien de moins qu'un « acte d'ingérence inacceptable, qui viole les principes fondamentaux du droit international »


ferreira.jpgMême son de cloche pour le député communiste portugais Joao Ferreira qui refuse « l'inacceptable recrudesc ence des campagnes politiques et idéologiques contre Cuba et son peuple » autour « d'un événement regrettable ». C'est le respect du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes qui est en cause ici selon lui, car « il faut respecter les choix du peuple cubain, il faut respecter son droit souverain de décider de son propre sort et des formes d'organisation politique de son Etat. »




...et en dehors dans la campagne de solidarité avec Cuba qu'il faut intensifier!



Au-delà du Parlement Strasbourgeois, les positions de soutien envers Cuba ont commencé à être exprimées par plusieurs partis communistes d'Europe.


pceLa position du secrétaire-général du Parti Communiste d'Espagne (PCE), José Luis Centella, a rejoint celle de son député européen, en déclarant que « l'adoption de ce document prouve la subordination de l'Union Européenne vis-à-vis des diktats de ceux qui veulent détruire la révolution Cubaine. »


Le Parti Communiste de Grèce (KKE) a encore démontré qu'il était en première ligne de la solidarité avec Cuba. Le KKE dénonce une véritable « croisade anti-communiste menée par l'UE et portée par le Parlement Européen s'inscrivant dans un assaut anti-socialiste et l'intervention impérialiste flagrante de l'UE contre l'île de la Révolution ». Pour le KKE, ceux qui ont « sur leurs mains le sang des peuples de KKE.jpgYougoslavie, Afghanistan, Irak, Pakistan (…) n'ont aucune leçon de 'démocratie' et de 'droits de l'Homme' à donner ». Finalement, outre le retrait de la position commune de l'UE et la reprise d'un dialogue d'égal à égal entre l'UE et Cuba, le KKE demande la « construction d'un mur de solidarité avec Cuba » et sa lutte contre les « tentatives impérialistes pour rétablir un régime de tyrannie et d'exploitation capitaliste. »


Il ne fait aucun doute que les Partis Communistes du monde entier, du moins ceux qui restent sur des positions de classe donc internationalistes, s'exprimeront dans les premiers jours pour condamner cette offensive impérialiste menée par l'UE contre le régime socialiste Cubain.


*A titre de curiosité les 19 députés sont:


Jose Ignacio Salafranca Sanchez-Neyra (Parti Populaire/Espagne)

Francisco Jose Millan Mon (Parti Populaire/Espagne)

Jaime Mayor Oreja (Parti Populaire/Espagne)

Mario Mauro (Le Peuple de la Liberté/Italie)

Bogusław Sonik (Plate-forme civique/Pologne)

Cristian Dan Preda (Parti démocrate-libéral/Roumanie)

Laima Liucija Andrikien (Union Patriotique/Lituanie)

Filip Kaczmarek (Plate-forme civique/Pologne)

Tunne Kelam (Union Pro Patria et Res Publica/Estonie) au nom du groupe Parti Populaire Européen


Adrian Severin (Parti social-démocrate/Roumanie)

Luis Yanez-Barnuevo Garcia (Parti socialiste ouvrier espagnol/Espagne)

Emine Bozkurt (Parti travailliste/Pays-Bas) au nom du groupe Socialistes et Démocrates


Renate Weber (Parti national-libéral/Roumanie)

Izaskun Bilbao Barandica (Parti nationaliste basque/Espagne) au nom du groupe Alliance des Libéraux et Démocrates Européens


Raul Romeva i Rueda (Iniciativa per Catalunya-Verds élu sur la liste commune avec Izquierda Unida/Espagne) au nom du groupe Verts/ALE


Edvard Kožušnik (Parti démocrate-civique/République Tchèque)

Charles Tannock (Parti conservateur/Grande-Bretagne) au nom du groupe ECR


Fiorello Provera (Ligue du Nord/Italie) au nom du groupe EFD

Source : Solidarité intrenationale PCF

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 16:52

Plusieurs centaines de milliers de sinistrés de la capitale ont pris la route de la province après le tremblement de terre. Pour ces communes, telles celles du département de la Grand’Anse, accueillir ces réfugiés est un effort important

 

haiti_article.jpg


Une famille réfugiée à Léogâne, un village à l'ouest de Port-au-Prince où 300 familles ont trouvé refuge après le tremblement de terre du 12 janvier (AFP/Clement SABOURIN).

Lentement, Mariese Marc balaie son petit lopin de terre noire en pente douce. Elle pousse doucement des feuilles de bananiers et des restes de noix de coco coupées à la machette. La peau sombre et ridée, un foulard noué dans les cheveux façon pirate, en harmonie avec ses boucles d’oreilles rondes, la vieille femme de 84 ans se déplace à petits pas, sur les hauteurs des Abricots, petit village au sud-ouest d’Haïti.

Ici, dans ce dernier espace encore boisé du pays, l’éternel grondement de la capitale congestionnée, depuis longtemps désertée par la végétation et les oiseaux, désormais défigurée par
le tremblement de terre du 12 janvier dernier, est bien loin.

Pourtant, la famille Marc, aussi, a subi les conséquences du séisme qui a frappé Port-au-Prince : il y a quelques semaines, ils étaient 46 à vivre dans cette petite maison de ciment blanc et de tôle, dont l’étroite porte bleue s’ouvre en penchant.

«Beaucoup n’avaient pas grand-chose à faire ici»

En temps normal, cette simple demeure paysanne est déjà surpeuplée – dans ces deux pièces dorment onze personnes. Mais pendant plus de deux mois, les enfants et petits-enfants de Mariese avaient repris le chemin d’une campagne abandonnée il y a des années pour chercher du travail et des écoles. Réfugiés de Port-au-Prince, venus comme ils pouvaient de la capitale en ruine, ils avaient trouvé ici l’aide et le réconfort nécessaires pour survivre au traumatisme.



Depuis quelques semaines, toutefois, presque toute la famille est repartie. « J’aurais bien aimé qu’ils restent tous, mais beaucoup n’avaient pas grand-chose à faire ici », déplore la vieille femme en poussant les dernières feuilles.

Le territoire le plus enclavé du pays

Certains jeunes sont tout de même restés. Sur la petite terrasse, Launia, 26 ans, a installé une chaise et, la tête penchée, tresse ses cheveux en se regardant dans un miroir. Contrairement à ses parents, elle n’envisage pas un retour proche dans la capitale.

« Je vais bientôt partir, pour chercher des affaires, lâche-t-elle entre deux nœuds. Mais je reviendrai ici cet été. » Pour l’école. Son frère, appuyé à un bananier, acquiesce : pour eux, il est trop tôt pour retourner à Port-au-Prince, où de nombreux établissements n’ont pas été en mesure de décider la reprise des cours, même dans des salles temporaires.


Le département de la Grand’Anse, au bout de la pointe sud-ouest d’Haïti, est le territoire le plus enclavé du pays. Ce département rural compte près de 500 000 habitants, dont 30 000 pour son chef-lieu, Jérémie. Les habitants sont répartis le long de quelques villages côtiers ou sur les mornes, ces collines qui partent des côtes vers le massif de la Hotte, culminant à 2 347 mètres dans le sud du département.

L’avion est réservé aux élites, la mer, aux courageux

Un enclavement douloureux au quotidien, mais qui a au moins un mérite : faute de moyens de communication pratiques avec la capitale, les arbres de la Grand’Anse n’ont pas été abattus pour faire du charbon de bois et l’acheminer vers les centres plus peuplés, comme dans le reste de ce pays devenu chauve.

En distance, la capitale n’est pourtant pas si loin – environ 300 kilomètres, disent les rares cartes routières. Mais toutes les voies d’accès à la région sont semées d’embûches et le voyage peut à tout instant virer à l’aventure compliquée. Il y a bien la route, en V, qui part de Port-au-Prince, descend sur la côte sud jusqu’à la ville des Cayes. Là commence la Nationale 7, qui remonte jusqu’à Jérémie. Mais si, dans ce coin des Caraïbes, la Nationale 7 mène aussi à la côte et à la mer, on n’y est pas forcément très heureux : cette centaine de kilomètres de pierres et de roches, sans asphalte, est en effet tout sauf une balade enjouée.


Et les quatre heures nécessaires pour faire les 60 derniers kilomètres sont franchement horribles, tant le terrain tient plus du lit asséché d’une rivière, sinon d’un parcours de varappe. Il y a quelques années, un député estimait qu’il n’y avait qu’un mot pour parler des routes de la Grand’Anse : « immorales », car condamnant les habitants à un exil intérieur. Reste l’avion, réservé aux élites, et la mer, réservée aux courageux, les bateaux qui relient le département à la capitale ne respectant aucune norme de sécurité.

Le village n’offre aucune opportunité économique

Ce parcours, des dizaines de milliers de réfugiés l’ont pourtant accompli au lendemain du séisme pour trouver refuge sur le sol natal, chez un parent ou chez un proche. « Nous avons fait un recensement, et nous avons enregistré près de 9000 nouveaux venus sur l’ensemble de la commune : la population est passée de 28 000 habitants à plus de 36 000, explique Jean-Claude Fignolé, écrivain et maire des Abricots depuis trois ans. Même chose dans notre village, où nous avons accueilli 317 réfugiés, soit le quart de notre population ! »

« Le village a fait preuve d’une solidarité très forte, ajoute-t-il. Car les familles ont accueilli leurs proches, partis vivre à la capitale, mais aussi des amis de ceux-ci Ils ont partagé la nourriture, le logement… Aujourd’hui, nous n’avons pas les moyens de faire un second recensement pour savoir combien sont repartis. Mais, à en juger par les élèves inscrits dans nos écoles, nous savons que nous devons encore accomplir un effort très important. »


Car si beaucoup de familles sont reparties pour Port-au-Prince – il faut bien retrouver un travail, en espérant bénéficier, d’une manière ou d’une autre, des retombées des milliards de dollars d’aide annoncés pour les prochaines années –, d’autres ont fait le choix de rester, même si le village n’offre aucune opportunité économique. Ici, pas de travail : on vit de l’agriculture de subsistance. Ou de la pêche, mais avec des moyens rudimentaires, à bord de pirogues creusées dans des troncs d’arbres, les « bois fouillés ».

«Un jour, nous avons vu débarquer 300 personnes sur un petit bateau»

Et pour les citadins, l’adaptation est difficile. « Chaque jour, des gens viennent me voir pour me demander de l’aide, explique le P. Lavalas, curé des Abricots. Ils veulent à manger, un travail… Avant, cela n’arrivait que de temps en temps, aujourd’hui, c’est dix fois par jour. Des gens que je connais, du village, et des gens que je ne connais pas, de la capitale. »

Et le village des Abricots n’est pas une exception : toutes les communes du département affichent les mêmes chiffres. « Un jour, nous avons vu débarquer 300 personnes sur ce petit bateau, se souvient Sénèque Philippe, médecin à Pestel, petit village de l’est du département. Et ça a duré comme ça une quinzaine de jours ! Ce qui fait beaucoup pour un village de 2000 habitants ! Et certains sont arrivés bien amochés. Grâce à l’aide d’une missionnaire américaine, nous avons pu évacuer 10 personnes par hélicoptère. Dont une jeune fille qui avait fait le trajet depuis Port-au-Prince avec une balle dans le talon d’Achille, reçue d’un policier. »


Sénèque est le seul médecin haïtien de cette partie du département, qui abrite environ 70 000 habitants. Certaines personnes marchent cinq heures pour arriver au centre de santé où il donne les soins élémentaires. « Depuis le 12 janvier, le rythme est infernal, explique-t-il au volant de son pick-up vert, célèbre dans tout l’est du département qu’il sillonne à longueur d’année. Avant, au centre de santé, nous avions de 10 à 20 rendez-vous par jour. Aujourd’hui, c’est plutôt de l’ordre de 100 ! Évidemment, avec des moyens constants. » Car, comme dans tout le département, aucune aide n’est arrivée de l’État haïtien. Seule la coopération cubaine, qui envoie des médecins, et la présence de Médecins du monde, antérieure au séisme, soulagent, un peu, le centre de santé.


Comme aux Abricots, l’éducation est l’autre point noir à Pestel. Au lycée Toussaint-Louverture, il a fallu mettre en place différentes tranches horaires pour faire entrer tout le monde dans le bâtiment, les effectifs ayant doublé de 250 à 500 : nouvelles classes, heures supplémentaires, alternance matin et midi pour gérer au mieux l’espace.


À 21 ans, Hélène est en « rhéto » (classe de première) et n’a cours que l’après-midi. Comme beaucoup de jeunes de la région, elle était partie vivre à Port-au-Prince avec sa sœur, faute de lycée à Pestel. Aujourd’hui, l’école locale a ouvert une classe de rhétorique pour accueillir les réfugiés et Hélène révise Voltaire devant la minuscule épicerie de sa mère. Elle est venue en bateau deux semaines après le séisme, traumatisée par la violence du drame.

«Les paysans ont entamé les semences prévues pour les nouvelles récoltes»

Si elle n’a pas souffert physiquement, elle commence tout juste à reprendre une vie normale, sans stress ni cauchemar. « Tout le monde est très gentil, nous aide à évacuer ce que nous avons vécu, dit-elle en souriant. Mais Port-au-Prince me manque. » L’ancienne gamine du village est devenue jeune fille de la ville, et la modernité de la ville lui manque. « Il y a plus d’activités là-bas. Et puis il n’y a pas la télévision ici », lâche en riant cette fidèle de la série mexicaine à l’eau de rose Frijolito…

Heureusement, la Grand’Anse, contrairement au reste du pays, a la nature à ses côtés. Grâce à son sol préservé et à un climat agréable – les Indiens de l’île avaient placé leur paradis aux Abricots, où les morts venaient se régaler des arbres fruitiers –, la région est autosuffisante d’un point de vue alimentaire. Dans un premier temps, les familles ont ainsi pu absorber le choc de ces milliers de bouches supplémentaires à nourrir. Mais en puisant aussi dans les réserves.


« Le problème, c’est que les paysans ont entamé les semences prévues pour les nouvelles récoltes, explique Eddy St-Gilles, un agronome venu de Port-au-Prince pour faire un état des lieux dans la Grand’Anse pour le compte d’une ONG haïtienne. Aujourd’hui, c’est le moment de planter l’igname, mais ils n’ont plus grand-chose à mettre en terre. Ce n’est pas la panique, mais la situation est tendue et il faut aider la région… »

 

Gilles BIASSETTE , à Pestel, Corail et aux Abricots

 

http://www.la-croix.com/Solidaires-des-refugies-les-villages-d-Haiti-souffrent/article/2425464/4077

Source : Camarade

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