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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 19:01
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Tout comme la conquête de l'Amérique, à partir de 1492, fut la plus grande opération de colonisation jamais entreprise, son Indépendance fut une des plus importantes gestes de décolonisation. C'est la soumission puis la libération de tout un continent et un hémisphère terrestre par rapport à quatre puissances européennes. L'apport économique de cette opération de pillage a été décisif pour le destin de l'Europe et du monde. Les flots de métaux précieux, ainsi que les produits végétaux qui les ont accompagné, décidèrent de l'hégémonie de l'Espagne durant deux siècles, la déroute des musulmans en Europe, la mise en place du capitalisme comme mode de production dominant et les hégémonies successives des empires qui, à travers le commerce et l'expansion globale et violente, prirent la relève de l'Espagne.

L’IMPÉRATIF DE L’UNITÉ

Après les indépendances américaines, les pays libérés comprirent, comme le feront par la suite les pays non alignés, la nécessité de l'unité pour maintenir leur autonomie et cimenter la coopération mutuelle. Les colonies anglaises établirent la puissante union que l'on connait comme Etats-Unis. Les libérateurs latino-américains ont toujours pensé l'indépendance comme une entreprise continentale. Des troupes venues des plaines du Venezuela et de la pampa argentine gagnèrent à Ayacucho. Bolivar a libéré ce qui forme aujourd'hui 6 pays. Avec 3 de ces pays il constitua l'énorme bloc de la Grande Colombie, et déjà en 1826 il tenta de consolider une union entre les peuples latino-américains lors du Congrès de Panama. Cette union devait servir de muraille contre les tentatives de reconquête comme ceux planifiés par la Sainte Alliance, créer un espace pour la collaboration économique et constituer un centre géopolitique de première importance grâce au canal de Panama, que Bolivar pensait déjà à construire. Les 2 grands projets de consolidation rencontrèrent des destins opposés. Les Etats-Unis préservèrent leur union, se répandant aux dépens de leurs voisins et en prenant le chemin qui les mènera à être la première puissance mondiale. L'Amérique Latine se divisa, fragmentant ce qui avait été 5 royautés jusqu'à les convertir en 25 pays, dont la faiblesse a permis qu'ils furent de nouveau dominés.

L’ÉMANCIPATION POLITIQUE ET LA DÉPENDANCE ECONOMIQUE

En Amérique Latine est apparut la seconde conviction que partagent les pays non alignés: qu'après avoir lutté pour l'émancipation politique, il faut lutter pour l'émancipation économique, stratégique et culturelle. Nos pays ont payé leurs Indépendances avec des dettes extérieures destructrices qui ont hypothéqué notre futur. Haïti a du indemniser les anciens propriétaires d'esclaves avec l'équivalent de 20000 millions de dollars actuels. La Grande Colombie a commencé sa vie indépendante avec une dette de 10 millions de livres sterling, qui fut divisée quand la grande union se fragmenta en 3 pays. Les Etats-Unis ont choisi le protectionnisme comme chemin invariable vers le développement économique. L'Amérique Latine, au contraire, a souscris des traités de libre commerce avec des pays plus développés, ce qui l'empêcha de protéger ses industries et ses exportations mais ne mis pas de frein au protectionnisme dissimulé des grandes puissances. Pour la naissante Amérique Latine, l'Indépendance politique équivalait, comme ce fut le cas par la suite avec de nombreux pays non alignés, à une rotation de métropoles.

LES ETATS-UNIS, DE COLONISÉS À COLONISATEURS

L'Amérique Latine fut le prélude de la troisième situation possible pour les pays non alignés: certaines colonies libérées peuvent à leur tour se convertir en pays dominateurs face à d'autres Etats libérés de la colonisation. L'Amérique Latine et les Caraïbes furent sujets durant une grande partie du 19ème siècle aux hégémonies et même aux invasions de la France, la Hollande et l'Angleterre. Mais depuis la fin de ce siècle les Etats-Unis, à travers la doctrine Monroe, tente de se réserver l'hémisphère comme une sorte d'empire soumis à sa tutelle économique, politique et stratégique. Cette hégémonie a été imposée par une cinquantaine d'interventions armées, et régie par des organisations comme l'Union Panaméricaine depuis 1899, ou l'Organisation des Etats Américains depuis 1945. C'est aussi depuis cette date que nos pays se sont obligés, à travers le Traité Interaméricain d'Assistance Réciproque, à s'envahir militairement en cas de supposée agression "extracontinentale", qui serait prouvée par l'inclination du pays victime vers une politique socialiste. On peut vérifier cette situation par le fait qu’à la conférence de Bandung en 1955, aucun pays latino-américain n’était présent. L’Amérique Latine et les Caraïbes paraissaient être « L’arrière Cour » des Etats-Unis.

L’AMÉRIQUE LATINE ET LES CARAÏBES DÉFIENT L’HÉGÉMONIE

Dans ce panorama, 2 ans à peine après la conférence de Bandung, un autre point fondamental de l'agenda des Non alignés apparait: des petits pays non alignés et non développés économiquement peuvent défier l'hégémonie avec succès, y compris celle de la plus grande puissance économique et militaire de la terre. Depuis 1959, Cuba nous enseigne comment donner de la cohésion à un peuple pour résister aux interventions militaires directes et à un embargo indéfini, en s'appuyant sur le jeu bipolaire mais sans céder à aucune souveraineté. Après de nombreuses tentatives, qui dans de nombreux pays sont étouffées par l'intervention ouverte ou dissimulée des Etats Unis, une révolution socialiste triomphe aussi au Nicaragua, une insurrection invincible persiste en Colombie, et au détour du siècle les victoires électorales portent au pouvoir des mouvements proclamés socialistes au Venezuela, en Bolivie et en Equateur, et à des candidats progressistes au Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine et Honduras. Des pays comme le Venezuela, la Bolivie et l'Equateur récupèrent le contrôle total sur les industries qui exploitent leurs ressources naturelles, et mettent en place des politiques de dépenses publiques, alphabétisation et éducation et santé gratuites. Le projet étasunien de Zone de Libre Commerce des Amériques (ALCA) est complètement vaincu, alors que le Mercosur se fortifie. L'Union des Nations Sud-Américaines est crée, ainsi que des institutions comme le conseil sud-américain de Défense, la Banque du Sud, pour remplacer la Banque Mondiale et le FMI, et le Sucre, le Système Unifié de Compensations de Réserves. L'aliénation préalable est brisée; à tel point que le Sommet 2006 du Mouvement des Non Alignés a lieu à La Havane, et actuellement les pays suivants, latino-américains et caribéens, sont membres du mouvement: Antigua y Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Bolivie, Chili, Colombie, Cuba, République Dominicaine, Equateur, Grenade, Guatemala, Guyane, Haïti, Honduras, Jamaïque, Nicaragua, Panama, Pérou, Saint Vincent et les Grenadines, San Cristobal , Sainte Lucie, Suriname, Trinité et Tobago, Uruguay et Venezuela.

Le Venezuela, à travers l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour l’Amérique) propose une nouvelle alliance basée sur la collaboration mutuelle et l’intégration régionale et non pas sur l’intérêt économique, et ouvre le pas à une nouvelle politique multipolaire orientée vers la collaboration du Sud avec le Sud, vers le G-77, vers les marchés africains et asiatiques et les intégrants du MNOAL.

L’UNIPOLARITÉ CONTRE-ATTAQUE

Les Etats-Unis répondent avec une politique agressive de Coup de Gourdin : ils mobilisent la IVème flotte dans les Caraïbes, ils établissent 2 bases militaires à Curaçao et Aruba, 7 bases en Colombie et 2 supplémentaires au Panama, ils favorisent et légitiment un coup d’Etat au Honduras, financent l’opposition des gouvernements progressistes et occupent militairement Haïti. Une fois de plus, ils tentent de résoudre militairement des problèmes économiques, sociaux, politiques et culturels qu’ils ne savent pas gérer.

LES NON ALIGNÉS RÉPONDENT

Les considérations antérieures ratifient la validité de l’idée qui anime le Mouvement des Non Alignés. La chute du monde bipolaire nous montre que la diversité de cultures et d’Etats est toujours en vigueur. La situation précaire de beaucoup des pays décolonisés face aux grandes puissances, qui prétendent toujours exercer leur pleine hégémonie et ne se résignent pas au concept de monde multipolaire, requiert une union qui permette d’échanger des points de vue, de concevoir des stratégies et d’affirmer le droit à la survie, à l’indépendance et à la souveraineté de l’immense majorité des pays et des habitants de la planète.



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L'article original en espagnol est ici

Traduit avec l'autorisation de l'auteur
link luisbrittogarcia-fr.
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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 15:09
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Un des pires assassins argentins de l’Opération Condor, réclamé dans son pays pour l’exécution de 16 prisonniers politiques, a été libéré sous caution le 2 mars dernier à Miami par le juge Robert Dubé, soupçonné de collusion avec la mafia cubano-américaine.
Dans la ville mafieuse où Luis Posada Carriles, avec beaucoup d’autres terroristes, a trouvé refuge, le lieutenant de vaisseau Roberto Guillermo Bravo, tortionnaire et assassin qui a achevé les 16 víctimes de ce que l’on connait sous le nom du Massacre de Trelew, survenu le 22 août 1972, s’est converti en un prospère entrepreneur qui vend ses services à la US Army et contribue aux fonds de campagne du parti de Ileana Ros-Lehtinen et des frères Díaz-Balart. (Ci-dessus: photo des victimes de Trelew)

 

Pendant qu’elle multiplie les titres diffamant sur Cuba et le Venezuela, la presse mafieuse de Miami a omis durant plusieurs jours de rapporter l’arrestation de Bravo, effectuée le jeudi 25 février.

Si la presse nord-américaine l’ignore, en Argentine, où on rouvre les causes de tous ces crimes, l’affaire Roberto Guillermo Bravo en particulier est particulièrement suivie en raison de l’importance politique qu’elle a eu à l’époque et jusqu’à aujourd’hui.

 

Août 1972, 16 prisonniers politiques fusillés 

Août 1972, 16 prisonniers politiques ont été fusillés à la base Almirante Zar et l’ex militaire a été dénoncé par la suite par trois survivants du massacre qui l’ont signalé comme étant celui qui a achevé les victimes. La capture de cet assassin a été demandée il y a déjà deux ans par le juge fédéral argentin Hugo Sastre, sans que les États-Unis — informés de sa présence sur leur territoire — procèdent à son arrestation. Ce fut finalement grâce à la persistance des autorités argentines que le criminel a été appréhendé.

Comme dans le cas de Posada, l’appareil judiciaire du pays qui prêche les droits de l’homme aux autres a commencé des procédures qui conduiront sans doute à ce qui lui convient le mieux.

Bravo a obtenu sa libération sous caution et devra comparaitre le 2 avril, sur l’ordre du juge fédéral Robert Dube, connu pour ses liens avec la faune mafieuse cubano-américaine. Ce même magistrat est celui qui a géré en grande partie l’affaire de la valise contenant 800 000 dollars que George W. Bush a utilisé pour tenter de salir le gouvernement argentin et le président du Venezuela, Hugo Chávez.

Les procédures contre Bravo se dérouleront maintenant au rythme et avec les résultats que déterminera la quantité d’argent qu’arrivera à y investir le prévenu.

Bravo est devenu citoyen nord-américain en 1987, sous la présidence de l’extrémiste de droite Ronald Reagan, sans le moindre problème, bien qu’il ait déjà été dénoncé en Argentine pour ses crimes. On ignore jusqu’ici les liens du militaire argentin avec les services de renseignement étasuniens ni comment il a pu acquérir la citoyenneté nord-américaine pour ensuite développer des affaires prospères avec rien de moins que le Pentagone.

Mais on sait cependant qu’après le massacre de Trelew, Bravo a vécu caché sur la base navale de Puerto Belgrano puis à la mission navale argentine de Washington d’où il a obtenu les documents qui lui ont permis de s’installer à Miami.

L’Opération Condor ou Plan Condor d’extermination des groupes de gauche en Amérique latine s’est déroulée sous les orientations de la CIA qui a même fourni des instructeurs en torture aux militaires argentins, entre autres.

Les liens existant entre la mafia terroriste de Miami et le Plan Condor ont été l’objet d’une vaste enquête du journaliste nord-américain John Dinges, publiée sous le titre Les années du Condor (The Condor Years) en 2004, où est établie la complicité de plusieurs membres de la mafia de Miami.

Le quotidien argentin Página/12, a rapporté le 19 février 2008, après l’ordre de détention, que Roberto Guillermo “Ñato” Bravo vivait à Miami, où il possédait la firme RGB Group Inc, une entreprise de services médicaux faisant affaire avec les forces armées, avec d’importants contrats.

Après cette dénonciation, l’attaché judiciaire des États-Unis a formulé des exigences malgré lesquelles on est arrivé à présenter une requête en extradition qui a été présentée au Département d’Etat le 15 juillet dernier.

Selon Pagina/12, on a envoyé le 20 janvier les empreintes digitales du tortionnaire à Miami, à la demande d’un juge, et c’est finalement il y a une semaine que le magistrat a ordonné la détention de celui qui a achevé les 16 prisonniers politiques de Trelew (1.450 kilomètres au sud de Buenos Aires).

Le processus d’extradition pourrait durer plusieurs mois et même des années, Bravo utilisant comme défense sa citoyenneté nord-américaine acquise illégalement.

En Argentine, les procédures préliminaires contre six accusés de ce crime auront lieu en avril au théâtre Verdi de Trelew en présense des magistrats du Tribunal fédéral de Comodoro Rivadavia, Les délais pour l’arrestation et le labyrinthe des procédures judiciaires étasuniennes éviteront sans doute à Bravo d’être présent.

Página /12 rapporte que, grâce aux survivants, le dossier criminel du lieutenant de vaisseau Bravo est bien documenté. Le journal signale comment celui-ci appliquait déjà aux prisonniers des mauvais traitements semblables à ceux que l’on retrouvera 30 ans plus tard sur la base nord-américaine de Guantanamo.

Les jours de froid, Bravo faisait se dévêtir ses prisonniers, hommes et femmes, et les forçait à se coucher à plat ventre ou sur le dos, sur le sol, pour de longues périodes de temps.

Le jour du massacre, Bravo était chef de la garde.

L’enquête du quotidien a révélé qu’il vit à Miami dans une maison évaluée à 750 000 dollars.

L’entreprise de Bravo, RGB Group, vend des services dits de haute technologie depuis 1998. Il a aussi parmi ses clients, la “Homeland Security”, le département de l’Intérieur.

À plusieurs occasions, “Ñato” Bravo a contribué aux fonds de campagne du parti républicain dans lequel il possède son réseau de complicités.

On sait que les États-Unis, le pays qui prêche les droits de l’homme aux nations qui s’opposent à ses politiques hégémoniques, est le sanctuaire privilégié d’une importante colonie de terroristes, tortionnaires et d’ex chefs d’état assassins.

Washington héberge Luis Posada Carriles et Orlando Bosch, auteurs avoués de la destruction en plein vol d’un avión cubain en 1976, provoquant la mort de 73 personnes, tandis que l’on continue à séquestrer cinq Cubains, arrêtés pour avoir pénétré les rangs de la mafia cubano-américaine.

Source: legrandsoir

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 15:06
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Les donneurs de leçons lessivent leurs consciences et l'impérialisme américain reprend une place qu'il n'avait jamais quitté...
HIllary et Obama, le coup d'état permanent.
Cuba Si Lorraine


AFP) – 4 mars 2010

SAN JOSE — Les Etats-Unis vont rétablir leur aide financière au Honduras, après l'avoir suspendue à la suite du coup d'Etat du 28 juin dernier, a annoncé jeudi à San José de Costa Rica la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

"Je viens d'adresser une lettre au Congrès des Etats-Unis stipulant que nous allons rétablir l'aide au Honduras", a déclaré Mme Clinton lors d'une conférence de presse en compagnie du président costaricien Oscar Arias.

Depuis l'entrée en fonctions du nouveau président Porfirio Lobo, le Honduras a effectué "des avancées importantes et nécessaires qui méritent d'être reconnus" et doivent lui valoir "la normalisation"de ses relations avec la communauté internationale, a-t-elle ajouté.

M. Lobo a été porté à la présidence par une élection "libre, juste et légitime" et "s'est rapidement employé à mettre en oeuvre plusieurs des recommandations" prévues par les accords successifs pour la résolution de la crise politique née du coup d'Etat, a-t-elle poursuivi.

Le nouveau président a également permis à M. Zelaya de quitter le Honduras "en toute sécurité", a-t-elle souligné.

M. Lobo a permis à M. Zelaya de quitter le Honduras en tant qu'invité en République Dominicaine, alors que le président déchu, revenu clandestinement d'exil, était réfugié depuis quatre mois dans l'ambassade du Brésil à Tegicugalpa.

Mme Clinton avait participé à San José à une réunion ministérielle consacrée au développement économique des Amériques, et à laquelle participait une délégation du Honduras.

Les Etats-Unis avaient coupé l'essentiel de leur aide économique au Honduras après le coup d'Etat qui avait chassé le président Manuel Zelaya le 28 juin 2009 et porté au pouvoir Roberto Micheletti.

Washington avait reconnu la légitimité de M. Lobo, élu président le 29 novembre et, outre les Etats-Unis, la communauté internationale est en train de réintégrer le Honduras en son sein, à commencer par la Communauté européenne.

"D'autres pays de la région disent qu'ils préfèrent attendre, je ne sais pas ce qu'ils attendent", a remarqué Mme Clinton, en référence au Venezuela de Hugo Chavez et aux pays d'Amérique latine proches de ses positions marquées à gauche.
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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 14:54
porfirio-lobo-et-hilary-clinton.jpgSuite aux élections du 29 novembre 2009 marquées par une forte abstention et entachées de fraude, Porfirio (Pepe) Lobo prend la succession d’une dictature qui a écarté par la force le Président légitime Manuel Zelaya alors en fin de mandat officiel, le 27 janvier 2010. Ainsi, Porfirio Lobo accède à la magistrature suprême dans un pays dont une grande partie des électeurs ne le reconnaissent pas. La résistance a le mérite d’avoir éveillé la conscience politique d’un grand nombre de citoyens qui pensent que cette passation de pouvoir ne sert qu’à légitimer les putschistes afin d’encourager d’autres renversements de gouvernements progressistes dans la région.

 

La collusion entre la dictature militaire et Porfirio Lobo est on ne peut plus claire. À titre d’exemple, celui-ci préféra rester au Honduras et reporter son voyage aux États-Unis, où il avait l’habitude de se rendre pour son anniversaire, afin d’assister à l’hommage des Forces armées en l’honneur de ses 62 ans, le 22 décembre 2009. Rappelons que les forces armées sont directement impliquées dans le coup d’État et Porfirio Lobo attendra le 26 février pour remplacer le géneral Romero Vásquez Velásquez, chef des forces armées.

Même après avoir officiellement quitté le pouvoir, Roberto Micheletti, soutenu par l’Opus Dei, reçoit les éloges du Cardinal Óscar Rodríguez : « Aujourd’hui est un jour spécial pour rendre grâce à Dieu, par la Vierge Marie, pour notre Honduras, pour la liberté, la souveraineté et l’indépendance que Don Roberto Micheletti a su défendre avec les forces armées et aux côtés des milliers de Honduriens qui veulent faire partie des solutions, non des problèmes », clama t-il lors d’une messe célébrée le 3 février 2010, en présence du nouveau chef d’État Porfirio Lobo. |1|

La veille de l’accession de Lobo au Palais Présidentiel le 27 janvier dernier, le parlement votait l’amnistie pour toute personne impliquée dans la sombre histoire de la dictature. Le président Manuel Zelaya renversé par les putschistes, quitte l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa, où il avait trouvé refuge durant plus de quatre mois, pour gagner la République dominicaine.

Il faut dire que l’élection organisée sous le règne du sanguinaire dictateur a été reconnue par Hillary Clinton. Avec Hugo Llórens, ambassadeur étatsunien toujours en poste, elle a félicité le 9 décembre Porfirio Lobo, vainqueur contesté des urnes. |2| Déjà quelques jours seulement après les élections, Hugo Llórens lui a téléphoné pour lui souhaiter bonne chance en lui assurant que les États-Unis travailleraient avec lui pour le bien des deux pays ; « Nos relations seront très fortes », conclut-il.

Obama, dont la campagne a été en grande partie financée par la grande banque d’investissements Goldman-Sachs (celle-là même qui est accusée d’avoir falsifié les comptes de la dette grecque), ne perd pas le sens des affaires et le 29 janvier, deux jours après l’investiture de Porfirio Lobo et le départ en exil politique de Manuel Zelaya, les États-Unis ont annoncé la reprise de leur aide financière de 30 millions de dollars par an au Honduras. « L’isolement du Honduras n’est pas une bonne chose. A Washington, nous cherchons déjà comment reprendre notre assistance économique », expliquait alors l’ambassadeur Hugo Llórens.

Le 10 février, c’est au tour de la Banque mondiale de reprendre du service et d’annoncer une reprise de « l’aide » au Honduras en lui prêtant 390 millions de dollars. Juan José Daboub, directeur général de la Banque, qui signe avec Porfirio Lobo la réouverture des crédits, affirme : « Pour la Banque centrale, il est important d’annoncer que nous sommes ici pour continuer à aider le peuple hondurien, en particulier les plus vulnérables |3| ». Quelle hypocrisie quand on sait pertinemment que ces nouveaux prêts ne feront qu’alourdir une dette qui pèse déjà énormément sur la population de ce petit pays pauvre très endetté (inscrit dans l’initiative PPTE).

Enfin, le 5 mars, le FMI reconnait officiellement le gouvernement de Porfirio Lobo et rouvre la ligne de crédit momentanément suspendue : 160 millions de dollars sont ainsi débloqués et, pour reprendre la fameuse expression de John Perkins, une mission composée "d’assassins financiers"de l’institution se prépare déjà à se rendre sur place. On vous laisse deviner la suite... L’Union Européenne, inspirée par les mêmes intérêts néolibéraux dit vouloir relancer les négociations avec l’Amérique Centrale |4|. En atteste la visite en Amérique Centrale de Juan Pablo De Laiglesia, secrétaire d’État pour l’Amérique latine, en vue d’un accord d’association entre l’UE et la région.

Cette visite intervient une semaine après le retour à leurs postes des deux ambassadeurs espagnol et français (l’ambassadeur espagnol qui avait été rappelé trois jours après le coup d’État, a repris son poste à Tegucigalpa le 4 février). De Laiglesia en profitera pour inviter Lobo à Madrid lors du sommet UE - Amérique latine et Caraïbes en mai prochain. Le très important contre-sommet qui se prépare à cette occasion dans la capitale espagnole avec des représentants de mouvements sociaux des deux continents, ne manquera pas de dénoncer ce président illégitime, héréditaire de la dictature.

D’après Juan Barahona du FNRP (Frente Nacional de Resistencia Popular), la « Commission de la Vérité » proposée par le gouvernement et inclus dans les Accords Tegicugalpa/San José pour enquêter sur les crimes commis durant la dictature n’a « pas de sens », elle sert à « laver » le coup d’État afin de s’assurer l’appui de la communauté internationale. « Ils font les choses à l’envers : tout d’abord, ils déclarent libres de tout péché les putschistes et maintenant ils veulent former la Commission de la vérité ; la Commission peut dire ce qu’elle veut, mais ce rapport n’a pas de sens » |5| dit-il.

Parodie de l’histoire, Lobo, par ailleurs un des instigateurs du coup d’État, lance en toute impunité un mandat d’arrêt international à l’encontre de l’ex-président Zelaya et de cinq membres de son équipe gouvernementale pour des actes supposés de corruption.

Pourtant, la lutte déterminée de la résistance se poursuit et le CADTM tient à remercier vivement les citoyennes et citoyens solidaires, tels celles et ceux qui via le CADTM Grenoble viennent de la soutenir financièrement. Nous devons poursuivre les mobilisations afin que nos gouvernements et l’UE ne reconnaissent pas ce gouvernement illégitime, et exiger qu’une enquête indépendante se mette en place immédiatement pour juger les nombreux crimes commis sous la dictature de Micheletti et qui se poursuivent sous le gouvernement Lobo.

 

Notes
|1| "Hoy es un día especial para darle gracias a Dios, por medio de la virgen María, por nuestra Honduras, por la libertad, la soberanía e independencia que don Roberto Micheletti supo defender con las Fuerzas Armadas y junto a miles de hondureños que deseamos ser parte de las soluciones y no de los problemas"

|2| El País, 30 novembre 2009 : http://www.elpais.com/articulo/internacional/EE/UU/reconoce/Lobo/nuevo/presidente/Honduras/elpepuint/20091130elpepuint_16/Tes

|3| "Para el Banco Central, es importante anunciar que estamos aquí para continuar ayundando al pueblo hondureño, especialmente a los más vulnerables"

|4| http://www.laprensahn.com/Negocios/Ediciones/2009/12/09/Noticias/La-UE-pide-retomar-negociacion-con-CA

|5| "están haciendo las cosas al revés : primero declaran libres de pecado a los golpistas y ahora quieren formar la Comisión de la Verdad ; la Comisión puede decir lo que quiera, pero ese informe ya no tiene ningún sentido"

Source: CADTM

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 14:17

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Lâm Duc Hiên

"Dans les maquiladoras, 86,4% des femmes cotisent, mais seules 56,5% ont un carnet d'affiliation qui leur permettent de bénéficier de la sécurité sociale", précise le rapport accablant de Médecins du monde.

Une enquête menée auprès de 589 femmes au Guatemala, par l'ONG Médecins du monde, révèle la maltraitance au travail dont elles sont victimes.

Dans les usines textiles de sous-traitance travaillant pour l'exportation, les maquilas du Guatemala, les ouvrières ont un statut peu enviable.

Avant d'obtenir un poste, les "ressources humaines" s'assurent qu'elles ne sont pas enceintes, analyses d'urine et palpations du ventre à l'appui. Les femmes célibataires sont préférées aux mariées, susceptibles de tomber enceintes.

Une fois embauchées à un des salaires les plus bas du pays, soit 4,4 euros par jour, contre 4,8 de salaire minimum légal, elles subissent des pressions quotidiennes. "Entraves aux visites médicales, non déclaration à la sécurité sociale, absence quasi-totale de services de santé adaptés au sein des usines", constate l'enquête de Médecins du monde menée auprès des femmes venues consulter à l'officine installée par l'ONG.

Qui sont ces travailleuses précaires?

34% des ouvrières sont mineures, 56% ont entre 18 et 40 ans. Plus d'un tiers a commencé à travailler à l'âge de 13 ans. Elles sont issues pour moitié de la population indigène, ont un faible niveau de scolarisation et ont souvent à leur charge un ou plusieurs enfants, ce qui renforce leur dépendance au travail.

Quelles sont les conditions de travail?

Une expo à Paris
Du 8 mars au 24 avril, Médecins du Monde présente à l'Hôtel de Ville de Paris Femmes, après coup, une exposition réalisée à partir de reportages de Lâm Duc Hiên sur les violences faites aux femmes à travers le monde. Le photographe a réalisé des reportages dans 7 des 13 pays où MdM intervient sur les violences faites aux femmes: Guatemala, Haïti, Moldavie, Nicaragua, Pakistan, RDC (Goma et Kinshasa) et en France.

Les travailleuses n'ont pas accès à la copie de leur contrat de travail. 18% n'ont qu'un contrat verbal. Selon le code du travail du Guatemala, une journée ne peut excéder 8 heures de labeur, soit 48 heures par semaine. Or, dans les maquilas, les femmes travaillent en moyenne 11 heures par jour.

"Debout toute la journée, même enceintes, dans l'agro-industrie; assises sur des chaises non adaptés dans les usines de textile", avec l'interdiction de se lever, même pour aller aux toilettes, rapporte l'enquête. Les maquiladoras n'ont ni masques, ni gants de protection et inhalent les produits chimiques utilisés pour le traitement du textile.

Parmi les femmes interrogées, 474 femmes ont déclaré avoir subi des violences verbales, physiques, menaces de licenciement, sanctions économiques, voire harcèlement sexuel. Elles les supportent en silence par peur de perdre leur emploi, souvent la seule source de revenus pour leur famille.

Aujourd'hui, 180 maquilas sont répertoriées au Guatemala. La Commission de l'industrie vestimentaire et textile estimait, en 2002, que 75 000 à 100 000 personnes y travaillaient, dont une immense majorité de femmes.

Celles qui cherchent à défendre leurs droits sont poussées à la porte et inscrites sur des listes noires de femmes à ne jamais embaucher.

Pour rappel, ces "maquilas" sont des usines de sous-traitance travaillant pour l'exportation. Elles sont apparues massivement au Guatemala, comme dans toute l'Amérique centrale, dans les années 1990. Le retour de la paix dans ce pays, après 36 ans de guerre civile, a favorisé l'émergence de ces fabriques.

Voici le témoignage de Rosa en vidéo (3'30) réalisé par le photographe Lam Duc Hien qui a pu entrer dans une maquiladora:



Retrouvez le témoignage vidéo de Rosa et des photos du programme au Guatemala dans l'exposition
Femmes, après coup.



http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/les-nouvelles-esclaves-des-usines-du-guatemala_853622.html
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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 14:00
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ON SE SOUVIENT t ous de los Madres de la Plaza de Mayo. Coiffées de leurs fichus blancs, de sinistre mémoire, ces mères argentines venaient depuis 1977 effectuer leur ronde hebdomadaire devant le siège du gouvernement pour tenter d'avoir des nouvelles de leurs enfants ou de leurs maris disparus. Leur nombre est généralement estimé à 30 000. Mais l'Argentine des généraux n'est pas la seule à avoir fourni ses « sordides bataillons ». La pratique était, entre les années quatre- vingt et deux mille, largement répandue sur l'ensemble du continent sud-américain puisque, tous pays confondus et selon les chiffres des différentes organisations ou commissions « vérité et réconciliation », mises en place au début des années deux mille, on arriverait dans l'ensemble du cône sud (Argentine, Chili, Pérou, Bolivie, Paraguay et Uruguay) à 90 000 disparus. Et ce, sans prendre en compte la Colombie, qui reste la grande inconnue.

Un ouvrage vient de sortir sur les disparus péruviens. Publié aux éditions le Passager clandestin , ¿ Dónde Están ?Terreur et disparitions au Pérou (1980-2000) - un gros pavé de plusieurs centaines de pages - est signé Daniel Dupuis. Un auteur que les hasards et contraintes de la vie ont amené à devenir Aveyronnais, puisqu'il réside désormais à Saint-Parthem avec son épouse d'origine chilienne , qui enseigne, elle, à Aurillac.

Journaliste indépendant après avoir été pro fesseur de français à l'Alliance française, ce dernier a vécu plus de six ans en Amérique du Sud et a notamment collaboré au Monde de l'Éducation, à Politis et à Témoignage Chrétien. Il s'est rendu à plusieurs reprises au Pérou pour ce long travail d'investigation et de recueil d'entretiens. Or, quand on lui demande pourquoi il s'est plus spécialement intéressé aux disparus péruviens plutôt qu'à d'autres, il répond sans problème qu'il souhaitait initialement rédiger un ouvrage sur l'ensemble des disparus du cône sud, mais que très rapidement, et devant l'importance des chiffres estimés - entre 12 000 et 15 000 - il avait limité ses investigations au seul Pérou.

« De 1980 à 2000, l'armée du Pérou n'a pas hésité à recourir à la terreur pour combattre la guérilla sanguinaire du Sentier lumineux, rappelle-t-il. Sous trois gouvernements successifs, et c'est là l'une de ses particularités, puisqu'il s'agissait de démocraties ; ils étaient en tout cas élus au suffrage universel, contrairement à d'autres pays où l'on avait carrément affaire à des dictatures militaires... Sous trois gouvernements successifs donc, au nom de la lutte contre le terrorisme, et ce, dans le silence de la population péruvienne et de la communauté internationale, plus de 13 000 personnes ont ainsi disparu après avoir subi toutes sortes de violences. Dans un pays où le racisme contre les « indios » est ancestral, les paysans indiens de l'Altiplano ont été les principales victimes de ce crime de masse. » L'auteur de ce livre expose, en s'appuyant sur de très nombreux témoignages, les mécanismes, les responsabilités et les conséquences de cette pratique systématique de « la disparition forcée ». Au lendemain de la condamnation d'Alberto Fujimori, président du Prou de 1990 à 2000, pour violation des droits de l'Homme, il montre aussi que le sort de la fragile démocratie péruvienne est aujourd'hui intimement lié à la reconnaissance des droits et de la mémoire des familles des victimes.

On pourrait écrire des pages et des pages, tant Daniel Dupuis maîtrise ce douloureux sujet auquel il a consacré quelques années de sa vie et qui fait de lui désormais l'un des spécialistes de la question. À ce titre, il a été invité par l'association Memoria andando pour une soirée débat qui se tiendra dans les locaux de l'association le vendredi 12 mars, à 20 h 30, et qui fera suite à la projection d'un petit DVD intitulé Manchay y tiempo ; manchay signifiant « peur » en langue quechua. Le 31 mars, il remettra ça, cette fois à la Strada, à l'invitation d'Arnaud Segonds qui a déniché le film péruvien Fausta, primé l'an dernier par l'Ours d'or à Berlin.

Une double occasion donc, à la suite du livre, de sortir ces « disparus » de l'oubli. Ne serait-ce que pour leur donner une forme de sépulture. En espérant que dans un futur prochain on puisse exhumer leurs dépouilles, histoire de permettre à leurs proches de commencer le travail du deuil. L'association HIJOS, acronyme de « Hijos por la Identidad y la Justicia contra el Olvido y el Silencio », (Enfants pour l'identité et la justice contre l'oubli et le silence) ne demande guère plus.


ph.b

http://www.midilibre.com/articles/2010/02/28/VILLAGES-Daniel-Dupuis-sort-de-l-39-oubli-les-disparus-peruviens-1129291.php5
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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 12:41

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De gauche à droite sur la photo: Alvaro Uribe et Javier Solana

La cour suprême colombienne a condamné aujourd'hui (18 03) l'ex-sénateur Alvaro Araujo Castro, frère de l'ancienne ministre des Affaires étrangères Maria Consuelo Araujo, à neuf ans et trois mois d'emprisonnement pour ses liens avec les paramilitaires d'extrême droite.

L'arrêt de la cour condamne l'ancien sénateur notamment pour appartenance à une association de malfaiteurs destinée à promouvoir les groupes armés illégaux. Selon la plus haute instance judiciaire colombienne, qui a compétence pour juger en première et en dernière instance les membres du Congrès, Alavaro Araujo s'est allié au bloc nord des Autodéfenses paysannes des départements de Cordoba et Uraba afin d'obtenir un siège au Congrès entre 2002 et 2006. Le sénateur, avait été interpellé en février 2007, arrestation qui avait motivé la démission de sa soeur.

L'affaire Araujo s'inscrit dans le scandale dit de la "parapolitique" dans lequel plus de 80 parlementaires ont été impliqués, dont une grande partie appartenaient à la coalition de droite qui a porté le président Alvaro Uribe au pouvoir.

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 12:19

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L’Amérique latine est en plein bouleversement politique. La 18e édition du festival latino-américain CulturAmérica, à Pau du 19 mars au 22 avril, tentera de donner les clefs de ces changements durant deux semaines de débats sur le thème « Du bicentenaire des indépendances (1810) jusqu’aux processus émancipateurs d’aujourd’hui ». En outre, les 25 et 26 mars, à l’université de Pau, un colloque abordera l’actualité de la pensée de Bolivar.

 


Simon Bolivar (1783-1830) est le personnage le plus important de l’Amérique latine, visionnaire, prophétique. Ce héros mythique des révolutions pour l’indépendance fut un génie militaire et politique. Le premier à avoir une vision continentale et un projet pour l’Amérique du Sud (une grande confédération), influencé par les philosophes des Lumières. Le premier à affirmer l’existence d’une identité latinoaméricaine. Bolivar le décolonisateur, père de cinq pays, au cours de ses chevauchées libératrices, élabore des Constitutions, signe des décrets portant abolition de l’esclavage des Noirs, du servage des Indiens, instituant le partage des terres, un État fort pour défendre les faibles, les libertés politiques, des réformes universitaires, la nationalisation des mines… Il prône inlassablement l’unité du continent, véritable obsession. Il a pressenti les dangers de l’expansionnisme des États-Unis, qui « semblent destinés par la providence à répandre dans notre Amérique des misères au nom de la liberté ». Il interpelle une Europe « sourde à la clameur de ses propres intérêts ». Mais les élites, les riches, les caudillos finiront par s’opposer aux chantiers bolivariens. Le 17 décembre 1830, il meurt, désespéré de l’échec de ses rêves. Il écrit : « Servir une révolution, c’est labourer la mer. »


Que reste-t-il aujourd’hui du projet et de la pensée bolivariens ? Une Amérique latine à la reconquête d’elle-même. « Un arc-en-ciel terrestre qui a été mutilé. Ils nous ont laissés aveugles de nous-mêmes […], nous ne sommes plus ce qu’ils nous ont dit » (Eduardo Galeano). Hugo Chavez se propose de « terminer l’oeuvre de Bolivar », de démonter les mécanismes de dépendance, de prédation. La question d’une vraie indépendance, d’un nouveau modèle de développement, est posée au Venezuela, en Bolivie, en Équateur. Le choix n’est pas, comme le claironnent les médias serviles, entre le « néolibéralisme démocratique  » et le « populisme autocratique ». Lula a contribué à réintégrer Cuba dans le concert des nations latino-américaines…

 

 


Chaque processus obéit à ses logiques propres. Terminer l’oeuvre de Bolivar, c’est rendre les pauvres « visibles ». Hugo Chavez a contribué au retour des utopies émancipatrices. Depuis janvier 2005, il prône un « socialisme du XXI e siècle », un modèle à inventer. Les médias dominants lui mènent une guerre de basse intensité. Le très sérieux journal le Monde a titré sur l’un de ses blogs, le 20 janvier : « Pour Hugo Chavez, les États-Unis sont responsables du séisme » en Haïti, un bobard pour toute déontologie. Les dénigrements pleuvent : « totalitaire » (il a gagné 14 élections sur 15), « nationaliste, populiste », des concepts attrape-tout, coupés des conjonctures historiques… Les États-Unis et l’Union européenne enragent. Ils proposent le modèle de l’Union européenne pour l’intégration latino-américaine (el Pais, 12 mai 2009) et la mise en place d’ici à 2015 d’une zone de libre-échange transatlantique, « un nouvel Occident ». Le libre-échange et la concurrence au lieu de coopérations solidaires. L’Amérique latine préfère désormais chercher des espaces de dialogue, d’affirmation et de coopération sans les États-Unis. À Cancun (Mexique, 22 et 23 février 2010), lors d’un sommet latino-américain, vient de voir le jour la Communauté des États latino-américains, sans Washington. Obama tente de reprendre la main, en misant sur la Colombie, en blanchissant les putschistes du Honduras, en discréditant Chavez et Evo Morales…


Entreprise difficile, dans un continent laboratoire d’expériences pleines de possibles et de réponses aux grands défis globaux. L’écrivain vénézuélien Uslar Pietri a bien raison : « Bolivar, c’est notre Amérique.  »

 

L'Humanité

 


Programme complet du festival latino-américain disponible sur le site : www.culturamerica.fr.
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 08:17

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Caracas, 15 mars, (RHC)--. Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a qualifié de cyniques les critiques lancées par Washington en matière de droits humains.

« Les Etats-Unis accusent d’autres de violations de droits de l’homme. Quel cynisme ! Eux qui ont largué les bombes atomiques et qui n’ont jamais demandé pardon et qui sont les premiers à violer les droits humains de la planète ! » a relevé Hugo Chavez dans son émission dominicale à la radio et à la télévision, « Allô, Président ! »

Le président Chavez a mis l’accent sur l’agressivité de Washington contre les gouvernements s’opposant à ses intérêts et la bienveillance à l’égard d’autres pays qui ont vraiment violé les droits humains.

« L’empire attaque Cuba, Belarus, l’Equateur et le Venezuela alors qu’il applaudit la droite, même s’il s’agit de paramilitaires qui tuent des gens » a-t-il relevé avant d’énumérer toute une kyrielle d’actions allant à l’encontre des droits humains des peuples du monde qui vont des invasions militaires à la poursuite des immigrants latino-américains à la frontière avec le Mexique.
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 07:51
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Le processus d’autogestion de l’usine textile Ejemplar S.A. du Parana [Province de Entre Rios en Argentine], grâce à la formation d’une coopérative, « montre le processus de lutte des jeunes et des femmes qui constitue une donnée symptomatique dans tout le pays », a assuré aujourd’hui le secrétaire de la Communication et Diffusion de la Centrale des Travailleurs d’Argentine [CTA], Juan Carlos Giuliani, qui s’est rendu à Parana, « pour soutenir les travailleurs ».

Hier mercredi, vers 9.30, des dirigeants du Sindicato Obrero de la Industria del Algodón de Entre Ríos (Soiaer-CTA) [Syndicat Ouvrier de l’Industrie du Coton d’Entre Rios], aux cotés des représentants de la CTA au niveau national ont donné une conférence de presse au siège de l’organisme à Parana, où ils se sont expliqués sur plusieurs points concernant la situation actuelle de cette usine textile.

Dans un dialogue avec la presse, la secrétaire générale de la Soiaer-CTA, Yamila Márquez, a souligné que « deux audiences de conciliation se sont déjà tenues à la Direction de Travail où a été exposée la proposition d’autogestion, qui se met en place, parce que nous avons pris le contrôle de l’entreprise ».

De plus, elle a indiqué que « désormais nous allons donner un cadre légal à la question de l’autogestion grâce à un projet d’expropriation sur lequel que deux parlementaires provinciaux travaillent en ce moment » et a précisé qu’ « un état des lieux de l’entreprise est entrain d’être fait, et qu’il y aura une rencontre avec le propriétaire le 15 mars ».

« Nous sommes bien décidés dedans, et nous espérons être régularisés bientôt », a-t-elle souligné affirmant que « l’autogestion sera réalisée grâce à une coopérative qui est déjà en création et cette semaine le stage de formation sera proposé ».

De sa part, le secrétaire de Communication et de Diffusion de la CTA, Juan Carlos Giuliani, a expliqué qu’il est « fondamental de souligner l’appui de la Centrale aux travailleuses et travailleurs de l’entreprise textile Ejemplar SA. C’est une lutte qui montre l’implication des jeunes et des femmes , ce qui est une donnée symptomatique qu’on voit dans tout le pays dans ces entreprises récupérées ».

Cependant, il a souligné que « il est fondamental de mettre en évidence la volonté de lutte que les collègues ont eu, de ne pas se résigner, de vaincre le discours impuissant du « on ne peut pas », puisque sinon aujourd’hui ils seraient jetés à la rue, virés et sans indemnisation. De plus, c’est un exemple d’exercice de la liberté et de la démocratie syndicale. Quand le syndicat qui s’occupait formellement du secteur d’activité de cette usine avait, au lieu de représenter les travailleurs, démissionné et étant en accord avec les intérêts de la patronat, les collègues ne sont pas restés les bras croisés mais ils se sont approchés de la CTA, ils ont tenu bon et ont décidé d’organiser leur propre organisation syndicale, d’occuper l’usine et d’être prêts pour l’autogérer. C’est une lutte exemplaire qu’ils ont entreprise. Nous ne savons pas encore quelle va être l’issue à la fin de cette expérience, mais sûrement à travers ce qui a été démontré jusqu’ici en terme d’organisation, de volonté de lutte et de capacité de sens politique, plus tôt que prévu l’usine textile produira à nouveau ».

« Ce qu’on sait, c’est que tout à été fait pour que cette source du travail à laquelle aujourd’hui participent 34 familles, ne disparaisse pas , parce que c’est l’ unique unité de production de ce type à Entre Rios, et en association avec les petits et moyens producteurs de coton du nord de la province qui fourniront la matière première, on peut créer une chaîne de valeur ajoutée pour promouvoir cette économie régionale », a indiqué Giuliani.

« La CTA est présente depuis le premier jour dans son soutien à cette juste lutte des collègues du textile de l’Ejemplar SA, et il est très probable que la semaine prochaine le secrétaire général de l’Association Nationale de Travailleurs Autogérés (ANTA-CTA), Mario Barrios, les rejoindra de manière à mettre tout son poids dans la balance”, a conclu, le secrétaire général de la Fédération de Travailleurs de la Culture et de la Communication (FETRACCOM-CTA). Des organisations d’un nouveau type

Les dernières crises du capitalisme, les particularités de l’économie de notre pays, la précarité du travail et, principalement, les nouvelles formes que les travailleurs ont inventées pour ne pas être expulsés vers la marginalité extrême, ont généré le phénomène de l’autogestion ouvrière des usines ou des entreprises récupérées. Il s’agit d’usines de productions en faillite ou abandonnées par leurs propriétaires qui sont reprises et remises en production par leurs anciens salariés.

Les travailleurs de l’entreprise textile Ejemplar, qui produisent un coton hydrophile, essaient d’atteindre cet objectif. Ce cas, comme d’autres expériences similaires, pose un défi pour les organisations des travailleurs, parce déjà qu’il ne s’agit pas de la relation classique entre le personnel et l’employeur, où il s’agissait de défendre des droits, de lutter pour de meilleurs salaires et conditions de travail, etc.

Face à cette situation nouvelle, où ce dont on discute le plus c’est est l’expropriation, et où les nouveaux gérants forment des coopératives pour voir un cadré juridique, la question est quel rôle peut jouer, par exemple, la Centrale des Travailleurs de l’Argentine. “Nous avons accumulé une expérience et une connaissance dans ce type de conflits où les travailleurs se chargent de gouverner et de produire dans l’unité ou l’usine même que les patrons abandonnent” dit Juan Carlos Giuliani, Secrétaire de Communication et de Diffusion de la CTA et membre de sa bureau national.

À cela il ajoute : « Dès 2001 il y a eu des dizaines de cas. On estime actuellement à plus de 300 les entreprises récupérées dans tout le pays. Une grande partie de ces travailleurs se sont regroupés dans l’Association Nationale des Travailleurs Autogérés (ANTA) qui fait partie de la CTA ».

Ensuite, Giuliani a donné les raisons qui l’ont amené au Parana : « En premier lieu, nous sommes venus pour appuyer cette lutte exemplaire, le jeu en vaut la chandelle, d’un collectif de travailleurs composé majoritairement de jeunes et de femmes qui sont deux catégories qui apparaissent dès 2001, se trouvant dans presque tout conflit social en Argentine. Nous les appelons les enfants de 2001. Ils viennent avec la volonté de se battre ; ils ne sont pas convaincus que tout va bien ; et voilà qu’ils veulent transformer la réalité. »

Le deuxième motif, « c’est de collaborer avec les forment de gestion qui essaient de donner une viabilité à cette volonté politique de ne pas tarir les sources de travail. Une source de travail qui ajoute une valeur à la production régionale parce que les petits et moyens producteurs de coton du nord d’Entre Rios sont intéressés par fournir de la matière première pour cette usine ».

Liberté et démocratie syndicale

Giuliani a aussi indiqué que ce processus mené par les travailleurs d’Ejemplar est « un bon exemple de la validité de la liberté et de la démocratie syndicale. Ce groupe de travailleurs devant la défection du syndicat qui représentait, à ce qu’on suppose, cette activité, ils ne sont pas restés les bras croisés, mais se sont battus contre la résignation et le « ya rien à faire » et ont organisé le Syndicat d’Ouvriers de l’Industrie en Coton d’Entre Rios (SOIAER) qui aujourd’hui a intégré la CTA. »

Comme il l’a affirmé, des cas comment ceux-ci “se multiplient partout dans le pays, malgré le moratoire du Gouvernement pour accorder le statut syndical à la CTA et à plus de 2500 organisations simplement inscrites. La Justice par le jugement de novembre 2008 de la Cour suprême et de décembre 2009, a ouvert la porte par laquelle est légalisée, parce qu’elle est déjà légitimée, une organisation syndicale qui met en question et interpelle le format traditionnel.

Ensuite, il a précisé “nous ne disons pas que le modèle traditionnel est meilleur ou pire, nous disons qu’il correspond à une autre réalité du pays. Il est davantage lié à l’État de Bien-être, avec une situation de presque plein emploi qui considère seulement comme travailleurs les salariés formels c’est-à-dire qui perçoivent un salaire officiel. Dans ce sens, nous nions à qui est patron de dire qui est un travailleur et qui ne l’est pas ” et il a illustré cela par des exemples « si je travaille dans une entreprise où je suis régularisé et ils me paient officiellement il en ressort que je suis un travailleur, mais si quelqu’un travaille dans une entreprise où le payent au noir ou est travailleur indépendant ou a leur propre compte il en ressort que ce n’est pas un travailleur. Celui qui décide qui est un travailleur, c’est chacun de nous. Nous avons connu l’histoire des entreprises avec des patrons et des travailleurs. Depuis la crise du néolibéralisme, nous connaissons des entreprises sans patron et avec des travailleurs. Ejemplar fait partie de celles-ci ceux-ci. Ce que nous n’avons pas connu jusqu’à présent ce sont des entreprises qui fonctionnent avec seulement des patrons. Pour une raison très simple, parce que ceux qui nous génèrent les richesses des nations ce sont nous les travailleurs. »

Comment fonctionnent au sein de la CTA les coopératives ou les entreprises récupérées ?

Elles fonctionnent au sein de ANTA qu’a rejoint le Mouvement National d’Entreprises récupérées et formé la Coordination Nationale des Travailleurs Autogérés (CONTA) qui mène un débat très intéressant sur la nécessité de doter d’ arguments juridiques ce nouveau sujet du monde du travail, qui est le travailleur autogéré. Ils ne se sentent pas partisans du coopératisme, ils se sentent des travailleurs. Ils veulent avoir le droit aux œuvres sociales, à la retraite, etc. Ils ont eu à se donner une forme d’organisation mais ce sont des travailleurs. Ils avancent résolument vers cela. Ils sont parties prenantes, dans le sens qu’ils constituent un nouveau sujet qui n’était pas prévu jusqu’à ce que les entreprises fassent faillite ou que les propriétaires aient eu des attitudes d’abandon. Ainsi c’est ce que dans la CTA, ils ont un espace très important.

ACTA , le 11 mars 2010

Source : El Correo


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